Le gouvernement a sélectionné 109 territoires représentant près de 7 000 communes pour accélérer l’électrification des usages et réduire les émissions de CO2. Une première étape d’un plan doté de 10 milliards d’euros, alors que la crise énergétique remet au premier plan la dépendance de la France aux énergies fossiles importées.
109 territoires et près de 7 000 communes retenus
Au total, 109 territoires ont été retenus par le gouvernement pour bénéficier en priorité de financements destinés à accélérer leur électrification. Près de 7 000 communes sont concernées, parmi lesquelles Saint-Maur dans le Val-de-Marne, la communauté d’agglomération du Pays basque, la Corse, la communauté de communes Terre de Beauce en Eure-et-Loir, mais aussi la Martinique et La Réunion. Ces territoires bénéficieront prioritairement des 10 milliards d’euros mobilisés dans le cadre du plan global d’électrification, financé grâce aux certificats d’économies d’énergie. Ces derniers correspondent à des contributions versées par les fournisseurs d’énergie afin de financer des actions de réduction des consommations et de décarbonation.
Les 109 collectivités retenues ont été sélectionnées parmi près de 200 candidatures : « plus d’un Français sur quatre bénéficiera de ce dispositif », a indiqué Maud Brégeon, ministre déléguée à l’Énergie. Parmi les priorités affichées figurent le remplacement du gaz et du fioul dans le chauffage, le développement de la mobilité électrique avec l’accélération du déploiement des bornes de recharge, ainsi que des actions destinées à l’agriculture et à l’artisanat.
Une nouvelle étape est déjà prévue. Maud Brégeon a annoncé le lancement « en octobre de la deuxième phase du plan d’électrification, pour accélérer encore le mouvement ». Celle-ci doit être financée grâce au redéploiement de crédits jusqu’ici consacrés à certaines aides jugées coûteuses et insuffisamment efficaces.
Les énergies fossiles représentent encore 60 % de l’énergie consommée en France
Cette politique d’électrification intervient dans un contexte de fortes tensions sur les marchés de l’énergie. « La crise énergétique actuelle nous rappelle notre forte dépendance aux énergies fossiles importées », a souligné Maud Brégeon. Le gaz et le pétrole représentent encore 60 % de l’énergie consommée en France. Le gouvernement souhaite donc substituer autant que possible ces énergies fossiles par une électricité produite en France et largement décarbonée grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables.
Le plan d’électrification de l’économie avait été lancé en avril par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Il comprend 22 mesures visant à renforcer la souveraineté énergétique du pays, soutenir le pouvoir d’achat des ménages et préserver la compétitivité des entreprises.
Cette stratégie doit également concerner l’industrie lourde. Le gouvernement entend « faire de la France un champion européen de l’hydrogène industriel », selon Maud Brégeon.
Dans le cadre du budget 2027, un nouvel appel d’offres de 1,2 milliard d’euros sur quinze ans doit ainsi être lancé. Il aura notamment pour objectif d’« accompagner la sidérurgie dans sa décarbonation », a précisé Maud Brégeon.
Source : AFP
Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.