Des vagues de froid font grimper le prix du gaz naturel à des sommets inédits depuis plusieurs mois, voire plusieurs années.

Les marchés de l’énergie évoluent à contre-courant. Tandis que des vagues de froid font grimper le prix du gaz naturel à des sommets inédits depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, le pétrole reflue, porté par un net apaisement des tensions géopolitiques et une offre jugée abondante par l’AIE.

5,58 $ aux États-Unis et des stocks européens inférieurs de 13 % aux normes saisonnières

Le prix du gaz naturel s’est envolé jeudi sous l’effet de conditions météorologiques particulièrement rigoureuses, tant en Amérique du Nord qu’en Europe. « Les prix du gaz naturel aux États-Unis ont fortement progressé dans un contexte de conditions météorologiques glaciales à travers le pays, soutenant la demande de chauffage et ravivant les inquiétudes concernant d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement », analyse Warren Patterson, analyste chez ING. Conséquence directe, le gaz naturel américain a atteint un plus haut depuis 2022, culminant à 5,578 dollars par MBTU.

En Europe, la situation est également tendue. De nouveaux épisodes de froid sont attendus, accentuant les craintes sur l’équilibre du marché. « Les stocks européens étant déjà bien en dessous des normes saisonnières (-13 % par rapport à la moyenne 2016-2025), le risque hivernal est d’autant plus élevé », souligne Ole R. Hvalbye, analyste chez Seb.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, référence du marché européen, a ainsi atteint 41,915 euros le mégawattheure, un plus haut depuis juin, avant de refluer en cours de séance. Vers 15h00 GMT, le gaz européen cédait 3,34 %, à 37,90 euros le MWh, dans le sillage de la baisse des cours pétroliers.

Pétrole : le Brent à 64,24 $ sur fond d’apaisement géopolitique et d’offre abondante

À l’inverse du gaz, le pétrole recule, porté par un climat géopolitique plus serein. Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, perdait 1,53 % à 64,24 dollars, tandis que son équivalent américain, le West Texas Intermediate, gagnait 1,52 % à 59,70 dollars.

Cette détente s’explique notamment par les signaux envoyés par Washington. Après plusieurs semaines de déclarations offensives, le président américain a annoncé, lors du Forum économique mondial, « le cadre d’un futur accord » concernant le Groenland, levant à la fois ses menaces douanières et militaires. Il a également assuré que l’Iran souhaitait entamer des discussions avec les États-Unis. Les tensions géopolitiques « se sont apaisées », estiment ainsi les analystes de DNB Carnegie.

Par ailleurs, l’AIE juge toujours la production pétrolière mondiale abondante dans son dernier rapport mensuel, malgré une croissance de la demande attendue plus soutenue en 2026 qu’en 2025. À cela s’ajoute le débat en cours au Parlement vénézuélien sur une réforme du secteur pétrolier. « Si elle est mise en œuvre, elle mettra fin au monopole d’État », notent les analystes de DNB Carnegie, ouvrant la voie à une production accrue grâce à l’entrée d’acteurs privés.

Source : AFP

Giovanni Djossou, journaliste spécialisé
Giovanni Djossou Journaliste spécialisé

Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.