Le bilan de la période 2024-25 de l'ADEME montre une hausse des déclarations à la plateforme OPERAT, ainsi qu'une baisse de la consommation énergétique du parc tertiaire.

Le 19 mai dernier, l’ADEME a publié son bilan 2024-2025 de la plateforme OPERAT. On y constate une hausse du nombre de déclarations, une baisse des consommations et des premiers résultats encourageants sur les objectifs 2030 : le nouveau bilan publié par l’ADEME met en lumière une montée en puissance du suivi énergétique du parc tertiaire français.

Près de 60 % du parc tertiaire désormais couvert

Le Dispositif Éco Énergie Tertiaire (DEET) gagne progressivement du terrain. Il représente environ 1,2 milliard de m² en France et près de 15 % de la consommation finale d’énergie du pays, soit 225 TWh. Dans ce contexte, le Dispositif Éco Énergie Tertiaire impose une réduction progressive des consommations d’énergie des bâtiments tertiaires à horizon 2030, 2040 et 2050. La plateforme OPERAT, pilotée par l’ADEME, centralise les déclarations de consommation des assujettis. Fin janvier 2026, près de 340 000 Entités Fonctionnelles Assujetties (EFA) avaient été déclarées, pour plus de 1,145 million de déclarations de consommation, dont 91 % validées.

La dynamique de déclaration continue de progresser. À la date réglementaire du 30 septembre, la surface déclarée et validée est passée de 247 millions de m² en 2022 à 309 millions de m² en 2023, puis 343 millions de m² en 2024. En intégrant les déclarations tardives, la surface couverte atteignait même 518 millions de m² pour l’année 2023 au 30 septembre 2025.

+11 % Soit la hausse des surfaces déclarées entre 2023 et 2024.

Selon l’ADEME, le taux de remplissage d’OPERAT représente désormais entre 50 % et 60 % du parc tertiaire assujetti. Dans les usages, la déclaration « pas à pas » via l’interface web reste majoritaire. Elle représente 66 % des déclarations d’EFA et 61 % des déclarations de consommation. Les imports CSV concentrent respectivement 34 % et 35 % des usages, tandis que l’API atteint désormais 4 % des déclarations de consommation. Le parc assujetti demeure principalement privé et locatif. Les structures privées représentent 70 % des EFA déclarées et 62 % des surfaces.

Le bilan met également en évidence une forte concentration sectorielle. Huit secteurs — enseignement, santé, logistique, bureaux, commerces alimentaires et non alimentaires, événementiel et tourisme — regroupent à eux seuls 88 % des surfaces déclarées, 86 % des consommations et 87 % des EFA recensées.

Objectif 2030 : des émissions de CO₂ en baisse de 32 %

Les données déclarées sur OPERAT montrent une baisse marquée des consommations énergétiques du parc tertiaire. À périmètre constant, la consommation brute a diminué de 29,2 % entre la période 2010-2019 et l’année 2024. Après ajustement climatique, la baisse atteint 26 %. Ladite baisse s’est particulièrement accélérée entre 2021 et 2023, avec un recul de 10 % des consommations ajustées du climat en deux ans. En 2024, le mouvement se poursuit mais à un rythme plus modéré, avec une diminution de 0,9 %.

Cette évolution s’accompagne d’une transformation du mix énergétique. L’électricité représente désormais 60,8 % des consommations déclarées, contre 54 % sur la période 2010-2019. À l’inverse, la part du gaz est passée de 37 % à 29 %. Conséquence directe : les émissions de gaz à effet de serre du parc tertiaire reculent elles aussi fortement. L’ADEME estime leur baisse à 32 % entre la période 2010-2019 et l’année 2024.

51 % Soit la part des bâtiments tertiaires ont déjà atteint leur objectif 2030.

Les premiers résultats concernant les objectifs réglementaires de 2030 apparaissent également encourageants. Selon l’ADEME, 51 % des EFA avaient déjà atteint l’un des deux objectifs réglementaires en 2024, qu’il s’agisse de l’objectif en valeur absolue ou relative. En surface, cette proportion atteint 47 %. La progression est nette au fil des années : la part des surfaces ayant atteint leur objectif 2030 est passée de 35 % en 2020 à 51 % en 2024.

Des disparités importantes subsistent toutefois selon les activités. Les commerces non alimentaires, les bureaux ou encore l’enseignement affichent des taux d’atteinte supérieurs à 50 %, tandis que le tourisme, la santé, les laboratoires ou la restauration restent en retrait, avec moins de 40 % des surfaces déjà conformes.

Enfin, l’ADEME souligne que plusieurs secteurs demeurent particulièrement énergivores. Les activités « Serveurs & IT » affichent les ratios de consommation les plus élevés, avec 2 924 kWh/m², devant les blanchisseries (952 kWh/m²) et la restauration (477 kWh/m²).

Giovanni Djossou, journaliste spécialisé
Giovanni Djossou Journaliste spécialisé

Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.