Les acteurs de la filière électrique estiment que la réussite du plan d’électrification dépendra d’un signal fiscal fort.

Malgré leur soutien à la nouvelle feuille de route énergétique, les acteurs de la filière électrique estiment que la réussite du plan d’électrification dépendra d’un signal fiscal fort. Au cœur des débats : une électricité taxée 2,5 fois plus que le gaz.

Créer « un environnement réellement favorable à l’électrification »

Les fédérations représentant les filières électriques accueillent favorablement la publication de la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), présentée jeudi 12 février par le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Le texte met l’accent sur la relance de la consommation d’une électricité décarbonée, appelée à remplacer des énergies fossiles coûteuses à importer.

Mais pour ces acteurs, l’ambition affichée ne pourra se concrétiser sans un ajustement majeur de la fiscalité. La transition énergétique « suppose un véritable choc fiscal, impliquant une baisse de la fiscalité pesant sur l’électricité, levier qui relève pleinement de la compétence constitutionnelle du Parlement », estime l’Union française de l’électricité (UFE).

Même son de cloche du côté de la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (FIEEC), qui souligne que « des décisions ambitieuses, notamment fiscales et réglementaires, seront nécessaires pour faire de la France un environnement réellement favorable à l’électrification », écrit la FIEEC.

Une accise à 0,5 €/MWh pour les entreprises

Au cœur des revendications figure l’accise sur l’électricité, principale taxe appliquée en France. Fixée à 25 euros le MWh, elle est bien supérieure à celle du gaz, établie à 10 euros par MWh. « C’est donc 2,5 fois plus cher », souligne Teoman Bakoglu, délégué général adjoint de la FIEEC. Selon lui, il n’existe pas aujourd’hui en France « une fiscalité favorable à l’électrification des usages (…) Une entreprise ou un foyer qui est électrifié, pour son chauffage ou sa cuisson, paye 2,5 fois plus de taxes qu’un foyer qui est au gaz », poursuit-il. Avant d’ajouter : « Il faut améliorer ça. Ce sont des décisions qui seront difficiles mais qui doivent être prises » pour assurer la réussite du plan gouvernemental.

Le SERCE, le GIMELEC et le SYCABEL plaident ainsi pour un alignement sur la recommandation à venir de la Commission européenne : neutralisation de l’accise pour les ménages (0 €/MWh) et réduction à 0,5 €/MWh pour les entreprises.

Dans le même temps, le gouvernement a retenu un amendement dans le budget 2026 supprimant le rapprochement de la fiscalité entre électricité et gaz sur les factures d’énergie — une mesure qui avait pourtant été adoptée en première lecture au Sénat.

Pour les filières, l’enjeu est clair : sans réforme fiscale, l’électrification risque de rester une ambition stratégique davantage qu’une réalité économique.

Source : AFP

Giovanni Djossou, journaliste spécialisé
Giovanni Djossou Journaliste spécialisé

Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.