Face à la flambée des prix des hydrocarbures et à la nécessité de réduire les émissions de CO2, Emmanuel Macron a appelé mardi à une « mobilisation collective » pour rendre l’électrification « naturelle et désirable ». Entre investissements industriels, déploiement massif de bornes de recharge et soutien aux pompes à chaleur, l’exécutif veut faire de l’électricité un levier de souveraineté, de compétitivité et de réindustrialisation.
Energies fossiles : moins de 30 % d’ici 2035 ?
Comme nous vous l’annoncions, aujourd’hui même dans nos colonnes, Emmanuel Macron recevait à l’Élysée « l’équipe de France » de l’électrification. Il s’est attaché à défendre une stratégie visant à réduire la dépendance du pays aux hydrocarbures importés tout en renforçant l’industrie française. « L’électrification est un combat contemporain et une stratégie pour notre pays pour être plus indépendant, plus compétitif, créer davantage d’emplois sur le pays et décarboner », a déclaré le chef de l’État.
L’objectif affiché est ambitieux : faire tomber la part des énergies fossiles dans la consommation finale d’énergie de 60 % aujourd’hui à moins de 30 % en 2035. Dans le même temps, la part de l’électricité doit progresser de 27 % à 38 %, grâce à une production abondante d’origine nucléaire et renouvelable.
Un mois après la présentation du plan gouvernemental destiné à stimuler la consommation d’électricité, Emmanuel Macron a insisté sur les bénéfices attendus pour les ménages comme pour les entreprises. « C’est bon pour le pouvoir d’achat », pour la compétitivité et pour « l’indépendance du pays », a-t-il affirmé.
Le président a également détaillé les grands axes de cette stratégie : « produire, raccorder, électrifier, réindustrialiser ». Dans cette logique, Stellantis a annoncé un investissement de plus d’un milliard d’euros supplémentaires sur son site de Mulhouse pour produire, à partir de 2029, une nouvelle génération de véhicules électriques. « C’est un véritable avenir industriel que nous offrons à ce site de Mulhouse », s’est félicité Emmanuel Macron.
Enfin, le chef de l’État a souligné que l’électrification de l’industrie représente « un potentiel gigantesque », notamment grâce à des solutions permettant de remplacer les énergies fossiles dans les procédés industriels producteurs de vapeur.
240 000 bornes supplémentaires et 1 million de pompes à chaleur par an visés en 2030
Pour accompagner l’essor des véhicules électriques, les acteurs du secteur se sont engagés à installer 240 000 bornes de recharge supplémentaires d’ici 2030, dont 60 000 points de charge rapide et ultra-rapide. Ces nouvelles installations viendront compléter les plus de 185 000 bornes déjà en service afin d’atteindre un total de 400 000 bornes à horizon 2030. Les voitures électriques représentent désormais 28 % des ventes début 2026, contre moins de 2 % en 2017.
Plusieurs groupes ont annoncé des investissements pour soutenir ce déploiement. L’opérateur Electra prévoit ainsi d’investir 300 millions d’euros d’ici 2030 pour installer 1 000 nouveaux points de charge ultra-rapides par an. Lidl France, Leclerc, Renault et Enedis ont également présenté de nouveaux projets.
Autre pilier de cette stratégie : les pompes à chaleur (PAC), dont les performances permettent de réduire fortement la consommation énergétique des bâtiments. « Elles sont un pilier de notre stratégie », a insisté Emmanuel Macron.
EDF, qui a récemment présenté un plan de soutien à l’électrification pour ses 80 ans, va porter son enveloppe dédiée de 240 à 270 millions d’euros, dont l’allocation est précisée dans notre article ici.
Dans le même temps, la filière s’est engagée à produire un million de pompes à chaleur par an en France d’ici 2030. Le fournisseur Octopus Energy prévoit notamment d’investir jusqu’à 150 millions d’euros dans une usine française.
Pour réussir cette bascule vers l’électricité, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de garantir aux consommateurs des prix « compétitifs sur la durée » et « prévisibles ». Il a salué les fournisseurs déjà engagés dans cette voie, parmi lesquels EDF, Engie, TotalEnergies et Octopus Energy.
Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.