Le gouvernement poursuit la réforme du diagnostic de performance énergétique (DPE) en réduisant à nouveau le coefficient appliqué à l’électricité. À compter du 1er janvier 2027, cette évolution améliorera mécaniquement le classement de centaines de milliers de logements chauffés à l’électricité et réduira l’écart de traitement avec le gaz naturel.
Près de 300 000 passoires énergétiques en moins
Le gouvernement a décidé de modifier une nouvelle fois le mode de calcul du diagnostic de performance énergétique des logements. Un arrêté publié mercredi au Journal officiel prévoit d’abaisser de 1,9 à 1,7 le facteur de conversion appliqué à l’électricité dans les DPE et les audits énergétiques à compter du 1er janvier 2027.
Ce coefficient avait déjà été réduit de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026, dans le cadre d’une réforme visant à rendre le DPE plus favorable aux logements chauffés à l’électricité. Le gaz naturel conserve pour sa part un coefficient de 1. Le facteur de conversion permet de traduire la consommation d’énergie finale d’un logement en consommation d’énergie primaire, utilisée notamment pour établir son classement énergétique. Sa diminution améliore donc mécaniquement la performance affichée des logements électriques.
Selon l’étude d’impact transmise début août au Conseil supérieur de l’énergie (CSE), cette nouvelle baisse entraînerait une diminution significative du nombre de passoires énergétiques dans le parc locatif privé : « L’abaissement du facteur de conversion aura pour effet mécanique d’améliorer la note DPE d’un nombre significatif de logements, avec une réduction de 14 % du nombre de passoires dans le parc locatif privé, soit 125 000 logements », indique l’étude d’impact transmise au CSE.
La précédente diminution du coefficient, de 2,3 à 1,9, avait déjà permis à environ 275 000 logements du parc locatif privé de sortir des catégories F et G. À l’échelle de l’ensemble des résidences principales, le passage de 1,9 à 1,7 devrait réduire d’environ 10 % le nombre de passoires énergétiques, soit près de 300 000 logements. Environ 200 000 logements classés F et 100 000 classés G pourraient ainsi obtenir une meilleure étiquette.
L’électrification du bâtiment en ligne de mire
Cette nouvelle réforme s’inscrit dans la stratégie gouvernementale d’électrification des usages énergétiques. L’exécutif souhaite notamment favoriser le recours à l’électricité dans le bâtiment, alors que le système actuel de conversion de l’énergie pénalise encore davantage celle-ci que le gaz naturel dans le calcul du DPE.
La mesure est notamment soutenue par la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (FIEEC), qui considère que l’actuel coefficient crée une différence de traitement défavorable à l’électricité. La réforme permettra de « corriger l’inégalité de traitement de l’électricité, seule énergie pénalisée par un tel coefficient », estime la FIEEC, rappelant que le dispositif conduisait jusqu’ici à multiplier par presque deux la consommation électrique prise en compte pour évaluer la performance énergétique d’un logement.
La fédération souhaite néanmoins aller plus loin. Elle « plaide pour une équivalence avec le gaz sur tous les domaines comme la fiscalité et se félicite de cette baisse, une bonne étape concrète pour réaliser le plan d’électrification », souligne la FIEEC.
Avec cette nouvelle évolution du DPE, le gouvernement poursuit ainsi le rapprochement entre le traitement de l’électricité et celui du gaz, tout en utilisant la réglementation énergétique des bâtiments comme levier pour accélérer l’électrification des usages.
Source : AFP
Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.