Alors que la hausse des prix de l’énergie ravive le débat sur une éventuelle baisse des taxes, la fiscalité énergétique demeure une source majeure de recettes publiques.

Alors que la hausse des prix de l’énergie ravive le débat sur une éventuelle baisse des taxes, la fiscalité énergétique demeure une source majeure de recettes publiques. Carburants, électricité et gaz sont soumis à plusieurs prélèvements qui pèsent fortement dans la facture finale des consommateurs, mais dont les recettes jouent également un rôle important dans le financement de l’État et des collectivités.

Carburants : première source de fiscalité énergétique

La hausse des prix de l’essence et du gazole remet régulièrement sur le devant de la scène le poids des taxes dans le prix payé à la pompe. Si les stations-service déterminent librement leurs tarifs, ceux-ci dépendent à la fois des cours mondiaux du pétrole brut, des coûts de production et de distribution et de la fiscalité. Au total, les taxes représentent environ la moitié du prix des carburants. Le principal prélèvement est l’accise sur les produits pétroliers, qui a remplacé l’ancienne TICPE. Son montant, fixé pour chaque litre vendu, est acquitté par les professionnels puis répercuté sur le prix payé par l’automobiliste. Son taux est déterminé par le Parlement dans le cadre de la loi de finances.

En 2025, cette accise a généré 28,8 milliards d’euros de recettes, dont 16,2 milliards affectés au budget de l’État et 12,6 milliards aux collectivités territoriales. Ces dernières utilisent notamment ces ressources pour financer la gestion des routes, les transports en commun ou certaines prestations sociales. L’accise sur les produits pétroliers constitue ainsi la quatrième recette fiscale de l’État, derrière la TVA, l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés.

28,8 milliards d'euros Soit les recettes de l’accise sur les carburants, en 2025.

À cette taxation s’ajoute une TVA à 20 %, qui s’applique non seulement au prix hors taxe du carburant, mais également au montant de l’accise. Cette superposition contribue à expliquer la part particulièrement importante de la fiscalité dans le prix final à la pompe.

Dans ce contexte, les appels à réduire les taxes se heurtent à leur poids dans les finances publiques. Le Conseil des prélèvements obligatoires préconise ainsi de ne pas les diminuer, tout en appelant à une réforme plus ambitieuse de la fiscalité énergétique.

Électricité et gaz : 8,2 et 3,5 milliards d’euros d’accises en 2025

La fiscalité représente également une part importante des factures d’électricité et de gaz. Pour l’électricité, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) estime qu’au premier trimestre 2026, la facture se répartissait globalement en trois blocs de poids comparables : la fourniture de l’énergie, son acheminement et les taxes. Trois prélèvements principaux s’appliquent : l’accise sur l’électricité, versée au budget de l’État, la contribution tarifaire d’acheminement (CTA), qui finance notamment les retraites spécifiques des industries électriques et gazières, et la TVA.

La fiscalité électrique a fortement évolué avec la crise énergétique. Entre 2022 et 2024, la réduction de l’accise dans le cadre du bouclier tarifaire a représenté 19,4 milliards d’euros de recettes fiscales en moins, selon le Conseil des prélèvements obligatoires. La sortie du bouclier a ensuite provoqué un rebond des recettes. En 2025, l’accise sur l’électricité a rapporté 8,2 milliards d’euros, soit 4,2 milliards de plus qu’en 2024. Elle a de nouveau été revalorisée au 1er février 2026, parallèlement à une baisse de la CTA de 21,93 % à 15 %, avant une nouvelle diminution au 1er août pour les taux pleins.

Autre évolution importante : depuis le 1er août 2025, la TVA appliquée aux abonnements d’électricité est passée de 5,5 % à 20 % afin de mettre la fiscalité française en conformité avec le droit européen. Le même changement a concerné les abonnements de gaz. Pour le gaz, les taxes représentaient 32 % de la facture au 31 mars 2026, contre 37 % pour les coûts de fourniture et 31 % pour l’acheminement. Dans un contexte de remontée des cours sur les marchés de gros, la CRE estime que la facture annuelle des ménages pourrait augmenter d’environ 120 euros en 2026. L’accise sur le gaz naturel, qui a succédé à l’ancienne TICGN, a elle aussi été relevée ces dernières années. Les recettes correspondantes sont ainsi passées de 2,7 milliards d’euros en 2024 à 3,5 milliards en 2025.

Au total, les seules accises sur les carburants, l’électricité et le gaz ont donc généré 40,5 milliards d’euros de recettes en 2025. Un poids budgétaire qui permet de comprendre pourquoi, malgré la hausse des factures énergétiques, la réduction de cette fiscalité reste un sujet particulièrement sensible pour les finances publiques.

Source : Les Echos

Giovanni Djossou, journaliste spécialisé
Giovanni Djossou Journaliste spécialisé

Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.