Le 11 septembre, l’électricité française livrable en 2027 (Cal 2027 baseload) cotait 89,54 €/MWh sur le marché de gros. Le 13 octobre, elle cotait 107,09 €/MWh. C’est une hausse de 17,55 €/MWh, soit +19,6 % en un mois, et le seuil symbolique des 100 €/MWh est franchi. Sur l’année, le mouvement est encore plus marqué. En janvier, le même produit s’échangeait aux alentours de 50 €/MWh.
Le gaz a suivi une trajectoire voisine. Le Cal- 2027 est passé de 60 €/MWh à la mi-septembre à 67,65 €/MWh le 13 octobre, soit +12,75 %. Il était entre-temps descendu à 54,37 €/MWh fin septembre. Depuis ce point bas, la hausse atteint +24 %.
Ces chiffres ont une conséquence directe pour toute entreprise, collectivité ou copropriété dont le contrat d’énergie arrive à échéance au 31 décembre. Pour 1 GWh d’électricité à livrer en 2027 et restant entièrement à fixer, la hausse observée entre le 11 septembre et le 13 octobre représente un écart théorique de 17 550 € sur la seule part énergie. Sur le gaz 2027, le même calcul donne 7 650 € pour 1 GWh depuis la mi-septembre.
Pourquoi les prix montent, et pourquoi rien n’indique qu’ils redescendront vite
Le gaz constitue l’un des principaux facteurs de tension. L’Europe aborde l’hiver avec des stocks au plus bas depuis plusieurs années et doit attirer des cargaisons de gaz naturel liquéfié pour compléter son approvisionnement. Certaines cargaisons destinées à l’Asie sont ainsi redirigées vers le marché européen, devenu plus rémunérateur.
Cette situation laisse subsister une incertitude : l’équilibre dépend notamment de la météo, de la consommation et de la concurrence internationale pour le GNL.
Et les tensions géopolitiques accentuent cette volatilité, comme l’a illustré la fermeture du détroit d’Ormuz, qui a provoqué une nette remontée des cours du gaz.
Certes, ces facteurs ne permettent pas de prédire avec certitude le niveau des prix dans quelques semaines, mais ils justifient une vigilance accrue.
Autre point de vigilance, l’après-ARENH. Depuis le 1er janvier 2026, les fournisseurs n’ont plus accès à l’électricité nucléaire historique à prix régulé, c’est le versement nucléaire universel (VNU) qui a pris le relais. Il prévoit, sous conditions, de reverser aux consommateurs une partie des revenus du nucléaire d’EDF. Ce mécanisme peut atténuer certaines hausses, mais il ne garantit pas le prix des contrats et ne remplace pas une stratégie d’achat.
Des échéances lointaines à des niveaux de prix acceptables
« Les prix vont-ils baisser ? » est une question légitime. Mais elle ne suffit pas à construire une politique d’achat. En tant qu’experts du marché, nous préférons davantage la question plus opérationnelle : « À quel prix pouvons-nous sécuriser notre énergie sans fragiliser notre activité ? ».
Sécuriser plusieurs années dès maintenant permet de gagner en visibilité et en sérénité.
En effet, sur la courbe des prix à terme, les échéances lointaines intègrent pour l’instant moins les tensions actuelles. En électricité par exemple, à la mi-octobre, l’échéance 2028 est d’environ 64 €/MWh, celle 2029 d’environ 59 €/MWh et 2030 d’environ 61 €/MWh.
Pour situer ces niveaux, la CRE évalue le coût complet moyen du nucléaire historique à 68,4 €/MWh en euros courants sur 2029-2031. Certaines échéances lointaines se négocient donc en dessous de ce repère.
Attention, cette comparaison donne un ordre de grandeur économique mais elle ne préjuge ni du prix final de fourniture, qui inclut d’autres composantes (capacité, acheminement, commercialisation).
Ces niveaux constituent cependant une opportunité. Et si les marchés se détendent, il sera toujours temps de sécuriser les années ultérieures !
Opéra Énergie à vos côtés pour vous accompagner dans vos achats d’énergie
Nous n’avons pas de boule de cristal pour prédire l’avenir et nous ne pouvons donc pas vous assurer du sens que prendront les prix demain. Notre rôle est de vous donner toutes les clés pour décider, sans subir les contraintes du calendrier.
Or, anticiper vos achats d’énergie laisse davantage de temps pour mener ce travail.
Chez Opéra Énergie, nous accompagnons les entreprises, collectivités et copropriétés dans cette démarche : répondre à une échéance proche, mais aussi construire une visibilité adaptée à leurs besoins.
Si votre contrat expire au 31 décembre, vérifiez dès maintenant ce qui reste à renouveler et à fixer. Si vos volumes sont déjà couverts pour 2027 et 2028, c’est le moment d’examiner vos échéances suivantes !
Sophie-Charlotte MARTIN, Conceptrice-Rédactrice spécialisée
Titulaire d'un master 2 en Lettres Classiques, complété d'un master 2 en Communication et d'un cycle web marketing à la CCI de Lyon, Sophie-Charlotte est intervenue sur des sujets aussi B2C que B2B, on et off line.
Régulièrement confrontée aux problématiques tertiaires et industrielles, elle s'est spécialisée en énergie. Aujourd'hui, elle garantit au quotidien la direction et la production éditoriale de l'entreprise. Sophie-Charlotte MARTIN est Responsable éditoriale d'Opéra Energie.