Fiscalité de l’électricité, énergies renouvelables, rénovation énergétique : la partie « recettes » du budget 2026, adoptée via l’article 49.3, suscite de vives critiques
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu annonçant l'utilisation de l'article 49.3 pour la partie recette du budget. Le mardi 20 janvier 2026.

Fiscalité de l’électricité, énergies renouvelables, rénovation énergétique : la partie « recettes » du budget 2026, adoptée via l’article 49.3, suscite de vives critiques de la part des associations environnementales. Celles-ci dénoncent des arbitrages jugés incohérents avec l’urgence climatique et les objectifs affichés de sortie des énergies fossiles.

Une fiscalité toujours défavorable à l’électricité, au détriment de la rénovation énergétique

Alors que le gouvernement présente l’électricité comme un levier central de décarbonation et d’indépendance énergétique, celle-ci demeure plus fortement taxée que le gaz. Une situation qui pourrait se prolonger après l’adoption d’un amendement supprimant le rapprochement des fiscalités de l’électricité et du gaz sur les factures d’énergie, pourtant validé en première lecture au Sénat.

Pour les acteurs de la transition, ce choix constitue un signal négatif, notamment pour la rénovation performante des logements. « Le fait que l’électricité soit plus chère que le gaz est toujours un problème, notamment sur la rénovation performante des logements. Il ne faut pas pousser à la précarité énergétique, mais le gouvernement ferme les guichets des crédits à MaPrimeRénov’ », alerte Émeline Notari, responsable du programme finances de la transition écologique au sein de Réseau action climat. « Sortir de la précarité énergétique nécessite un dispositif cohérent dans son ensemble », ajoute-t-elle.

Photovoltaïque : le doublement de l’Ifer menace des milliers de centrales avant 2021

Autre mesure très critiquée : le doublement du taux de l’Imposition forfaitaire des entreprises de réseaux (Ifer) sur les centrales photovoltaïques mises en service avant 2021. Une décision qui fait bondir la filière solaire, déjà fragilisée par l’instabilité réglementaire. « Cela revient à torpiller rétroactivement le modèle économique de milliers de centrales », dénonce Jules Nyssen, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), « y compris celles dans lesquelles ont investi des agriculteurs et des collectivités locales ». Il évoque « une destruction de valeur a posteriori » et une remise en cause de la parole de l’État, au moment même où Emmanuel Macron défend à l’international l’Union européenne comme un sanctuaire de l’État de droit. « La France ferait-elle exception ? », interroge-t-il dans une publication sur LinkedIn.

Seul amortisseur à court terme : la mesure n’entrera en vigueur qu’à partir de 2027 et jusqu’en 2029, afin de tenir compte de l’adoption tardive du projet de loi de finances.

« Des économies de bouts de chandelle »

Malgré quelques avancées ponctuelles, notamment sur les PFAS ou la fiscalité de l’artificialisation des sols, le Réseau Action Climat dresse un constat sévère. « Cela fait deux budgets que la transition écologique est dans une forme d’immobilisme, voire de recul », souligne Émeline Notari. « On fait des économies de bouts de chandelle sur la transition écologique, alors que ces économies, on va les payer trois ou quatre fois plus cher dans les années à venir », prévient-elle, pointant le décalage croissant entre les attentes des Français et les choix budgétaires de l’État.

Source : AFP

Giovanni Djossou, journaliste spécialisé
Giovanni Djossou Journaliste spécialisé

Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.