En 2025, 13,5 TWh de biométhane ont été injectés dans les réseaux de gaz français, pour une consommation nationale de gaz portée à 350 TWh. Le gaz vert se développe pour accompagner la transition énergétique. Il permet notamment aux entreprises de verdir leur mix énergétique et de réduire leur bilan carbone.  Comment fonctionne le marché du gaz vert en France ? Comment votre entreprise peut-elle acheter du gaz vert en 2026 et à quel prix ?

En résumé

  • La France comptait 823 installations raccordées aux réseaux de gaz au 31 mars 2026, pour une capacité d’injection de 15,9 TWh par an selon les données du Service des données et études statistiques (SDES) du Ministère de la Transition énergétique.
  • Le parc a injecté 13,5 TWh de biométhane en 2025, sur une consommation nationale de gaz de 350 TWh.
  • Produire du biométhane coûte plus cher qu’importer du gaz naturel. Le tarif d’achat moyen versé aux producteurs s’établissait à 126,8 €/MWh en 2024. L’écart avec le prix de marché est comblé par la collectivité.
  • Ce soutien public représente 1 109,8 M€ de charges de service public en 2026 et 1 373,3 M€ prévus pour 2027.
  • Depuis le 1er janvier 2026, les fournisseurs de gaz doivent aussi restituer des certificats de production de biogaz, à hauteur de 1,2 TWh en 2026, 5 TWh en 2027 et 10,4 TWh en 2028. Ce coût se retrouve dans les offres de gaz naturel, vertes ou non.
  • Une entreprise achète du gaz vert soit par une offre adossée à des garanties d’origine, dont le prix de référence s’établissait à 20,23 €/MWh lors de l’enchère d’août 2026, soit par un contrat d’achat direct avec un producteur.

Qu’appelle-t-on gaz vert sur le marché de l’énergie ?

La notion de gaz vert n’est pas toujours simple à saisir. Biométhane, biogaz ou encore gaz renouvelable, de nombreux termes peuvent rendre le sujet complexe. Pour bien comprendre, il faut au préalable poser quelques éléments de définition.

Biogaz, biométhane et gaz naturel

Marché du gaz vert

Gaz vert, le biogaz est le mélange brut issu de la méthanisation de matières organiques. Ce gaz est composé de méthane pour 50 à 70 % et de dioxyde de carbone pour le reste. En l’état, il ne peut pas circuler dans les réseaux publics.

Il passe par une étape d’épuration qui élimine le CO2 et les composés indésirables pour atteindre une teneur en méthane comparable à celle du gaz naturel. Le produit obtenu porte le nom de biométhane. Il devient alors interchangeable avec le gaz fossile.

Les différences entre le biogaz et le gaz naturel tiennent donc à l’origine de la ressource et à son bilan carbone. Ces énergies peuvent servir aux mêmes finalités (chauffage, cuisson, production d’eau chaude, etc.)

Cette équivalence technique a une conséquence directe pour l’acheteur. Une fois injecté, le biométhane se mélange au reste du gaz transporté. Choisir une offre de biométhane, c’est donc participer au développement du gaz vert en France. Cela ne signifie pas forcément en consommer directement dans ses locaux professionnels.

Où en est le marché du gaz vert en France ?

En 2025, la filière du gaz vert a franchi le cap des 800 sites de production raccordés. Cependant, son rythme de croissance ralentit. Le tableau ci-dessous reprend les données du premier trimestre 2026

IndicateurSituation au 31 mars 2026
Installations raccordées823
Capacité d’injection installée15,9 TWh/an
Capacité mise en service au 1er trimestre 2026217 GWh/an
Projets en file d’attente1 227
Capacité en file d’attente20,8 TWh/an
Source : SDES, tableau de bord biométhane, premier trimestre 2026

Cette dynamique s’inscrit dans un marché du gaz en recul. La consommation française a baissé de 3 % en 2025 pour s’établir à 350 TWh, après une baisse de 5,2 % l’année précédente. La programmation pluriannuelle de l’énergie, fixée par le décret n° 2026-76 du 12 février 2026, retient un objectif de 44 TWh de biométhane en 2030, soit plus du triple des volumes injectés en 2025.

Bon à savoir : ne confondez pas capacité et production

La capacité d’injection mesure ce que le parc pourrait produire en fonctionnement continu, soit 15,9 TWh par an au 31 mars 2026. La production réelle s’établit en deçà, à 13,5 TWh en 2025, en raison des arrêts de maintenance, de la montée en charge des unités récentes et de la variabilité des intrants. L’écart entre les deux grandeurs explique une partie des écarts de chiffres publiés sur la filière.

Marché du gaz vert : comment est fixé le prix du gaz vert ?

La production du biométhane

Le coût de production du biométhane reste nettement supérieur à celui du gaz naturel importé. Selon le bilan technique et économique publié par la Commission de régulation de l’énergie en décembre 2024, le coût actualisé médian de production ressort autour de 130 €/MWh, avec un écart marqué entre les installations agricoles, proches de ce niveau, et les unités territoriales industrielles, autour de 175 €/MWh. Le tarif de rachat moyen constaté sur les installations de méthanisation s’établissait à 126,8 €/MWh en 2024.

Le prix des garanties d’origine

Pour une entreprise, le surcoût du gaz vert est aussi lié au prix des garanties d’origine. Ces certificats électroniques attestent qu’une quantité équivalente de biométhane a été injectée dans le réseau. Le pilotage des garanties d’origine sur plusieurs exercices suppose donc d’anticiper une composante de prix distincte de celle de la molécule.

Les certificats de production de biogaz

Les certificats de production de biogaz (CPB) imposent aux fournisseurs de gaz naturel de prouver l’injection de volumes de biométhane sans subvention publique. Cette obligation est adossée à un volume de biogaz à acheter qui augmente progressivement (1,2 TWh en 2026, 10,4 TWh en 2028). Si les fournisseurs ne s’en acquittent pas, ils font face à des pénalités.

Pour les entreprises, l’impact est direct : les fournisseurs répercutent ce coût dans leurs offres de fourniture, indépendamment de toute démarche volontaire, représentant environ 5 % du coût de fourniture d’ici 2028.

Marché du gaz vert : comment une entreprise peut-elle acheter du gaz vert ?

Une entreprise peut acheter du gaz vert de deux manières :

  • Souscrire un contrat de biométhane auprès d’un fournisseur de gaz vert (Engie, TotalEnergie, Ekwateur, etc.). C’est la manière la plus simple de procéder.
  • Passer par un Biomethane Purchase Agreement (BPA), équivalent gazier du PPA. L’entreprise achète directement à un producteur un volume de biométhane, à un prix négocié et sur une durée longue. Cela peut être mis en place pour des entreprises qui présentent une forte consommation de gaz.

Comment Opéra Energie accompagne-t-il les entreprises sur le marché du gaz vert ?

Choisir le gaz vert pour une entreprise implique d’avoir des connaissances sur le marché et sur les différents fournisseurs qui le structurent. Pour gagner du temps et trouver le meilleur fournisseur, les entreprises et collectivités ont tout intérêt à passer par un courtier en énergie, comme Opéra Energie. Le même raisonnement s’applique à l’électricité, dans une logique globale d’énergie verte pour entreprise.

Leader du courtage en énergie pour les professionnels, Opéra Energie a plus de  115 000 sites en portefeuille avec au total 1,7 milliard d’euros d’énergie négociés en 2025. Chaque année ce sont 20 heures gagnées en moyenne par client pour une satisfaction de 4,9/5.

Diplômée d’un Master 2 du CELSA-Paris Sorbonne, Caroline s’est lancée comme rédactrice et chargée de communication éditoriale indépendante en 2017. Intéressée par les problématiques liées à la transition énergétique et à la mobilité, elle travaille avec Opéra Énergie depuis 2019.

Experte sur les problématiques liées à l'énergie et la rénovation énergétique, elle ambitionne à travers ses articles de faire de la pédagogie sur le marché du gaz et de l’électricité, en constante évolution.