Le conflit au Moyen-Orient ne se limite plus aux marchés pétroliers. Avec la fermeture du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour une part importante du commerce mondial de gaz naturel liquéfié , les tensions géopolitiques alimentent désormais une hausse des prix du gaz qui touchera dès juillet la majorité des consommateurs français.
Prix de référence en hausse de 7,4 % en juillet
La Commission de régulation de l’énergie a annoncé une hausse de 7,4 % du prix repère du gaz au 1er juillet, entraînant une augmentation moyenne de 2,70 euros pour les ménages dont le contrat est indexé sur cette référence. Cette évolution s’explique principalement par la flambée des prix du gaz sur les marchés de gros. Selon la CRE, la fermeture du détroit d’Ormuz par les Gardiens de la révolution prive le marché mondial d’environ un cinquième des exportations de GNL, provoquant une hausse généralisée des cours. Le prix repère du gaz atteindra ainsi 164,21 €/MWh TTC au 1er juillet, contre 152,86 €/MWh TTC au 1er juin.
La progression est encore plus marquée sur plusieurs mois. Le prix repère de juillet affiche une hausse de 18 % par rapport à avril, avant même la prise en compte des tensions actuelles sur l’offre mondiale. Après une augmentation de 15 % en mai puis un repli de 4,8 % en juin, les tarifs repartent donc nettement à la hausse.
Cette augmentation concernera les quelque 6 millions de foyers ayant souscrit une offre indexée sur le prix repère, soit près de 60 % des abonnés résidentiels au gaz. La CRE souligne également que la hausse résulte de l’augmentation des coûts liés à la fourniture de gaz, notamment ceux associés aux certificats d’économies d’énergie et aux frais commerciaux supportés par les fournisseurs.
Distribution : +5,87 % pour le réseau gazier, +1,5 % pour les contrats fixes
Outre l’envolée des prix de gros, les consommateurs devront également absorber la hausse des tarifs de distribution du gaz. Ces derniers, qui constituent la principale source de revenus de GRDF, augmenteront de 5,87 % au 1er juillet.
Cette revalorisation touchera tous les abonnés, qu’ils aient opté pour un contrat à prix variable ou à prix fixe. Toutefois, les ménages ayant choisi une offre à prix fixe seront nettement moins exposés à la hausse. « Pour ces consommateurs, qui représentent environ 40 % des abonnés résidentiels au gaz, la hausse sera de 1,5 % seulement », précise la CRE à l’AFP.
L’impact de la crise énergétique reste en revanche limité sur l’électricité. Grâce à l’importance de la production nucléaire et renouvelable française, les prix de l’électricité demeurent relativement protégés des tensions au Moyen-Orient. Une hausse est néanmoins attendue sur les coûts d’acheminement : le TURPE, qui finance notamment Enedis, devrait progresser d’environ 3 % au 1er août.
Pour les clients bénéficiant du « tarif bleu » ou d’offres indexées sur celui-ci, cette évolution devrait se traduire par une augmentation d’environ 1 % de la facture d’électricité.
Source : Les Echos
Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.