Après un été marqué par des arrêts de réacteurs liés aux fortes chaleurs, EDF souhaiterait faire évoluer les limites de température applicables aux cours d’eau bordant ses centrales. Le réchauffement climatique met à l’épreuve ces règles, destinées à protéger les écosystèmes aquatiques des rejets d’eau chaude issus du refroidissement des installations.
Jusqu’à 15 réacteurs à l’arrêt simultanément cet été
Sur les 57 réacteurs nucléaires exploités par EDF, 42 sont implantés au bord d’un fleuve ou d’une rivière, dont ils utilisent l’eau pour refroidir leurs installations. Les autres sont situés sur le littoral. Cette dépendance aux cours d’eau expose le parc aux conséquences des fortes chaleurs : jusqu’à 15 réacteurs ont été arrêtés simultanément en France pour cette raison durant l’été.
Pour chaque centrale, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) fixe des limites de température visant à préserver les milieux aquatiques. Leur respect peut contraindre l’électricien, détenu à 100 % par l’État, à réduire son activité, voire à interrompre la production de certains réacteurs.
Mais la hausse des températures des cours d’eau conduit EDF à s’interroger sur l’évolution de ces normes. À propos de la centrale de Golfech, dans le Tarn-et-Garonne, une source proche du dossier interrogée par Les Echos affirme que « l’écosystème a déjà changé sur la Garonne, qui est le plus souvent déjà au maximum de 28 degrés ». Interrogé par l’AFP, EDF reste toutefois prudent sur les enseignements à tirer : « Le retour d’expérience de l’été fait actuellement l’objet d’une analyse approfondie. Les travaux n’étant pas encore finalisés, il est trop tôt à ce stade pour en dégager des conclusions définitives », indique le groupe.
Le refroidissement des centrales : 12 % de la consommation d’eau douce
En France, le refroidissement des centrales électriques constitue la troisième activité consommatrice d’eau douce, avec une part de 12 %, derrière l’agriculture et l’alimentation en eau potable. Les effets sur les ressources et les milieux aquatiques diffèrent cependant selon les systèmes de refroidissement utilisés.
Dans les centrales fonctionnant en circuit ouvert, jusqu’à 100 % de l’eau prélevée peut être restituée au milieu naturel, selon EDF. Ces installations consomment donc peu d’eau au regard des volumes prélevés, mais leurs rejets réchauffent les cours d’eau. En période d’étiage, lorsque les débits sont faibles, cet échauffement peut atteindre 4 à 6 °C en aval, précise l’électricien.
Les réacteurs équipés de tours de réfrigération, reconnaissables à leur panache de vapeur, présentent un fonctionnement différent. Ils restituent au milieu naturel 77 % de l’eau prélevée, le reste s’évaporant. En revanche, l’eau rejetée n’est réchauffée que de quelques dixièmes de degré. Ces installations limitent ainsi davantage les rejets de chaleur dans les cours d’eau, au prix d’une consommation d’eau plus importante par évaporation.
Sources : Les Echos, AFP
Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.