Une entreprise n’a pas besoin d’être spécialisée dans le transport pour que sa flotte pèse lourd dans ses consommations d’énergie. Depuis la réforme de l’audit énergétique réglementaire, ce n’est d’ailleurs plus sa taille qui détermine son assujettissement, mais son niveau de consommation. Dès lors, comment savoir si les transports doivent entrer dans l’analyse et comment préparer la démarche ? Qui peut réaliser un audit énergétique transport en 2026 ?

L’essentiel sur l’audit énergétique transport

L’audit énergétique transport analyse les consommations d’énergie liées au déplacement de personnes ou de marchandises afin d’identifier les économies réalisables et les actions à mettre en œuvre. Plus précisément :

  • il repose sur la NF EN 16247-1 : 2022, complétée par la NF EN 16247-4 : 2022 pour les transports ;
  • il peut couvrir les transports routier, ferroviaire, fluvial, maritime et aérien ;
  • l’assujettissement dépend de la consommation d’énergie finale de l’entreprise, et non plus de son effectif ou de son chiffre d’affaires depuis 2025 ;
  • l’audit réglementaire doit couvrir au moins 80 % de la consommation énergétique finale, calculée à l’échelle du SIREN ;
  • une flotte professionnelle peut donc entrer dans l’audit même lorsque le transport n’est pas l’activité principale de l’entreprise.

Que couvre un audit énergétique transport ?

L’audit énergétique transport constitue l’un des volets possibles de l’audit énergétique en entreprise. La méthodologie générale suit la norme NF EN 16 247, tandis que la NF EN 16247-4 fixe les exigences propres aux transports.

Le périmètre d’étude peut comprendre :

  • des voitures de service ;
  • des véhicules utilitaires ;
  • des poids lourds ;
  • des autocars ;
  • d’autres moyens de transport routier ;
  • les activités ferroviaires, fluviales, maritimes ou aériennes.

Les transports réalisés en propre ou sous-traités peuvent être pris en compte selon le périmètre étudié.

Afin d’identifier les principaux gisements d’économies, l’analyse s’appuie notamment sur :

  • les consommations ;
  • les distances parcourues ;
  • les caractéristiques du parc ;
  • le taux de chargement ;
  • l’organisation des flux ;
  • les données d’exploitation disponibles.

Audit énergétique transport obligatoire : qui est concerné en 2026 ?

Depuis le 1er octobre 2025, les anciens critères de 250 salariés, 50 millions d’euros de chiffre d’affaires ou 43 millions d’euros de bilan ne déterminent plus l’assujettissement. Le Code de l’énergie retient désormais la consommation annuelle moyenne d’énergie finale des trois années civiles précédentes.

Consommation annuelle moyenneObligationÉchéance pour les nouveaux assujettisPériodicité
< 2,75 GWhPas d’obligation d’auditAudit volontaire possible
≥ 2,75 et < 23,6 GWhAudit énergétique en l’absence de SME11 octobre 2026Tous les 4 ans
≥ 23,6 GWhSystème de management de l’énergie certifié ISO 5000111 octobre 2027Démarche continue

Ces échéances concernent les entreprises nouvellement assujetties par la réforme. Les entreprises déjà soumises à l’audit avant celle-ci doivent respecter leur propre cycle de renouvellement.

Une entreprise non spécialisée dans le transport doit-elle auditer sa flotte ?

Pas nécessairement, mais elle doit intégrer les consommations de sa flotte pour déterminer si elle franchit le seuil réglementaire.

Le calcul d’assujettissement prend en compte l’ensemble des consommations d’énergie liées aux activités de la personne morale identifiée par son SIREN, y compris l’énergie renouvelable produite et autoconsommée. L’audit doit ensuite couvrir au moins 80 % de cette consommation énergétique finale.

En ce sens, une entreprise du BTP, de maintenance, de distribution ou de services peut être assujettie à l’audit énergétique transport en raison notamment de ses consommations de carburant. Lorsque les usages transport font partie du périmètre retenu pour atteindre les 80 %, ils doivent être audités selon la NF EN 16247-4.

Ainsi, une entreprise industrielle peut combiner plusieurs domaines d’analyse, par exemple un audit énergétique de ses procédés industriels et un volet transport.

Comment se déroule un audit énergétique transport ?

La démarche d’audit énergétique transport peut être résumée en cinq étapes :

  1. Définir le périmètre : activités, modes de transport, véhicules et flux concernés ;
  2. Rassembler les données : consommations de carburant ou d’électricité, kilométrages, parc, tonnages ou voyageurs transportés, tournées et données télématiques disponibles ;
  3. Analyser les performances : consommation par véhicule ou activité, taux de charge, trajets à vide, organisation logistique ou pratiques de conduite ;
  4. Identifier les économies possibles : écoconduite, optimisation des tournées, maintenance, redimensionnement du parc, renouvellement des véhicules, électrification ou évolution des modes de transport ;
  5. Hiérarchiser les actions selon les économies attendues, leur faisabilité, les investissements nécessaires et leur rentabilité.

À partir des recommandations de l’audit, l’entreprise élabore un plan d’action et doit justifier la non-mise en œuvre des mesures dont le temps de retour sur investissement est inférieur à cinq ans.

Qui peut réaliser un audit énergétique transport ?

L’audit énergétique transport réglementaire peut être réalisé par :

  • un prestataire externe disposant d’une certification reconnue pour l’activité transport ;
  • du personnel interne à l’entreprise répondant aux critères réglementaires de compétence et d’indépendance.

Un auditeur interne ne peut notamment pas participer directement à l’activité auditée sur le site concerné.

La qualification OPQIBI 0607 « Audit énergétique et CO₂ des activités de transport de marchandises et/ou de personnes » constitue un repère spécifique pour identifier cette expertise. Elle couvre les différents modes de transport et les activités exercées en propre ou sous-traitées. Lors de la sélection du prestataire, il reste indispensable de vérifier que son signe de qualité ou sa certification est valide et adapté au domaine transport dans le cadre réglementaire applicable.

Audit énergétique transport : quel budget prévoir et quelles aides mobiliser ?

Le prix d’un audit énergétique transport dépend fortement :

  • du nombre de véhicules ;
  • des modes de transport étudiés (routier, ferroviaire, fluvial, maritime ou aérien) ;
  • de la dispersion des activités ;
  • de la complexité des flux ;
  • de la qualité des données disponibles.

Une estimation fiable nécessite donc de définir le périmètre avant de demander des devis.

Les possibilités de financement diffèrent également selon la nature du projet. Les aides ADEME accordées en 2026 pour certains audits énergétiques volontaires en industrie excluent, par exemple, les entreprises déjà soumises à l’audit réglementaire.

En revanche, les actions identifiées par l’audit peuvent bénéficier de dispositifs distincts. Certaines opérations d’efficacité énergétique dans les transports sont notamment éligibles aux CEE transport, à l’image de la fiche TRA-EQ-114 lorsque ses conditions sont remplies.

Comment intégrer le transport dans sa stratégie énergétique ?

Avant de lancer un audit transport isolé, l’enjeu consiste à :

  • calculer la consommation globale de l’entreprise ;
  • déterminer son assujettissement ;
  • identifier les usages à intégrer au périmètre des 80 %.

Opéra Énergie peut accompagner l’entreprise dans cette réflexion globale et dans la structuration de sa stratégie d’efficacité énergétique. Lorsque celle-ci nécessite la réalisation d’un audit réglementaire spécifique aux transports, un partenaire disposant des compétences et certifications adaptées peut intervenir sur ce volet, en coordination avec les autres enjeux énergétiques de l’entreprise.

Diplômée d'un master en environnement, Alexandra a exercé en tant qu'ingénieure pendant quinze ans en bureaux d'études techniques.

Depuis 2019, elle est rédactrice web spécialisée sur les sujets liés à l'énergie et au bâtiment. Spécialiste des enjeux de la transition énergétique, elle associe sa plume à son expertise technique pour rédiger des contenus qui répondent aux enjeux des entreprises et aident à la prise de décision.