Les importations européennes de gaz naturel liquéfié ont rebondi de 21 % en août, à 10,2 milliards de mètres cubes. Une hausse bienvenue alors que les stocks de gaz de l’Union européenne ne sont remplis qu’à 64,7 %, leur niveau le plus faible à cette période de l’année depuis 2021. À l’approche de l’hiver, l’Europe doit désormais maintenir des arrivées importantes de GNL, dans un marché toujours exposé à la concurrence asiatique et aux tensions géopolitiques.
10,2 Gm³ de GNL importés en août, en hausse de 21 %
Les importations européennes de gaz naturel liquéfié ont nettement rebondi en août. Elles ont progressé de 21 % par rapport à juillet pour atteindre 10,2 Gm³. La tendance s’est notamment accélérée au cours de la dernière semaine d’août. Europe et Turquie ont alors réceptionné 2,83 Gm³ de GNL, soit leur niveau le plus élevé depuis quinze semaines, selon les données de suivi des navires de Kpler.
Le rythme devrait toutefois ralentir cette semaine. Les premières estimations font état de 2,38 Gm³ d’importations, soit un recul de 16 %. La moyenne glissante sur quatre semaines resterait néanmoins proche de celle enregistrée à la même période en 2025, autour de 2,35 Gm³.
Ce regain d’approvisionnement intervient après un deuxième trimestre marqué par de faibles arrivées de GNL et alors que la période de remplissage des réserves européennes entre dans une phase déterminante. « Nous entrons désormais dans des semaines décisives à l’approche de l’hiver. Les importations de GNL se sont redressées après un deuxième trimestre très faible, mais l’Europe, et notamment l’Allemagne, doit encore procéder à un remplissage important de ses stockages », a expliqué Arne Lohmann Rasmussen, analyste en chef chez Global Risk Management. L’Allemagne devrait ainsi, selon lui, « se montrer plus offensive dans ses achats de GNL pour remplir les stockages au cours des deux prochains mois ».
La situation reste en effet tendue : les réserves souterraines de gaz de l’Union européenne ne sont remplies qu’à 64,7 %, d’après Gas Infrastructure Europe. Il s’agit de leur niveau le plus faible à cette période de l’année depuis 2021.
L’Europe reste attractive malgré la concurrence asiatique
Pour accélérer le remplissage de ses réserves, l’Europe devra continuer à attirer suffisamment de cargaisons de GNL sur le marché mondial. La concurrence avec l’Asie constitue à ce titre l’une des principales incertitudes des prochains mois, alors que l’Union européenne doit également mettre fin aux importations de GNL russe à partir de janvier. « La concurrence avec l’Asie demeure un risque majeur, notamment à l’approche de l’échéance prévue pour la sortie du GNL russe », a averti Arne Lohmann Rasmussen.
Pour l’heure, les conditions de marché restent cependant favorables à l’Europe. Malgré une prime d’environ 0,6 dollars/MMBtu, soit 1,76 €/MWh, du contrat asiatique JKM de décembre par rapport au TTF européen, les cargaisons américaines disponibles sur le marché spot restent davantage attirées par les terminaux européens.
Selon Qasim Afghan, responsable des données chez Spark Commodities, l’attractivité des cargaisons américaines de GNL « restait nettement orientée vers l’Europe ». Un responsable du trading gazier d’une société basée à Londres partage ce constat : « L’arbitrage est effectivement favorable à l’Europe et nous devrions voir les importations de GNL se maintenir à un niveau correct ». La faiblesse relative de la demande chinoise et la période d’intersaison en Asie pourraient notamment laisser davantage de volumes disponibles pour le marché européen. « Les importations chinoises restent modérées et l’Asie se trouve dans une période d’entre-deux saisonnier. Cela devrait permettre à l’Europe de poursuivre le remplissage de ses stockages à un rythme soutenu », a ajouté le responsable du trading gazier basé à Londres.
La situation pourrait néanmoins évoluer rapidement. Selon Arne Lohmann Rasmussen, l’Asie pourrait être « de plus en plus contrainte de faire monter les prix pour attirer le GNL américain », notamment en raison de nouveaux retards dans les livraisons qataries. Des informations de presse non confirmées indiquent que QatarEnergy aurait prolongé jusqu’en octobre la situation de force majeure invoquée auprès de certains de ses clients asiatiques. Celle concernant l’énergéticien italien Edison aurait, de son côté, été prolongée jusqu’en novembre.
À ces tensions commerciales s’ajoute l’incertitude géopolitique au Moyen-Orient. De nouvelles frappes survenues dimanche soir ont renforcé l’idée, sur le marché européen du gaz, qu’une résolution rapide du conflit restait peu probable. Une nouvelle attaque iranienne visant les installations gazières du Qatar pourrait notamment provoquer « des répercussions importantes, potentiellement durables, sur les marchés gaziers mondiaux », a prévenu Arne Lohmann Rasmussen, analyste en chef chez Global Risk Management.
Source : AFP
Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.