Les débits bas des cours d’eau français devraient rester une contrainte pour la production nucléaire dans les prochaines semaines.

Les débits exceptionnellement bas des cours d’eau français devraient rester une contrainte pour la production nucléaire dans les prochaines semaines. Malgré un risque lié aux températures de l’eau appelé à diminuer avec l’arrivée de l’automne, le manque de précipitations pourrait maintenir la pression sur plusieurs centrales jusqu’à la mi-octobre, voire au-delà.

10,6 TWh de production nucléaire perdus depuis le début de l’année

La faiblesse persistante des débits des cours d’eau constitue désormais la principale menace environnementale pour la disponibilité du parc nucléaire français. Les précipitations devraient en effet rester limitées au cours des prochaines semaines : « Septembre et la première moitié d’octobre vont rester très tendus, c’est-à-dire très secs », estime Régis Crépet, météorologue à Météo Consult. Selon lui, les modèles saisonniers n’anticipent un retour de précipitations plus importantes qu’à partir de la mi-octobre, avec une amélioration plus marquée en novembre.

Dans ce contexte, les faibles débits devraient représenter une contrainte plus importante que la température élevée de l’eau pour le fonctionnement des centrales. Ils devraient constituer la « principale préoccupation » concernant d’éventuelles restrictions de production nucléaire dans les prochaines semaines, selon Matt Dobson, responsable des prévisions énergétiques européennes chez Metdesk.

Depuis le début de l’année, les pertes de production nucléaire française liées aux contraintes environnementales ont atteint un niveau record de 10,6 TWh, selon le cabinet d’évaluation des risques climatiques Callendar. Cela représente environ 2,8 % de la production du parc nucléaire enregistrée en 2025, après cinq vagues de chaleur depuis le mois de mai.

La situation est particulièrement surveillée sur la Garonne. Le débit du fleuve, utilisé notamment pour le refroidissement de la centrale de Golfech, d’une puissance de 2,6 GW, est actuellement à son plus bas niveau depuis 2022, selon Matt Dobson.

Les contraintes environnementales liées aux débits ou à la température des cours d’eau devraient ainsi réduire d’environ 8 % la disponibilité du parc nucléaire français jeudi. Certaines limitations, notamment à la centrale de Chooz, pourraient se prolonger jusqu’à la fin du mois de septembre.

– 8% Soit la réduction de la disponibilité du parc nucléaire français due aux températures et aux débits des cours d’eau, aujourd’hui jeudi 17 septembre.

La sécheresse pourrait durer jusqu’à l’hiver

Les quelques précipitations attendues à court terme ne devraient apporter qu’un répit limité. Un système de hautes pressions « fort et persistant » devrait s’installer sur la France et les Alpes occidentales à partir du week-end et se maintenir au moins jusqu’à la fin septembre, selon Matt Dobson. Les températures pourraient également atteindre 30 à 33 °C la semaine prochaine dans les vallées de la Garonne et du Rhône. Le raccourcissement des journées devrait toutefois limiter le risque de dépassement des seuils environnementaux de température des cours d’eau, généralement compris entre 26 et 28 °C, précise Matt Dobson.

La situation reste particulièrement tendue sur la Garonne. Selon Régis Crépet, le fleuve pourrait rester sous pression plus longtemps que la Meuse ou le Rhône, les précipitations enregistrées dans les Pyrénées n’ayant pas permis de restaurer significativement les débits. Le Rhône apparaît en revanche moins exposé. Le fleuve accueille 13,4 GW de capacités nucléaires, soit 21 % du parc d’EDF, et bénéficie notamment des précipitations tombées dans les Alpes, qui ont permis de soutenir davantage ses débits.

Une amélioration plus durable pourrait intervenir au cours de la seconde moitié d’octobre. Régis Crépet estime qu’il s’agit de la période la plus probable pour un retour plus régulier des pluies atlantiques. Les perspectives restent néanmoins incertaines : « Novembre devrait offrir davantage de chances de précipitations sur la France, mais il pourrait falloir attendre l’hiver avant que les déficits importants de débit des cours d’eau ne soient comblés », prévient Matt Dobson.

Source : Montel

Giovanni Djossou, journaliste spécialisé
Giovanni Djossou Journaliste spécialisé

Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.