Un hôpital doit assurer les soins en continu tout en maîtrisant des installations techniques particulièrement sollicitées. Dans ce contexte, réduire les consommations suppose d’identifier des leviers d’efficacité énergétique compatibles avec l’ensemble des contraintes de l’établissement. Où se situent les gisements d’économies en milieu hospitalier ? Comment les exploiter sans affecter les conditions sanitaires et la continuité des soins ? Et dans quels cas l’audit énergétique d’un hôpital devient-il une obligation réglementaire ?

À retenir sur l’audit énergétique d’un hôpital

  • l’obligation d’audit à partir de 2,75 GWh concerne certaines personnes morales privées et elle ne s’applique pas indistinctement à tous les établissements hospitaliers ;
  • les hôpitaux publics comme privés peuvent en revanche relever du dispositif Éco Énergie Tertiaire (DEET) lorsque les surfaces concernées atteignent le seuil réglementaire ;
  • un audit énergétique d’hôpital doit rechercher les économies compatibles avec les impératifs sanitaires, techniques et de continuité d’activité.

Pourquoi l’audit énergétique d’un hôpital est-il particulier ?

Un établissement hospitalier nécessite une analyse plus fine qu’un audit énergétique tertiaire classique. Le fonctionnement continu, les zones sensibles et les équipements indispensables aux soins limitent en effet certains leviers d’optimisation.

L’audit énergétique d’un hôpital doit donc croiser consommation, potentiel d’amélioration et criticité des usages afin de hiérarchiser ses économies d’énergie sans compromettre la continuité des soins.

Audit tertiaire courantAudit en établissement de santé
Occupation souvent discontinueActivité partiellement ou totalement continue
Usages principalement immobiliersUsages immobiliers et activités de soins
Possibilités d’arrêt de fonctionnement plus largesContinuité de service à préserver
Consignes modulables selon l’occupationContraintes spécifiques dans certaines zones sensibles

L’audit énergétique est-il obligatoire dans un hôpital ?

L’obligation de réaliser un audit énergétique dans un hôpital dépend du statut de l’établissement et de son niveau de consommation. Elle doit par ailleurs être distinguée des obligations liées au décret tertiaire.

Hôpital ou clinique privée : le seuil de 2,75 GWh à vérifier

Depuis le 1er octobre 2025, un hôpital ou une clinique privée entrant dans le champ de l’article L233-1 du Code de l’énergie doit réaliser un audit énergétique tous les quatre ans quand sa consommation annuelle moyenne d’énergie finale atteint 2,75 GWh, calculée sur les trois années civiles précédentes, sauf mise en œuvre d’un système de management de l’énergie (SMÉ).

Ce seuil peut rapidement concerner les établissements disposant de plateaux techniques importants, d’équipements médicaux énergivores ou d’installations fonctionnant en continu.

À partir de 23,6 GWh, un SMÉ certifié devient obligatoire. Les nouveaux assujettis doivent réaliser leur premier audit avant le 11 octobre 2026 et, le cas échéant, faire certifier leur SMÉ avant le 11 octobre 2027.

En revanche, les établissements publics de santé ne relèvent pas de cette obligation d’audit prévue pour les personnes morales privées visées par le Code de l’énergie.

Hôpitaux publics et privés : les obligations du DEET

Les obligations du décret tertiaire s’appliquent aux établissements hospitaliers publics ou privés dès lors que les surfaces tertiaires concernées atteignent 1 000 m². Ils doivent réduire leurs consommations de 40 % d’ici 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050, ou atteindre une valeur absolue cible, avec des seuils spécifiques aux centres hospitaliers.

L’audit énergétique d’un hôpital n’est pas imposé par le décret tertiaire, mais il permet d’identifier les actions à engager pour respecter cette trajectoire et programmer la rénovation énergétique dans le cadre du décret tertiaire.

Comment se déroule un audit énergétique hospitalier ?

Dans un établissement de santé, l’audit énergétique doit combiner analyse énergétique et connaissance précise des conditions d’exploitation.

1. Cadrer le périmètre et collecter les données

L’auditeur analyse les factures, historiques de consommation, plans, équipements, données de comptage ou de GTB ainsi que les horaires et conditions de fonctionnement des différents services.

2. Visiter les installations et effectuer les mesures

Les investigations portent sur les systèmes énergétiques et les usages significatifs. Dans les zones sensibles, elles sont organisées avec les équipes concernées afin de préserver l’activité et les conditions de soins.

3. Reconstituer les consommations par usage

Cette analyse permet de distinguer les consommations liées aux contraintes normales de fonctionnement des dérives ou surconsommations réellement évitables.

4. Chiffrer et hiérarchiser les actions

Chaque préconisation doit être rapprochée de :

  • son gain énergétique et financier ;
  • l’investissement nécessaire ;
  • son temps de retour sur investissement ;
  • ses contraintes de mise en œuvre.

Pour un établissement public, cette démarche reprend les principes d’un audit énergétique de bâtiment public, adaptés aux contraintes du milieu hospitalier.

Audit énergétique d’un hôpital : quels postes sont analysés en priorité ?

L’analyse porte généralement sur les principaux postes de consommation d’énergie :

  • chauffage et eau chaude sanitaire ;
  • refroidissement ;
  • ventilation et traitement d’air ;
  • éclairage ;
  • équipements auxiliaires ;
  • régulation et GTB ;
  • équipements techniques et médicaux présentant une consommation significative.

L’audit énergétique d’un hôpital permet de rendre prioritaires les postes sur lesquels des économies sont réellement possibles, sans compromettre les contraintes sanitaires ni le fonctionnement des services.

Qui peut réaliser l’audit énergétique d’un établissement de santé ?

Pour un audit réglementaire, un prestataire externe doit disposer d’une certification couvrant le ou les domaines concernés par l’audit : bâtiments, procédés et/ou transport. La réglementation autorise également, sous conditions de compétence et d’indépendance, la réalisation de l’audit par du personnel interne.

Au-delà de la qualification, le choix d’un bureau d’études thermiques doit tenir compte de :

  • son expérience des installations complexes ;
  • sa capacité à organiser ses investigations dans un environnement hospitalier sans perturber les services.

Combien coûte un audit énergétique d’hôpital ?

Le prix d’un audit énergétique hospitalier n’est pas réglementé et varie fortement selon le périmètre étudié. Le coût de l’étude est ainsi influencé par :

  • la surface et le nombre de bâtiments ;
  • la diversité des services ;
  • la complexité des installations CVC ;
  • l’instrumentation disponible ;
  • les mesures complémentaires nécessaires ;
  • les contraintes d’intervention.

Dans un établissement hospitalier, il est donc préférable de faire établir un devis à partir d’un cahier des charges précis plutôt que de se référer à un prix moyen, peu représentatif de la complexité du site.

PENSEE+ pour les établissements publics de santé

Intégré au programme CEE ACTEE+, PENSEE+ accompagne les établissements publics de santé et médico-sociaux dans leurs projets de rénovation énergétique, notamment pour financer des études, de l’ingénierie ou de l’accompagnement. La deuxième session de candidatures est close, mais les dépenses des lauréats restent éligibles jusqu’au 30 septembre 2026.

Audit énergétique en milieu hospitalier : comment financer le passage à l’action ?

L’audit énergétique d’un hôpital permet de construire le programme d’investissements qui pourra ensuite bénéficier de financements.

Les primes CEE pour les hôpitaux peuvent contribuer au financement d’opérations éligibles sur les équipements ou les bâtiments. Pour certains établissements publics, les CEE accessibles aux collectivités et acteurs publics constituent également un levier à étudier. Les conditions dépendent de chaque opération et des fiches CEE applicables.

Selon le projet, l’ADEME peut par ailleurs soutenir des investissements dans la chaleur renouvelable ou de récupération via le Fonds Chaleur, notamment pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire ou le rafraîchissement.

De l’audit au plan d’action : pourquoi se faire accompagner par Opéra Énergie ?

La valeur de l’audit énergétique d’un hôpital dépend finalement de la capacité de l’établissement à transformer ses préconisations en opérations compatibles avec ses contraintes techniques, sanitaires et budgétaires.

Afin que la réduction des consommations s’intègre au fonctionnement du bâtiment, l’accompagnement à l’audit énergétique en milieu hospitalier Opéra Énergie facilite :

  • la hiérarchisation des actions ;
  • la recherche des financements ;
  • la programmation de leur mise en œuvre.

Diplômée d'un master en environnement, Alexandra a exercé en tant qu'ingénieure pendant quinze ans en bureaux d'études techniques.

Depuis 2019, elle est rédactrice web spécialisée sur les sujets liés à l'énergie et au bâtiment. Spécialiste des enjeux de la transition énergétique, elle associe sa plume à son expertise technique pour rédiger des contenus qui répondent aux enjeux des entreprises et aident à la prise de décision.