Quelques jours après la publication de la Programmation pluriannuelle de l’énergie, le gouvernement assume un cap d’investissements massifs dans les infrastructures électriques. Objectif affiché : préserver la souveraineté énergétique et éviter de futures hausses de prix.
200 milliards d’euros pour éviter « des augmentations de prix »
La semaine dernière, les entreprises de la filière électrique, s’alarmant d’une future hausse des prix de l’électricité, réclamaient une baisse drastique de l’accise. Dimanche, Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a réaffirmé que les investissements prévus dans les infrastructures énergétiques visent avant tout à contenir les prix de l’électricité, précisément : « La raison pour laquelle on investit, c’est justement pour éviter des augmentations de prix, c’est pour qu’on puisse transformer plus d’électricité, c’est pour qu’on puisse produire plus d’électricité », a-t-il déclaré sur BFMTV. Le ministre a souligné l’état vieillissant du réseau français : « On a aujourd’hui des réseaux de distribution qui datent de l’après-guerre, dans lesquels il faut investir », a-t-il insisté.
Interrogé sur le coût global de la PPE, Roland Lescure a évoqué les 200 milliards d’euros d’investissements programmés par RTE et Enedis. Ces montants doivent être consacrés aux réseaux, aux lignes à haute tension ainsi qu’au transport et à la distribution d’électricité. Face aux critiques, il a répondu sans détour : « Toutes celles et ceux qui nous font des procès en disant qu’on investit pour augmenter les prix se mettent le doigt dans l’œil ».
Le ministre a également mis en perspective la facture énergétique actuelle : « On peut continuer à acheter 60 milliards (64 milliards d’euros en 2024, ndlr) d’hydrocarbures partout dans le monde, sauf chez nous, ou on peut décider d’investir dans une alternative », rappelant que « l’alternative, c’est de l’électricité fabriquée en France ».
la PPE 2025–2035 vise souveraineté et décarbonation
Dévoilée jeudi, la troisième PPE fixe la trajectoire énergétique de la France à l’horizon 2035. Elle entend répondre à un double impératif : renforcer la souveraineté énergétique du pays et accélérer sa décarbonation.
Le gouvernement met notamment l’accent sur la relance de la consommation d’électricité décarbonée, en particulier d’origine nucléaire, rompant avec la précédente PPE (2019-2024) qui prévoyait la fermeture de 14 réacteurs. Cette nouvelle feuille de route acte au contraire une relance massive du nucléaire, énergie bas carbone mais techniquement et financièrement exigeante.
Parallèlement, l’exécutif mise sur une accélération de l’éolien en mer, tandis que les objectifs pour l’éolien terrestre et le solaire ont été revus à la baisse par rapport à la version soumise à consultation publique en mars.
Roland Lescure a exclu tout « moratoire » sur les éoliennes. « Il y a des régions dans lesquelles il n’y en aura pas plus parce qu’il y en a déjà beaucoup », a-t-il précisé, ajoutant que d’autres territoires seront mis à contribution. Il cite notamment le Grand Ouest, où le parc est moins dense que dans les Hauts-de-France. L’objectif affiché : augmenter la production d’énergie d’« un huitième » grâce à de nouvelles éoliennes, « essentiellement dans des régions dans lesquelles il n’y en a pas ». Le ministre a également évoqué le remplacement d’anciennes installations par des équipements plus puissants.
Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.