L’Agence internationale de l’Energie (IEA) a publié son analyse des marchés gaziers européens depuis le début de l’année et livre ses recommandations pour les mois à venir.

Des marchés gaziers marqués par la volatilité

Début 2025, les marchés gaziers européens ont connu une forte volatilité, avec des prix atteignant leur plus haut niveau depuis deux ans, exacerbant les tensions pour entreprises, consommateurs et gouvernements.

Le prix du gaz TTF (référence européenne), autour de 47 EUR/MWh, reste inférieur aux niveaux de crise de 2022 mais est encore deux fois plus élevé qu’avant la guerre en Ukraine.

L’IEA en rappelle les raisons : « un approvisionnement en gaz naturel resserré en raison de l’arrêt du transit du gazoduc russe par l’Ukraine depuis janvier 2025 » ainsi que le « retour à des conditions hivernales moyennes (après deux hivers plus doux que d’habitude) » ce qui a entraîné une augmentation des retraits des installations de stockage de gaz.

Déjà, fin novembre 2024, un phénomène climatique appelé « Dunkelflaute », avec moins de soleil et de vent sur une période de 15 jours, avait nécessité une consommation accrue de gaz pour maintenir l’approvisionnement en électricité.

Globalement, bien que l’offre mondiale de GNL augmente grâce aux capacités de l’Amérique du Nord, les tensions persisteront, estime l’Agence internationale de l’Energie.

Attention à la pression haussière

Le faible niveau de stockage de gaz de l’UE (24 milliards de m³, soit 36 % de moins qu’en 2024) pousse dès maintenant les prix à la hausse. Pour combler ce déficit avant l’hiver prochain, des importations massives de GNL seront nécessaires, ce qui augmentera la pression sur les marchés.

Or, depuis 2022, les prix élevés du gaz ont alimenté l’inflation, augmenté le coût de la vie et aggravé la précarité énergétique, souligne le document.

Les industries européennes souffrent, avec des prix du gaz pour les consommateurs industriels 30 % plus élevés qu’en Chine et cinq fois plus élevés qu’aux États-Unis.

L’IEA met ainsi en lumière combien « La hausse des prix du gaz et ses répercussions générales ont compliqué les efforts déployés par les gouvernements pour garantir aux citoyens et aux entreprises un approvisionnement en énergie fiable et abordable ».

Pourtant, la Commission européenne et les gouvernements ont instauré diverses mesures pour maîtriser la volatilité du marché du gaz et protéger les consommateurs – soutien financier, obligations de stockage, objectifs de réduction de consommation et mécanisme d’achat commun.

Malgré quelques goulets d’étranglement, l’Europe a également pu diversifier ses approvisionnements grâce à un réseau gazier performant et d’importantes infrastructures de GNL, évitant ainsi les pénuries malgré une chute de 50 % des flux russes en 2022.

Parallèlement, l’ajout de 250 GW de capacités renouvelables, la vente de 8 millions de pompes à chaleur et des progrès en efficacité énergétique ont significativement freiné la demande de gaz, notamment dans le secteur de l’électricité et durant la haute saison de chauffage.

Le gaz reste essentiel pour la sécurité énergétique européenne

La demande de gaz pour la production d’électricité en Europe a diminué de 8 % en 2024, marquant la cinquième année consécutive de baisse. Cependant, l’IEA appelle à la vigilance.

« Malgré ces signes évidents de déclin structurel, le gaz reste essentiel pour la sécurité énergétique du continent, notamment en fournissant une production d’électricité flexible pour compléter les énergies renouvelables variables telles que le solaire et l’éolien. » 

Face à l’incertitude géopolitique et économique, l’Europe entre dans une année difficile avec des niveaux de stockage de gaz inférieurs à la moyenne.

Les marchés mondiaux ne devraient s’assouplir qu’après 2026, avec l’arrivée de nouveaux projets GNL majoritairement aux États-Unis et au Qatar, augmentant d’ici 2030 la capacité mondiale d’exportation de GNL de près de 50 %. « Si les projets respectent les calendriers annoncés. »

« Mais attendre ce nouvel approvisionnement n’est pas une stratégie viable pour les économies européennes confrontées aujourd’hui à des prix du gaz élevés. » alerte l’IEA. Les gouvernements européens doivent intensifier l’amélioration de l’efficacité énergétique, diversifier leurs sources d’énergie et renforcer la flexibilité des systèmes électriques. Parallèlement, il est crucial de sensibiliser les citoyens aux avantages de ces mesures, qui renforcent à la fois la sécurité énergétique et l’accessibilité financière.

Enfin, pour stabiliser l’approvisionnement, l’Europe devrait privilégier des contrats à long terme et renforcer le partenariat transatlantique dans le commerce du GNL.

Charlotte Martin Responsable Communication

Sophie-Charlotte MARTIN, Conceptrice-Rédactrice spécialisée

Titulaire d'un master 2 en Lettres Classiques, complété d'un master 2 en Communication et d'un cycle web marketing à la CCI de Lyon, Sophie-Charlotte est intervenue sur des sujets aussi B2C que B2B, on et off line.

Régulièrement confrontée aux problématiques tertiaires et industrielles, elle s'est spécialisée en énergie. Aujourd'hui, elle garantit au quotidien la direction et la production éditoriale de l'entreprise. Sophie-Charlotte MARTIN est Responsable éditoriale d'Opéra Energie.