La consommation d’énergie de l’industrie est évaluée à 3,4 millions de tep en 2024, soit 2 % de moins qu’en 2023 et 16 % de moins qu’en 2019. L’électricité représente 36 % de la consommation industrielle et le gaz naturel 35 %. La vapeur, le bois et les produits pétroliers complètent ce mix. Quelle est la consommation réelle de l’industrie ? Quels enjeux ?

En résumé :

  • L’industrie française a consommé 23,4 millions de tep en 2024, soit 2 % de moins qu’en 2023 et 16 % de moins qu’en 2019, selon l’Insee. L’électricité couvre 36 % de la consommation industrielle et le gaz naturel 35 %. La vapeur, le bois et les produits pétroliers complètent le mix.
  • La facture énergétique de l’industrie atteint 17,3 milliards d’euros en 2024. Elle a baissé de 24 % sur un an tout en restant 50 % au-dessus de 2019.
  • La fin de l’ARENH au 31 décembre 2025 rend les industriels plus dépendants aux marchés de gros.
  • L’électricité doit passer de 37 % à environ 45 % de la consommation finale d’énergie de l’industrie d’ici 2030, selon le ministère de la Transition écologique.

Quelle est la consommation d’énergie de l’industrie en France ?

Consommation énergie industrie

Chaque année, l’INSEE s’intéresse à la consommation d’énergie des établissements industriels de 20 salariés ou plus, soit 21 300 établissements en 2024. Ils ont consommé 23,4 millions de tonnes équivalent pétrole, en baisse de 2 % après un recul de 5 % en 2023, ce qui place l’industrie 16 % sous son niveau de 2019. L’industrie de l’Hexagone a donc engagé un mouvement de sobriété énergétique.

Pourtant, l’année 2026 marque une inflexion. RTE observe une progression de 1,9 % de la consommation de la grande industrie raccordée au réseau de transport sur les cinq premiers mois de l’année, tirée par la sidérurgie (+6,6 %) et la chimie (+2,3 %). Le budget énergie d’une industrie tend donc à repartir à la hausse.

Les chiffres clés à retenir de la consommation d’énergie dans l’industrie

  • Facture énergétique : 17,3 Md€, en baisse de 24 % sur un an.
  • Par rapport à 2019 : la facture reste 1,5 fois plus élevée, malgré une consommation d’énergie en baisse de 16 %.
  • Consommation d’énergie : 23,4 millions de tep, en baisse de 2 % en 2024, après -5 % en 2023.
  • Produits pétroliers : forte baisse de la consommation, -21 %.
  • Gaz naturel : consommation en légère hausse, +2 % ; son prix reste toutefois 2 fois plus élevé qu’en 2019.
  • Électricité : consommation quasi stable, avec une baisse de 1 %.
  • Prix de l’énergie : baisse de toutes les énergies en 2024, particulièrement pour les gros consommateurs.
  • Mix énergétique : les parts du gaz et des produits pétroliers retrouvent un niveau proche de celui de 2019, après les substitutions opérées entre 2021 et 2023. (source INSEE)

Bon à savoir : Et la consommation d’énergie industrielle dans l’Union Européenne ?

Eurostat relève une baisse de 8,1 % de la consommation énergétique de l’industrie européenne entre 2014 et 2024, pour un total de 8 835 pétajoules. L’agroalimentaire fait exception, avec une hausse de 4,7 % sur la même période et 12,8 % de la consommation industrielle de l’Union.

Quelle consommation d’énergie dans l’industrie ? Répartition par énergie

La consommation des sites industriels impliquent diverses sources d’énergie. Electricité, gaz, bois, comment cette consommation est-elle répartie ?

ÉnergiePart de la consommation industrielle en 2024
Électricité36 %
Gaz naturel35 %
Vapeur8 %
Bois5 %
Produits pétroliers4 %
Source : Insee, données 2024

Aujourd’hui dominent donc le gaz et l’électricité. Toutefois, avec le plan d’électrification des usages annoncé au printemps 2026, l’électricité devrait peu à peu prendre une place plus importante et se substituer au gaz.

Zoom sur Le plan d’électrification des usages

Présenté le 23 avril 2026 par le gouvernement Lecornu, le plan d’électrification des usages réunit 22 mesures, dont un soutien renforcé aux pompes à chaleur industrielles et aux contrats d’électricité de long terme. Le dossier de presse du ministère de la Transition écologique fixe la cible pour l’industrie : « La France vise d’augmenter la part de l’électricité dans la consommation finale énergétique de l’industrie de 37 % en 2023 à environ 45 % en 2030 et au moins 55 % en 2050 ». Cela signifie que la consommation d’électricité des sites industriels est amené a augmenté. Dans ce contexte, elles ont tout intérêt à regarder les solutions de PPA mais aussi d’autoconsommation en plus de leur contrat de fourniture d’électricité.

La facture énergétique industrielle : chiffres clés et évolution

La facture énergétique de l’industrie, hors matières premières, s’établit à 17,3 milliards d’euros en 2024. Elle a baissé de 24 % sur un an, tout en restant supérieure de 50 % à son niveau de 2019, comme le souligne l’Insee.

Cet écart tient au niveau des prix bien plus qu’aux volumes. Toujours d’après l’Insee, en 2024, le prix du MWh d’électricité industriel payé par les industriels dépasse de 64 % celui de 2019, celui du gaz est plus de deux fois supérieur (+103 %) et celui des produits pétroliers de 38 %.

Les grands enjeux de la consommation énergétique pour l’industrie

Pour l’industrie, la consommation et la facture d’énergie de l’industrie revêtent 4 grands enjeux :

  • Compétitivité. L’énergie est variable d’exploitation à part entière, au même titre que la main-d’œuvre ou les matières premières. D’où l’importance de bien choisir le contrat et d’investir dans des solutions d’efficacité énergétique.
  • Exposition au marché. L’accès régulé à l’électricité nucléaire historique a pris fin le 31 décembre 2025. Les offres indexées sur l’ARENH ont disparu. Les offres d’énergie pour l’industrie sont donc plus tributaires des marchés de gros..
  • Décarbonation des usages et des procédés industriels. Le ministère de la Transition écologique vise une part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie de l’industrie portée de 37 % en 2023 à environ 45 % en 2030, puis à 55 % au moins en 2050. L’électrification des procédés impliquera mécaniquement une hausse de la consommation à prendre en compte dans la stratégie d’achat d’énergie.
  • Conformité. Au-delà de 2,75 GWh de consommation annuelle moyenne, un audit énergétique s’impose tous les quatre ans, avec une première échéance fixée au 11 octobre 2026. Ses conclusions devront directement alimenter les plans de réduction de la consommation d’énergie en industrie.

Erreur courante : Traiter l’énergie comme un coût fixe non pilotable

L’industrie peut opter pour une stratégie d’achat dynamique. En effet, un site industriel a souvent la possibilité de décaler une partie de sa production vers les heures où l’électricité est abondante et peu chère. C’est d’autant plus intéressant que RTE a compté 407 heures à prix négatifs au premier semestre 2026. Faire appel à un courtier permet de suivre les prix de l’énergie et donc de bien identifier les opportunités du marché dans une logique d’optimisation énergétique dans l’industrie.

Comment Opéra Énergie accompagne-t-il les industriels ?

Pionnier et leader français du courtage en énergie B2B selon une étude Xerfi, Opéra Énergie accompagne 15 000 entreprises dont de nombreux sites industriels et négocie 15 TWh par an, pour 210 millions d’euros d’économies générées. Pour l’industrie, nous prenons en compte un enseble de critères ;

  • Le volume consommé chaque année. Il détermine le poids du dossier face aux fournisseurs et la marge que ceux-ci acceptent de réduire.
  • Le profil de consommation via la courbe de charge (travail posté en 2×8, 3×8, 4×8, 5×8, 6×8, 2×12).
  • Le moment de la fixation du prix. Le suivi quotidien des cotations permet de signer quand le marché le justifie, plutôt qu’à la date d’échéance du contrat en cours.

Nous travaillons avec plus de 30 fournisseurs partenaires sont consultés sur un même cahier des charges. Grâce à notre comparateur d’énergie pro, les offres reviennent plus lisibles puisque toutes présentées de la même manière. Un moyen de gagner du temps au moment de signer un nouveau contrat d’énergie pour une entreprise industrielle.

Diplômée d’un Master 2 du CELSA-Paris Sorbonne, Caroline s’est lancée comme rédactrice et chargée de communication éditoriale indépendante en 2017. Intéressée par les problématiques liées à la transition énergétique et à la mobilité, elle travaille avec Opéra Énergie depuis 2019.

Experte sur les problématiques liées à l'énergie et la rénovation énergétique, elle ambitionne à travers ses articles de faire de la pédagogie sur le marché du gaz et de l’électricité, en constante évolution.