D’après la Banque Publique d’Investissement (BPI) en 2024, « la France recensait 678 unités de méthanisation qui ont injecté du biométhane, après production et épuration de biogaz, dans les réseaux de gaz naturel ». Quelle différence entre le biogaz et le gaz naturel ?

Quelles différences entre biogaz et gaz naturel ?

Différence entre biogaz et gaz naturel

Sur le plan technique, gaz naturel et biogaz partagent une composition similaire : tous deux sont principalement constitués de méthane. Il s’agit d’une molécule que l’on va brûler pour produire de la chaleur ou de l’électricité. Leurs usages sont donc largement comparables. Mais leur origine, leur impact environnemental et leur mode de production diffèrent profondément.

Le gaz naturel est une énergie fossile issue de la décomposition de matières organiques enfouies sous le sol depuis plusieurs millions d’années. Sous l’effet de la chaleur et de la pression, ces matières se transforment en hydrocarbures, puis sont extraites par forage. Résultat : une énergie non renouvelable, dont les réserves s’épuisent inexorablement. En France, presque aucun gaz naturel n’est produit localement. 98 % de la consommation repose sur des importations, ce qui expose les entreprises à une forte dépendance géopolitique et à une volatilité des prix.

Le biogaz, lui, est produit par la méthanisation. Il s’agit d’un processus de fermentation anaérobie (sans oxygène) de matières organiques fraîches, comme :

  • des effluents d’élevage,
  • des biodéchets ménagers,
  • des boues de stations d’épuration
  • des sous-produits de l’industrie agroalimentaire.

Contrairement au gaz naturel, il s’inscrit dans un cycle court du carbone incluant la photosynthèse. Il est donc considéré comme une énergie renouvelable, au même titre que le solaire ou l’éolien. Il dispose d’un avantage notable : sa production n’est pas intermittente.

Quelle différence entre biométhane, biogaz et gaz naturel ?

Un point de vocabulaire s’impose ici, souvent source de confusion.

Le biogaz brut, tel qu’il sort du méthaniseur, est un mélange composé à 50-70 % de méthane, complété par du dioxyde de carbone (CO2), du sulfure d’hydrogène (H2S) et diverses traces d’azote et d’ammoniac. Ce gaz peut être valorisé directement sur site : on le brûle pour produire de la chaleur ou de l’électricité via la cogénération. En revanche, il ne peut pas être injecté tel quel dans le réseau de distribution de gaz.

Pour ce faire, il doit être épuré par désulfuration, déshydratation et décarbonation. Il devient alors du biométhane : un gaz vert qui présente exactement la même composition que le gaz naturel et peut donc être injecté dans les réseaux gérés par GRDF. Une fois dans le réseau, il alimente les bâtiments raccordés sans aucune modification des équipements existants.

Qu’est-ce que le gaz vert ?

Le terme « gaz vert » est quant à lui un terme générique désignant toutes les formes de gaz renouvelable, dont le biométhane constitue aujourd’hui la principale source en France.

Zoom sur les garanties d’origine et les CPB

Pour attester qu’un professionnel a souscrit réellement une offre de gaz renouvelable, deux mécanismes existent :

  • Les Garanties d’Origine (GO) sont des certificats électroniques qui certifient qu’une quantité équivalente de gaz vert a bien été injectée dans le réseau pour chaque kWh de biométhane consommé. Attention : ce dispositif ne garantit pas que le gaz qui arrive physiquement dans l’entreprise est vert, mais il assure que la quantité consommée est compensée par une injection équivalente dans le réseau. Il contribue ainsi au développement de la filière biogaz nationale.
  • Les certificats de production de biométhane (CPB), quant à eux, permettent aux producteurs de biométhane de bénéficier d’un tarif d’achat réglementé pour le gaz injecté dans le réseau, sur une durée de 15 ans. Ce dispositif vise à sécuriser l’investissement dans de nouvelles unités de méthanisation. Il a été mis en place en 2026.

En quoi le biogaz est-il plus propre que le gaz naturel ?

L’avantage environnemental du biogaz est significatif. Selon les données de la base Carbone de l’ADEME, le contenu carbone du biométhane produit en France est en moyenne de 44 g CO2 équivalent par kWh PCI, soit environ cinq fois inférieur à celui du gaz naturel. À titre de comparaison, 1 kWh de biométhane injecté dans le réseau permet d’éviter l’émission d’environ 200 g d’équivalent CO2 par rapport à l’utilisation de gaz fossile.

Au-delà des émissions directes, la méthanisation présente d’autres atouts écologiques. Elle capte le méthane naturellement dégagé par la décomposition des déchets organiques, un puissant gaz à effet de serre 25 fois plus nocif que le CO2. Elle valorise également les sous-produits agricoles et alimentaires en les transformant en énergie et en digestat, un fertilisant naturel qui peut remplacer les engrais chimiques.

Les entreprises peuvent-elles souscrire une offre de biogaz ?

Oui, et c’est plus simple qu’on ne le croit. La transition vers le biogaz ne nécessite aucune modification des équipements de l’entreprise ni de la copropriété. Le réseau de distribution géré par GRDF est commun pour le gaz naturel et le biométhane : une fois injecté, ce dernier se comporte exactement comme le gaz fossile. Les chaudières, brûleurs industriels et systèmes de cogénération fonctionnent de manière identique, quelle que soit l’origine du gaz.

Pour passer à une offre de gaz vert, il suffit de souscrire un contrat auprès d’un fournisseur proposant du biométhane certifié par des Garanties d’Origine. Les offres disponibles sur le marché varient selon la proportion de biométhane incluse (de 5 % à 100 %), le prix au kWh et les conditions contractuelles. Cette démarche s’inscrit directement dans une stratégie RSE et permet à l’entreprise de réduire son empreinte carbone de manière traçable et certifiée.

Faire appel à un courtier en énergie pour trouver la meilleure offre de gaz vert

Face à la multiplication des offres de gaz vert sur le marché, identifier celle qui correspond le mieux aux besoins d’une entreprise ou d’une copropriété n’est pas toujours simple.

C’est là qu’intervient le recours à un courtier en énergie comme Opéra Energie. En tant qu’expert du marché gazier, il analyse les consommations du client, compare les offres des fournisseurs et négocie les meilleures conditions contractuelles, qu’il s’agisse d’un contrat de gaz naturel classique ou d’une offre de biométhane. Il peut aussi vous aider à trouver un contrat d’électricité verte.

Diplômée d’un Master 2 du CELSA-Paris Sorbonne, Caroline s’est lancée comme rédactrice et chargée de communication éditoriale indépendante en 2017. Intéressée par les problématiques liées à la transition énergétique et à la mobilité, elle travaille avec Opéra Énergie depuis 2019.

Experte sur les problématiques liées à l'énergie et la rénovation énergétique, elle ambitionne à travers ses articles de faire de la pédagogie sur le marché du gaz et de l’électricité, en constante évolution.