Alors que le gouvernement envisage de réduire de plus de 30 % le budget de l’Ademe en 2027, son président, Sylvain Waserman, rappelle que la transition énergétique constitue aussi un enjeu économique et social. Réduire la dépendance aux énergies fossiles permet, selon lui, de protéger les entreprises et les ménages contre la volatilité des prix, tout en conservant davantage de valeur dans l’économie française.
64 milliards d’euros d’importations : le coût de la dépendance au gaz et au pétrole
Accélérer la transition énergétique ne répond pas uniquement à une nécessité climatique. C’est le message défendu mardi sur BFM Business par Sylvain Waserman : « Il y a bien sûr l’urgence écologique, dont les scientifiques du Giec nous alertent depuis longtemps, mais il y a aussi une urgence économique ».
Le président de l’Ademe souligne la vulnérabilité des entreprises dont les procédés de production reposent largement sur les combustibles fossiles. Certaines, affirme-t-il, sont aujourd’hui contraintes de fermer après un doublement des prix du gaz. Cette dépendance fragilise également les ménages, confrontés à des difficultés pour financer leurs déplacements quotidiens ou régler leurs factures de chauffage. Pour Sylvain Waserman, « la transition écologique, c’est aussi une façon de sortir de ces impasses sociales du monde fossile d’aujourd’hui ».
À cette exposition aux variations des prix s’ajoute le poids des achats d’énergie à l’étranger. Selon le président de l’Ademe, les importations de gaz et de pétrole ont représenté 64 milliards d’euros l’an dernier. Accompagner la décarbonation des entreprises constitue donc, à ses yeux, un moyen de réorienter une partie de ces dépenses vers l’économie nationale. « À chaque fois qu’une entreprise se décarbone et qu’on l’accompagne dans cette décarbonation, c’est une petite partie de ces 64 milliards d’euros d’hémorragie financière qu’on réintègre dans la chaîne de valeur française », explique Sylvain Waserman.
Budget 2027 : l’Ademe menacée d’une baisse de plus de 30 %
Ce plaidoyer intervient alors que les moyens de l’agence pourraient être fortement réduits. Selon une information publiée par Le Monde à la mi-septembre, le gouvernement envisage de diminuer son budget de plus de 30 %, soit une baisse supérieure à 300 millions d’euros. Cette perspective s’inscrit dans la recherche d’économies pour le projet de budget 2027, dont la présentation est prévue jeudi.
Sylvain Waserman reconnaît les contraintes auxquelles sont confrontés les pouvoirs publics, tout en insistant sur la bonne utilisation des financements accordés : « Le Premier ministre, le gouvernement et le Parlement ont une équation budgétaire très compliquée. Mon job à moi, c’est que chaque euro qu’on nous confiera, c’est d’optimiser son impact ».
Face aux attaques de certains responsables politiques contre l’Ademe, son président appelle ainsi à évaluer l’action de l’agence à partir de ses résultats. Sylvain Waserman demande qu’elle soit jugée « sur l’efficacité, comme on juge tous les acteurs économiques », en défendant une transition qui répond autant aux enjeux climatiques qu’à la fragilité économique liée aux énergies fossiles.
Sources : AFP
Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.