Après les fortes tensions de 2026, le prix du gaz pourrait progressivement reculer en Europe à partir de 2027. C’est aujourd’hui le scénario privilégié à la fois par les marchés et par plusieurs grandes institutions économiques. Mais cette baisse n’est ni certaine, ni nécessairement régulière. Quelles sont les prévisions du prix du gaz à horizon 2027 ?

En résumé :

  • Le prix du gaz naturel pourrait baisser dans les années à venir.
  • Cette détente repose sur le GNL : l’AIE attend environ 300 milliards de m3 par an de nouvelles capacités d’exportation d’ici 2030.
  • La fermeture du détroit d’Ormuz, le 28 février 2026, a endommagé le site qatari de Ras Laffan, premier site de liquéfaction au monde.
  • L’AIE chiffre à 140 milliards de m3 les pertes d’offre sur 2026-2030 et retarde d’au moins deux ans la détente attendue du GNL.
  • Dans un contexte de baisse des prix, il peut être opportun de faire reviser son contrat de gaz et de mettre en concurrence les fournisseurs.

Quelle est la prévision de l’évolution du prix du gaz en 2027 ?

Le prix du gaz devrait continuer d’évoluer en fonction de la situation des marchés européens de l’énergie. Pour 2027, les prix à terme constituent l’un des principaux indicateurs permettant d’anticiper leur évolution. Ces niveaux peuvent toutefois varier au cours des prochains mois en fonction de la demande, des stocks de gaz, des conditions météorologiques, de l’approvisionnement européen et du contexte géopolitique. Il convient donc de considérer ces données comme des indications de marché et non comme une prévision certaine du prix du gaz.

Comment pourrait évoluer le prix du gaz d’ici la fin de l’année ?

L’évolution du prix du gaz d’ici la fin de l’année dépendra notamment de l’équilibre entre l’offre et la demande sur le marché européen. Le niveau des stocks de gaz, les températures, les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) et la disponibilité des approvisionnements peuvent notamment influencer les prix. Les marchés à terme permettent de suivre les anticipations des acteurs du marché pour les prochains mois.

Le prix du gaz va-t-il baisser dans les prochaines années ?

Le prix du gaz baissera-t-il dans les années à venir ? Difficile à dire. Sur les marchés à termes, on observe toutefois un recul des prix qui semble confirmer une tendance à la baisse. Opéra Énergie propose aux entreprises, collectivités et copropriétés de suivre les évolutions du prix du gaz grâce à un abonnement dédié.

Que prévoit le marché pour 2027, 2028 et au-delà ?

Sur le marché de gros, il est possible d’acheter aujourd’hui du gaz qui ne sera livré que dans plusieurs mois ou plusieurs années. Le prix est fixé à l’avance : on parle de contrats à terme. Ces contrats donnent donc une indication de ce que les acteurs du marché anticipent et prévoient pour les années à venir.

Autrement dit, plus la date de livraison s’éloigne, plus le prix demandé diminue. Entre le contrat du mois suivant et celui de 2030, l’écart atteint près de 35 €/MWh.

Attention, cette tendance ne constitue pas une promesse : les prix à terme et le prix PEG peuvent évoluer rapidement si la situation énergétique ou géopolitique change. Mais elle montre qu’à ce stade, le marché considère les prix élevés actuels comme temporaires.

Pourquoi le marché prévoit une baisse du prix du gaz ? Zoom sur le GNL

Cette baisse attendue tient au GNL, le gaz naturel liquéfié. Sous cette forme, le gaz peut être chargé sur des navires méthaniers et transporté d’un continent à l’autre. Contrairement au gaz acheminé par gazoduc, il n’est donc pas lié à une canalisation entre un producteur et un pays consommateur. Il offre donc plus de flexibilité au marché. De nombreux projets d’industriels de production de GNL doivent se développer dans les prochaines années.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit environ 300 milliards de mètres cubes par an de nouvelles capacités d’exportation de GNL d’ici 2030. Les États-Unis et le Qatar représenteraient à eux seuls 70 % de ces nouvelles capacités, avec un pic de mises en service attendu en 2027 et 2028. Cette augmentation de l’offre devrait donc exercer une pression à la baisse sur les prix.

En octobre 2025, l’AIE projetait ainsi une prévision avec un prix moyen du gaz européen proche de 8 dollars par million de Btu sur la période 2025-2030. Cela représenterait un niveau environ 40 % inférieur à la moyenne observée entre 2019 et 2024.

Prévision évolution prix du gaz : l’impact de la fermeture du détroit d’Ormuz

Ce scénario s’est toutefois heurté à un événement majeur le 28 février 2026 : la fermeture du détroit d’Ormuz.

Ce passage maritime est stratégique pour le marché mondial de l’énergie. En temps normal, environ un cinquième du commerce mondial de GNL y transite, selon la Banque mondiale.

La crise a également touché le Qatar, l’un des principaux producteurs mondiaux de GNL. Les installations de Ras Laffan, premier site de liquéfaction au monde, ont été endommagées par les frappes iraniennes du 18 et 19 mars 2026. Selon le PDG de QatarEnergy, ces attaques ont amputé de 17 % de la capacité de GNL du Qatar pour les cinq prochaines années.

Au vu de ces différents événements, l’Agence internationale de l’énergie estime à 140 milliards de mètres cubes les pertes cumulées d’offre entre 2026 et 2030.

Néanmoins la tendance de fond n’est donc pas forcément remise en cause. De nouvelles capacités de GNL doivent toujours augmenter l’offre mondiale et contribuer à faire baisser les prix. Toutefois d’après l’AIE, la détente attendue grâce à cette vague de GNL devrait être retardée d’au moins deux ans.

Que prévoient les institutions pour 2027 et 2028 ?

Les banques centrales et les organisations internationales publient leurs propres trajectoires, issues de modèles économiques plutôt que de transactions. Elles rejoignent le marché sur le sens, à des rythmes différents.

Les trajectoires de la BCE et de la Banque de France

La Banque centrale européenne inscrit dans ses projections de juin 2026 une hypothèse de prix du gaz de 45,6 €/MWh en 2026, 37,5 €/MWh en 2027 et 27,9 €/MWh en 2028. La Banque de France, dans ses propres projections du même mois, écrit que « le prix du gaz atteindrait 48 EUR/MWh au troisième trimestre 2026, puis diminuerait progressivement pour s’établir à 26 EUR/MWh à la fin de 2028 ».

Ces deux trajectoires reposent sur une hypothèse de stabilisation géopolitique. Elles décrivent un scénario prospectif, valable tant que le conflit ne s’aggrave pas.

Les projections de la Banque mondiale et de l’AIE

La Banque mondiale, dans son Commodity Markets Outlook d’avril 2026, chiffre l’indice du gaz naturel européen à 15 dollars par million de Btu en 2026 et 12 dollars en 2027. Ces prix « devraient augmenter fortement de 25 % en 2026, avant de reculer de 20 % en 2027 à mesure que les perturbations d’approvisionnement s’estompent ».

De son côté, L’EIA américaine annonçait :

  • en janvier 2026 un prix Henry Hub « juste en dessous de 4,60 dollars par MMBtu en 2027 » ;
  • dans son bulletin d’août 2026, elle retient 3,31 dollars pour cette même année.

A noter : Le million de Btu, ou MMBtu, est l’unité du commerce international du gaz : l’EIA américaine définit le Btu comme « la quantité de chaleur nécessaire pour élever d’un degré Fahrenheit la température d’une livre d’eau ». Les institutions européennes publient en euros par MWh.

Comment sécuriser son contrat de gaz face à ces prévisions ?

Marché à terme, BCE, Banque de France et Banque mondiale décrivent tous une détente à partir de 2027. Aucun ne la garantit. En effet, tous la conditionnent au même facteur, l’apaisement au Moyen-Orient. Si elles interviennent ces baisses devraient entrainer un recul du prix repère du gaz et du prix des offres de marché de gaz naturel.

Dans ce contexte, comment renégocier son contrat de gaz ? Le mieux reste de suivre les alertes des prix et de comparer les offres en faisant appel à un courtier en énergie, comme Opéra Energie.

Pourquoi passer par Opéra Énergie pour suivre et anticiper les prix du gaz ?

Courtier en énergie B2B, Opéra Énergie négocie jusqu’à 15 TWh de contrat d’électricité par an et a accompagné plus de 15 000 entreprises. Nos alertes marché permettent de trouver le bon moment pour mettre en concurrence les fournisseurs. Elles nous indique les mouvements qui justifient de lancer une consultation ou de la différer pour de tirer parti de l’évolution des prix du gaz.

Diplômée d’un Master 2 du CELSA-Paris Sorbonne, Caroline s’est lancée comme rédactrice et chargée de communication éditoriale indépendante en 2017. Intéressée par les problématiques liées à la transition énergétique et à la mobilité, elle travaille avec Opéra Énergie depuis 2019.

Experte sur les problématiques liées à l'énergie et la rénovation énergétique, elle ambitionne à travers ses articles de faire de la pédagogie sur le marché du gaz et de l’électricité, en constante évolution.