Alors que la présidence turque de la COP31 souhaite porter la part de l’électricité à 35 % de la demande énergétique mondiale d’ici 2035, la France veut aller plus loin. Paris plaide pour que cet objectif soit intégré aux décisions négociées lors de la conférence climatique et qu’il repose spécifiquement sur une « électrification propre ».
La France veut dépasser le cadre des engagements volontaires
L’électrification devrait occuper une place importante lors de la COP31, organisée à Antalya, en Turquie, du 9 au 20 novembre. La présidence turque de la conférence des Nations unies sur le climat souhaite notamment que les États s’engagent à porter la part de l’électricité dans la demande énergétique à 35 % d’ici 2035. En l’état, cette cible relève toutefois de « l’agenda de l’action », qui regroupe des engagements auxquels les pays restent libres de souscrire. La France souhaite donner davantage de poids à cet objectif en l’intégrant directement aux décisions négociées pendant la COP, lesquelles nécessitent un consensus entre les États participants. « On pense que cet objectif, qui est intéressant en soi, doit s’inscrire dans le cadre d’une décision plutôt que simplement dans ce qu’on appelle l’agenda de l’action », a indiqué l’entourage de la ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut.
L’enjeu est notamment d’envoyer un signal plus fort aux États, mais également aux entreprises et aux investisseurs appelés à accompagner l’électrification des usages. « Parce que l’agenda de l’action, c’est bien, mais une décision endossée par 194 pays, c’est mieux et ça envoie un signal beaucoup plus clair à tous les acteurs économiques et aux acteurs publics aussi », a souligné l’entourage de Monique Barbut.
La France défend par ailleurs la notion d’« électrification propre », afin que le développement des usages électriques s’accompagne d’une production d’électricité décarbonée et ne repose pas, par exemple, sur un recours accru au charbon.
Paris cherche à reconstruire ses alliances
Cette volonté intervient un an après l’échec de la COP30 au Brésil à faire émerger une décision sur les énergies fossiles. Malgré leur rôle majeur dans le réchauffement climatique, leur réduction avait rencontré l’opposition de plusieurs pays producteurs et consommateurs. L’électrification pourrait offrir un terrain de négociation différent. Le sujet est considéré comme « peut-être moins clivant » par une source française, ce qui pourrait faciliter la recherche d’un consensus lors de la COP31.
Dans cette perspective, Monique Barbut doit participer à la pré-COP organisée aux Fidji du 5 au 8 octobre, avec notamment l’objectif de renouer le dialogue avec les petits États insulaires en développement. « On y va pour essayer de reconstruire cette alliance avec les petits États insulaires en développement, qui sont des alliés naturels pour nous », a expliqué l’entourage de Monique Barbut. Une coopération que Paris souhaite renforcer après la précédente conférence climatique : « Cette alliance avait un petit peu fait défaut lors de la dernière COP », reconnaît l’entourage de la ministre.
La France entend ainsi profiter de la COP31 pour faire de l’électrification non plus seulement un engagement volontaire, mais l’un des axes formellement reconnus de l’action climatique internationale.
Source : AFP
Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.