Confronté à une hausse rapide de ses besoins en électricité le pays prévoit désormais de renouveler une partie importante de son parc nucléaire.
Sanae Takaichi, Première ministre du Japon, au Parlement le 5 juin 2026.

Plus de quinze ans après la catastrophe de Fukushima, le Japon accélère son retour au nucléaire. Confronté à une hausse rapide de ses besoins en électricité, alimentée notamment par l’intelligence artificielle, les centres de données et l’industrie des semi-conducteurs, le pays prévoit désormais de renouveler une partie importante de son parc nucléaire vieillissant afin de sécuriser son approvisionnement énergétique et atteindre ses objectifs climatiques.

Jusqu’à 14 réacteurs remplacés d’ici les années 2050

Le Japon devra remplacer jusqu’à 14 réacteurs nucléaires vieillissants d’ici les années 2050, selon un projet présenté vendredi par le ministère de l’Industrie à un groupe d’experts. Le plan prévoit le remplacement de cinq réacteurs au cours des années 2040, avant d’atteindre un total d’environ 14 unités renouvelées dans la décennie suivante. Pour la première fois, le gouvernement japonais fixe ainsi des objectifs chiffrés concernant le remplacement de son parc nucléaire, selon l’agence Kyodo News.

Dans ce scénario, l’énergie nucléaire couvrirait 20 % de la demande énergétique du pays, contre environ 10 % actuellement. Les ministères concernés doivent encore examiner cette proposition dans les prochains mois.

Cette orientation répond à la nécessité de garantir des capacités de production suffisantes face à une demande d’électricité en forte progression, portée notamment par le développement de l’intelligence artificielle, des centres de données et des usines de semi-conducteurs.

32 % Soit la part du nucléaire dans les besoins énergétiques totaux du Japon (pré Fukushima).
10 % Soit la part du nucléaire dans les besoins énergétiques totaux du Japon (2026)
20 % Soit l’objectif de la part du nucléaire dans les besoins énergétiques totaux du Japon (pour 2050)

Un déficit de 5,5 millions de kilowatts attendu dans les années 2040

Selon les estimations de l’industrie électrique japonaise relayées par Kyodo News, le pays pourrait faire face à un déficit de production de 5,5 millions de kilowatts à l’horizon des années 2040, soit l’équivalent de la capacité de production d’environ cinq réacteurs nucléaires.

Après le séisme et le tsunami de mars 2011, qui avaient provoqué la fusion de trois réacteurs de la centrale de Fukushima, le Japon avait mis à l’arrêt l’ensemble de son parc nucléaire. Cette catastrophe, associée au triple désastre du 11 mars 2011, avait causé la mort ou la disparition de quelque 18 500 personnes.

Depuis, Tokyo a progressivement revu sa stratégie énergétique. Le gouvernement considère désormais le nucléaire comme un levier essentiel pour réduire sa dépendance aux combustibles fossiles, renforcer sa sécurité énergétique et atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Avant Fukushima, l’énergie nucléaire assurait près d’un tiers des besoins énergétiques du pays. Le nouveau programme de remplacement des réacteurs marque ainsi une étape supplémentaire dans la réhabilitation progressive de cette source d’énergie au sein de la stratégie énergétique japonaise.

Source : AFP

Giovanni Djossou, journaliste spécialisé
Giovanni Djossou Journaliste spécialisé

Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.