Avec un niveau de confort élevé à assurer 24 h/24, la performance énergétique d’un hôtel doit être analysée de près pour garantir une bonne maîtrise des consommations. Quels indicateurs permettent d’identifier un décrochage ? Quelles sont les obligations des hôteliers en matière d’économies d’énergie ? Et quelles actions engager en priorité pour réduire les charges sans dégrader l’expérience client ?

À retenir sur la performance énergétique des hôtels

  • 209 kWh/m² est le ratio de consommation d’énergie par année, observé en 2022 dans les déclarations OPERAT pour la catégorie hôtellerie-restauration ;
  • en 2024, l’hôtellerie représente 78 % des surfaces et 81 % de la consommation d’énergie finale déclarées dans la catégorie Tourisme sur OPERAT ;
  • les hôtels assujettis au décret tertiaire doivent viser -40 % de consommation d’énergie finale en 2030 par rapport à leur année de référence, ou atteindre leur objectif en valeur absolue ;
  • le kWh/m²/an doit être croisé avec l’activité de l’hôtel, notamment le nombre de chambres occupées ou de nuitées, pour interpréter correctement sa performance.

Qu’est-ce que la performance énergétique d’un hôtel ?

La performance énergétique d’un hôtel traduit la quantité d’énergie nécessaire pour assurer les différents services de l’établissement :

  • chauffage et eau chaude sanitaire ;
  • refroidissement ;
  • ventilation ;
  • éclairage ;
  • équipements spécifiques.

L’enjeu pour les hôteliers consiste à maîtriser leurs besoins énergétiques tout en conservant le niveau de confort attendu par les clients.

La consommation peut notamment être suivie en kWh d’énergie finale par m² et par an. En complément, les émissions de gaz à effet de serre associées peuvent être exprimées en kgCO₂eq/m²/an. OPERAT distingue d’ailleurs la consommation énergétique des émissions correspondantes. Ces données font partie des indicateurs de performance énergétique (IPÉ), mais elles prennent davantage de sens lorsqu’elles sont rapprochées du niveau d’activité de l’hôtel.

Quelle est la consommation énergétique moyenne d’un hôtel ?

Il n’existe pas de consommation « normale » valable pour tous les hôtels. Toutefois, un rapport de mars 2024 relatif aux données déclarées sur OPERAT fait ressortir un ratio de 209 kWh/m² en 2022 pour la catégorie hôtellerie-restauration, contre 156 kWh/m² pour les bureaux et 169 kWh/m² pour les commerces.

Ce chiffre doit être utilisé comme un ordre de grandeur, et non comme une cible. L’IGEDD (Inspection générale de l’Environnement et du Développement durable) précise notamment que les ratios OPERAT ne peuvent pas être directement comparés à d’autres séries statistiques en raison des différences méthodologiques.

En outre, la consommation réelle d’un établissement d’hébergement dépend :

  • du climat ;
  • du standing ;
  • de l’ancienneté du bâtiment ;
  • du taux d’occupation ;
  • des services proposés (restauration, spa, piscine ou blanchisserie par exemple).

Maîtriser l’énergie dans l’hôtellerie suppose donc de comparer ses résultats à son propre historique et, lorsque c’est possible, à des établissements présentant un profil similaire.

Quels indicateurs suivre pour mesurer la performance énergétique d’un hôtel ?

Se limiter à la consommation annuelle au mètre carré peut conduire à une mauvaise interprétation. En effet, un établissement moins occupé peut afficher une baisse de ses consommations sans avoir gagné en efficacité. Plusieurs indicateurs sont ainsi à analyser et à croiser pour une estimation plus pertinente de la performance énergétique d’un hôtel.

IndicateurUtilité
kWhEF/m²/anSuivre la performance énergétique globale
kWh/chambre occupée ou kWh/nuitéeNeutraliser en partie l’effet du taux d’occupation
kgCO₂eq/m²/anSuivre l’empreinte carbone des consommations
Consommation par usageIdentifier les postes les plus énergivores
Coût énergétique/chambre occupéeÉvaluer le poids de l’énergie au regard du RevPAR et de l’activité.

Performance énergétique dans l’hôtellerie : quels postes pèsent le plus ?

Le chauffage, l’eau chaude sanitaire et la climatisation figurent généralement parmi les usages à surveiller en priorité. Toutefois, leur poids varie fortement selon les caractéristiques de l’établissement.

Certains équipements modifient considérablement le profil énergétique d’un hôtel, comme une cuisine professionnelle, une piscine, un spa ou une blanchisserie. De même, une consommation importante pendant les périodes de faible occupation peut révéler un talon de consommation anormalement élevé.

Avant d’engager des travaux, les usages réellement responsables de la dépense sont à identifier. Cette analyse permet de cibler les économies d’énergie dans l’hôtellerie qui présentent le meilleur rapport entre investissement, économies attendues et contraintes d’exploitation.

Quelles obligations énergétiques concernent les hôtels ?

Plusieurs réglementations imposent désormais à certains établissements de mesurer, déclarer ou mieux piloter leurs consommations.

Décret tertiaire et OPERAT

Le décret tertiaire concerne les bâtiments ou ensembles de bâtiments totalisant au moins 1 000 m² d’activités tertiaires. Les hôtels, résidences de tourisme et certains ensembles immobiliers mixtes peuvent donc être concernés.

Les établissements assujettis doivent soit réduire leur consommation d’énergie finale de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050, soit atteindre un objectif en valeur absolue défini selon l’activité, notamment dans l’arrêté valeurs absolues III pour les établissements de tourisme.

Les obligations du dispositif éco-énergie tertiaire comprennent aussi une déclaration annuelle sur OPERAT. Les consommations 2025 doivent être transmises avant le 30 septembre 2026. En cas de manquement, une mise en demeure peut être engagée. Fiabiliser les données permet donc de suivre la trajectoire 2030 et de sécuriser la conformité réglementaire.

Décret BACS et GTB

Le décret BACS impose, sous conditions, un système d’automatisation et de contrôle pour les équipements de chauffage ou de climatisation de plus de 70 kW.

Dans l’existant, l’échéance était fixée au 1er janvier 2025 au-delà de 290 kW. Entre 70 et 290 kW, elle est repoussée au 1er janvier 2030, sauf exemption. Dans ce contexte, une gestion technique du bâtiment adaptée peut contribuer à la conformité et au pilotage des équipements.

Comment optimiser la performance énergétique d’un hôtel ?

Améliorer la performance énergétique d’un hôtel implique de hiérarchiser les actions à partir des consommations mesurées.

Niveau d’actionExemples
Optimiser sans travaux lourdsConsignes de température
Programmation Maintenance Réduction des consommations hors occupation
Mieux piloterSous-comptage Détecteur de présence Régulation en fonction des conditions météorologiques GTB Asservissement à l’occupation
Moderniser les équipementsÉclairage ECS Chauffage Climatisation Récupération de chaleur
Rénover le bâtimentIsolation de l’enveloppe Protections solaires Remplacement des techniques énergivores

Un audit énergétique tertiaire permet d’identifier les économies potentielles, de hiérarchiser les travaux et d’estimer leur temps de retour. Il facilite ainsi les arbitrages et la justification des investissements.

Performance énergétique d’un hôtel : quelles aides pour financer les actions ?

Les CEE dans le secteur tertiaire peuvent participer au financement de certaines mesures d’efficacité énergétique, sous réserve de satisfaire aux critères de la fiche concernée.

Pour être valorisée dans le cadre des CEE, l’opération doit notamment respecter le principe du rôle actif et incitatif, à travers la contribution du demandeur de CEE qui doit intervenir avant, ou au plus tard à la date d’engagement de l’opération.

Selon la nature du projet, le Fonds Chaleur de l’ADEME peut également soutenir certaines installations de production de chaleur renouvelable, telles que le solaire thermique ou la géothermie.

Comment Opéra Énergie accompagne-t-il la performance énergétique des hôteliers ?

La performance énergétique d’un hôtel repose d’abord sur une bonne lecture des consommations et sur des choix d’investissement cohérents avec les contraintes de l’établissement. Opéra Énergie guide les professionnels dans la structuration de cette démarche, tout en tenant compte des obligations réglementaires et des possibilités de financement.

Un accompagnement CEE pour un hôtel permet notamment d’intégrer les aides mobilisables avant le lancement des travaux. Les décisions se simplifient et les investissements sont sélectionnés en fonction de leur impact réel sur les coûts énergétiques, sans dégrader le confort des clients.

Diplômée d'un master en environnement, Alexandra a exercé en tant qu'ingénieure pendant quinze ans en bureaux d'études techniques.

Depuis 2019, elle est rédactrice web spécialisée sur les sujets liés à l'énergie et au bâtiment. Spécialiste des enjeux de la transition énergétique, elle associe sa plume à son expertise technique pour rédiger des contenus qui répondent aux enjeux des entreprises et aident à la prise de décision.