Selon le bilan publié par l’Ademe en avril 2026, près de la moitié des entités fonctionnelles assujetties déclarées sur OPERAT, c’est-à-dire les bâtiments ou ensembles de bâtiments soumis au décret tertiaire, atteignent déjà leur objectif 2030. Pour piloter cette trajectoire sur plusieurs dizaines de sites, les gestionnaires s’équipent d’un logiciel de management énergétique en mode SaaS. Son déploiement soulève pourtant des difficultés. Zoom sur les points de vigilance avec Opéra Energie.
En résumé :
- Le décret tertiaire impose une réduction de la consommation d’énergie finale de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050 aux bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m², publics comme privés .
- La déclaration annuelle sur la plateforme OPERAT de l’Ademe doit être déposée avant le 30 septembre . Depuis 2023, une API permet à certains logiciels de transmettre ces données automatiquement .
- L’automatisation ne corrige pas une donnée fausse. Un compteur oublié produit simplement une déclaration erronée plus vite.
- Sur un patrimoine public, la difficulté tient aux équipements accumulés au fil des décennies. Dans le tertiaire privé, elle tient aux ressources internes disponibles pour exploiter les tableaux de bord.
- Un diagnostic préalable des données sécurise le choix de l’outil mieux qu’une comparaison fonctionnelle.
Le logiciel de management énergétique SaaS, un outil devenu standard sur les parcs multi-sites
Un logiciel de monitoring énergétique en mode SaaS centralise, dans une interface en ligne, les consommations d’électricité, de gaz, d’eau, de chaleur et de froid de tous les sites d’une structure. Au-delà d’une dizaine de bâtiments, la consolidation par tableur atteint ses limites.
Ce n’est pourtant pas le confort de gestion qui déclenche la plupart des projets, mais la réglementation. Le dispositif Éco Énergie Tertiaire fixe une réduction de la consommation d’énergie finale de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050 par rapport à une année de référence qui ne peut être antérieure à 2010 . Il s’accompagne d’une déclaration à déposer chaque année sur OPERAT avant le 30 septembre .
Depuis 2023, l’Ademe met à disposition une API permettant de connecter certains logiciels à OPERAT et d’automatiser la transmission des consommations .
Attention à la collecte des données
L’automatisation de la déclaration OPERAT dépend entièrement de la fiabilité des données collectées en amont. Un compteur oublié ou une surface mal renseignée passent tels quels dans la déclaration. L’API accélère simplement la transmission. Elle n’exerce aucun contrôle qualité.
Quelles sont les difficultés rencontrées lors de la mise en place d’un logiciel management énergétique saas pour les entreprises tertiaires françaises multi-sites ?
Un parc public difficile à recenser et équipé par strates
Première difficulté : une collectivité ne sait pas toujours lesquels de ses bâtiments sont soumis au décret tertiaire. Le Cerema et la DGALN recensent plus de 920 000 locaux tertiaires concernés en France, pour environ 740 millions de m², tout en précisant que les bâtiments publics restent sous-représentés dans cette estimation .
Seconde difficulté : ces bâtiments n’ont ni le même âge, ni les mêmes équipements. Une commune gère le plus souvent une mairie, plusieurs écoles, un gymnase, parfois une piscine ou une médiathèque, construits ou rénovés à des décennies d’écart. Chaque opération a laissé ses propres compteurs et, dans les bâtiments les plus récents, une gestion technique du bâtiment (GTB), c’est-à-dire l’automate qui pilote chauffage, ventilation et éclairage. Or bien souvent, ces équipements n’ont pas été conçus pour dialoguer entre eux.
Le décret BACS et le calendrier d’équipement en GTB
Le décret BACS impose justement d’installer ces automates. Les bâtiments tertiaires existants dont les systèmes de chauffage ou de climatisation dépassent 290 kW devaient en être équipés au 1er janvier 2025 . Pour la tranche 70 à 290 kW, l’échéance de 2027 a été repoussée au 1er janvier 2030 . Une collectivité déploie donc son logiciel sur un parc dont une partie seulement sera instrumentée d’ici là.
Que lit un logiciel ?
Un logiciel de management énergétique ne produit pas la donnée. Il interroge des équipements existants, chacun dans son propre langage informatique. Quand la GTB d’un bâtiment est trop ancienne, ou quand le site ne dispose que d’un compteur général sans sous-comptage, l’outil n’a rien à interroger.
La consommation de ces bâtiments continue alors d’arriver une fois par an, via la facture du fournisseur. Un outil de pilotage énergétique pour les collectivités affiche une courbe au pas horaire pour les sites instrumentés et un simple total annuel pour les autres. Or une dérive de chauffage ne se détecte pas sur un total annuel. Il faut au minimum un relevé mensuel pour comparer deux périodes comparables.
Erreur courante : choisir l’outil avant d’avoir inventorié les équipements
Beaucoup de structures arbitrent sur la richesse fonctionnelle sans évaluer la capacité d’intégration aux équipements installés ni le temps agent disponible. Les licences se facturent le plus souvent au point de livraison (PDL), indépendamment des modules utilisés. De ce fait, un périmètre surdimensionné pèse chaque année sur le budget de fonctionnement.
Quelles difficulté pour un logiciel de management énergétique SaaS dans les entreprises tertiaires françaises multi-sites ?
Dans le tertiaire privé, les sites sont plus homogènes, mais rarement détenus en propre. Agences, magasins et bureaux sont majoritairement pris à bail. Le gestionnaire ne maîtrise ni les équipements techniques, ni parfois l’accès aux données de comptage.
C’est pourquoi, trois obstacles reviennent souvent dans les projets de suivi énergétique multi-sites :
- L’hétérogénéité des sources. Les données proviennent de la télérelève, c’est-à-dire de compteurs communicants qui remontent la mesure automatiquement, mais aussi de factures fournisseurs ou de relevés manuels. Les pas de temps et les périmètres ne coïncident pas.
- L’intégration au système d’information. Le rapprochement entre base patrimoniale, référentiel des points de livraison et comptabilité mobilise la DSI bien au-delà du devis initial.
- Le manque de ressources internes. Peu de PME et d’ETI disposent d’un energy manager à temps plein. Le logiciel revient alors à un responsable technique déjà chargé.
S’y ajoute une obligation nouvelle. La loi DDADUE du 30 avril 2025 impose un audit énergétique tous les quatre ans aux entreprises dont la consommation annuelle moyenne d’énergie finale atteint 2,75 GWh, et un système de management de l’énergie certifié au-delà de 23,6 GWh.
Le changement est important : le déclencheur n’est plus la taille de l’entreprise mais sa consommation réelle, calculée pour l’ensemble de ses sites et de ses usages.
Comment choisir malgré ces difficultés ? 4 critères qui font la différence
Le plus important tient à l’adéquation entre l’outil et la réalité du parc. Quatre critères se révèlent structurants à l’usage :
- La compatibilité avec les équipements installés. Les protocoles supportés par les GTB et les compteurs se vérifient site par site.
- La qualité de la reprise de données. Trois années d’historique fiabilisé valent mieux qu’une interface soignée alimentée par des relevés incomplets.
- La conformité réglementaire native. L’outil doit générer le dossier technique OPERAT et se connecter à l’API de l’Ademe.
- L’accompagnement humain associé. Un outil livré sans paramétrage n’est qu’une une base de données. Il faut ensuite pouvoir l’exploiter.
Ces points peuvent être demandé à l’éditeur avant ou au moment la démonstration commerciale. Il est possible de se baser sur des comparatifs de solutions pour les grands comptes ou sur des plateformes dédiées aux parcs immobiliers et au retail pour trouver la bonne solution.
Quelles évolutions sur le marché des logiciels de management énergétique ?
Les connecteurs IoT permettent désormais d’instrumenter un site sans reprendre toute la GTB, ce qui débloque les bâtiments anciens à moindre coût. La compatibilité avec l’API OPERAT devient un critère de sélection à part entière pour les structures qui gèrent un grand nombre de sites .
L’intelligence artificielle appliquée à la détection des dérives constitue la troisième évolution. Ces algorithmes comparent la consommation observée à un profil attendu et signalent une chaufferie restée en marche pendant les congés ou une climatisation qui tourne la nuit. Encore faut-il qu’ils sachent ce qu’est une consommation normale pour le bâtiment concerné : sur un historique trop court, une simple variation saisonnière est prise pour une dérive. Le monitoring énergétique des collectivités commence donc par la reconstitution de cet historique.
Comment Opéra Energie accompagne les entreprises et les collectivités multi-sites ?
Opéra Energie intervient avant le choix de l’outil, sur la préparation des données.
Étape 1 : cadrer le périmètre et fiabiliser les données
Le courtier inventorie les points de livraison (PDL), les identifiants qui désignent chaque raccordement au réseau, vérifie les surfaces déclarées et reconstitue l’historique de consommation avant tout déploiement. Cette étape conditionne la déclaration OPERAT comme la trajectoire exigée par le décret tertiaire.
Étape 2 : mettre le parc sous suivi
Les consommations sont ensuite collectées et suivies dans la durée, site par site. Nos clients constatent jusqu’à 10 % d’économies sur la facture et 20 heures gagnées en moyenne sur la gestion de leurs contrats. En témoigne une satisfaction client de 4,9/5.
Etape 3 : Prioriser les investissements
Pour les entreprises comme collectivités, l’audit énergétique des bâtiments publics ou du parc privé permet d’identifier les gisements d’économies et de bien hiérarchiser les travaux. Les données fiabilisées permettent d’alimenter cet arbitrage.
Diplômée d’un Master 2 du CELSA-Paris Sorbonne, Caroline s’est lancée comme rédactrice et chargée de communication éditoriale indépendante en 2017. Intéressée par les problématiques liées à la transition énergétique et à la mobilité, elle travaille avec Opéra Énergie depuis 2019.
Experte sur les problématiques liées à l'énergie et la rénovation énergétique, elle ambitionne à travers ses articles de faire de la pédagogie sur le marché du gaz et de l’électricité, en constante évolution.