L'UE peine à maintenir le rythme de ses investissements dans la transition bas carbone. Au point de compromettre l'atteinte des objectifs.
En raison du recul de plusieurs dispositifs de soutien public destinés aux ménages, en 2025, les investissements dans la rénovation énergétique du bâtiment ont diminué.

Malgré des objectifs climatiques ambitieux à l’horizon 2030, l’Union européenne peine à maintenir le rythme de ses investissements dans la transition bas carbone. Si certains secteurs comme les véhicules électriques, le solaire ou les batteries progressent, l’éolien et la rénovation énergétique des bâtiments restent nettement en retrait, compromettant l’atteinte des objectifs européens.

534 milliards d’euros investis en 2025

L’Union européenne continue d’investir dans la transition énergétique, mais à un rythme insuffisant. Selon une étude publiée vendredi par l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE), les investissements consacrés à la transition vers une économie bas carbone ont atteint 534 milliards d’euros en 2025. Un montant qui reste très éloigné des 878 milliards d’euros jugés nécessaires pour respecter les objectifs climatiques européens d’ici à 2030.

Après le bond enregistré en 2022 dans le sillage de la crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine, la dynamique s’est nettement affaiblie. « L’élan s’est essoufflé », constate l’I4CE, qui souligne la stagnation des dépenses climatiques ces dernières années.

Les secteurs les plus en difficulté sont l’éolien, les réseaux électriques et la rénovation thermique des bâtiments, toujours sous-financés. À l’inverse, les investissements dans le solaire, le stockage par batteries et les infrastructures de recharge pour véhicules électriques progressent à un rythme compatible avec les objectifs européens.

-9 % Soit le recul des investissements dans les EnR et le nucléaire en 2025 par rapport à 2024.
-5 % Soit la baisse des investissements dans la rénovation énergétique du bâtiment en 2025 par rapport à 2024.

Dans l’ensemble, les investissements dans les énergies renouvelables et le nucléaire ont reculé de 9 % par rapport à 2024, prolongeant une tendance baissière attribuée à la lenteur des procédures d’autorisation, aux contraintes pesant sur les réseaux électriques et à une croissance de la demande d’électricité moins forte qu’anticipé.

La rénovation énergétique des bâtiments a également marqué le pas. Les investissements dans ce secteur ont diminué de 5 % en 2025, notamment en raison du recul de plusieurs dispositifs de soutien public destinés aux ménages.

Véhicules électriques : reprise des investissements

Parmi les rares motifs de satisfaction relevés par l’étude figure le rebond des investissements dans les véhicules électriques dès 2025. Cette reprise est intervenue avant même les répercussions de la guerre au Moyen-Orient et de la fermeture du détroit d’Ormuz depuis fin février.

L’Allemagne illustre particulièrement cette tendance : « C’est notamment le cas en Allemagne, un pays pourtant très attaché aux moteurs thermiques », souligne Clara Calipel, l’une des autrices du rapport. Selon elle, le rôle des aides publiques demeure déterminant : « On constate que les programmes de subventions publiques en faveur des véhicules électriques ont un impact considérable sur les investissements », insiste Clara Calipel.

L’I4CE, présidé par l’économiste Jean Pisani-Ferry, appelle ainsi l’Union européenne à renforcer la visibilité de sa politique climatique en misant sur davantage de planification et de stabilité réglementaire. Clara Calipel s’inquiète notamment des récents assouplissements environnementaux décidés à Bruxelles, en particulier dans le secteur automobile : « Cela envoie de très mauvais signaux aux investisseurs, en particulier dans le secteur de la fabrication de batteries », estime-t-elle.

La Commission européenne a en effet proposé en décembre d’abandonner l’interdiction de vente des voitures thermiques neuves en 2035. Le nouveau dispositif prévoit désormais une réduction de 90 % des émissions de CO₂ par rapport aux niveaux de 2021, les 10 % restants devant être compensés par les constructeurs.

Source : AFP

Giovanni Djossou, journaliste spécialisé
Giovanni Djossou Journaliste spécialisé

Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.