Le gouvernement a accordé à EDF l’autorisation environnementale nécessaire au lancement des travaux préparatoires des deux futurs réacteurs EPR2 de Gravelines, dans le Nord. Cette étape permet d’aménager le site avant le chantier nucléaire proprement dit, qui reste soumis à une autorisation distincte.
Une préparation à la préparation
EDF a reçu le feu vert du gouvernement pour engager les travaux préparatoires des deux futurs réacteurs EPR2 prévus sur le site de la centrale nucléaire de Gravelines. L’autorisation environnementale a été accordée par un décret publié au Journal officiel.
Elle couvre les opérations nécessaires à la préparation de la zone destinée à accueillir les nouvelles unités de production. Les travaux comprennent notamment la viabilisation des plateformes et l’installation des infrastructures de chantier, la relocalisation du terminal ferroviaire du Centre nucléaire de production d’électricité (CNPE) de Gravelines, ainsi que des opérations de terrassement.
Sont également prévus la création d’une enceinte étanche sous l’emprise des futurs bâtiments industriels, le renforcement des sols, les premiers travaux de génie civil et la réalisation du chenal d’amenée. Le projet prévoit par ailleurs la relocalisation de certaines espèces animales et végétales protégées, aux périodes jugées favorables, ainsi que la construction d’un nouveau centre d’information du public.
EDF souligne que cette autorisation constitue une étape préparatoire et non le lancement de la construction des réacteurs. « Ce décret permet à EDF d’engager progressivement les premières opérations destinées à préparer le site à l’accueil du futur chantier », a indiqué EDF à l’AFP. L’énergéticien précise également les limites de cette décision : « Il ne constitue pas l’autorisation de création des deux réacteurs EPR2 et ne permet pas d’engager la construction des bâtiments destinés à recevoir des matières nucléaires ou à abriter des équipements nécessaires à la sûreté nucléaire », a précisé EDF à l’AFP.
L’autorisation environnementale encadre par ailleurs les conséquences du chantier sur son environnement. Elle fixe, selon EDF, des prescriptions portant notamment sur la gestion de l’eau, la biodiversité, la protection des espèces et des habitats naturels ou encore la maîtrise des nuisances. « Des suivis environnementaux seront réalisés pendant toute la durée des travaux, sous le contrôle des services compétents de l’État », a également indiqué EDF.
Le décret a été signé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut et le ministre de la Ville Vincent Jeanbrun.
La décision finale d’investissement attendue fin 2026
Le projet de Gravelines s’inscrit dans le programme de relance du nucléaire français annoncé en février 2022 par Emmanuel Macron. Le chef de l’État avait alors annoncé la construction de six réacteurs EPR2, assortie d’une option portant sur huit unités supplémentaires. Les trois premières paires de réacteurs doivent être implantées à Penly, en Seine-Maritime, à Gravelines, dans le Nord, et au Bugey, dans l’Ain. La mise en service de la première paire, prévue à Penly, est envisagée à l’horizon 2038.
À Gravelines, EDF prévoit la construction de deux réacteurs EPR2 d’une puissance de 1 600 MW chacun. Ils viendraient compléter les six réacteurs de 900 MW déjà présents sur le site, portant considérablement les capacités de production nucléaire du complexe. Le projet revêt également un enjeu industriel majeur pour le territoire dunkerquois, engagé dans une transformation de son tissu productif afin de réduire sa dépendance aux énergies fossiles et de décarboner ses activités industrielles.
Le lancement des travaux préparatoires ne préjuge toutefois pas encore de la réalisation définitive des nouveaux réacteurs. La décision finale d’investissement concernant les six premiers EPR2 français doit intervenir d’ici à la fin de l’année 2026.
Source : AFP
Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.