La vague de froid hivernale rappelle le rôle central du gaz dans l’équilibre énergétique français. Entre chauffage des logements, soutien au système électrique et gestion des stocks, la hausse des consommations souligne à la fois la robustesse du réseau gazier et les défis de la transition énergétique.
125 GW appelés par le gaz : le chauffage au cœur des pics hivernaux
La France connait sa plus grande vague de froid en presque 15 ans (février 2012). Avec plus de 10 millions de logements chauffés au gaz en France, la baisse des températures se traduit mécaniquement par une envolée des consommations. Mardi 6 janvier au matin, « la puissance d’énergie fournie par le gaz a atteint 125 GW, un niveau jamais observé au cours des trois dernières années », indiquait GRDF. Si ce pic reste en deçà du record de 158 GW atteint en 2018, il confirme la solidité du système gazier français face aux épisodes de froid.
Au-delà du chauffage résidentiel et collectif, le gaz joue aussi un rôle clé dans la production d’électricité. Les centrales à cycles combinés gaz (CCGT) sont mobilisées pour répondre aux pointes de demande hivernales. Une réalité qui complique la sortie rapide des énergies fossiles, pourtant affichée comme priorité par le gouvernement pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et renforcer la souveraineté énergétique.
« Aujourd’hui, nous sommes dans un système énergétique majoritairement couvert par le gaz », rappelle Thierry Foix, directeur relation clientèle, dans les colonnes du Figaro. « Quelque 127 GW proviennent du gaz et 90 GW de l’électricité, dont 8 GW issus des centrales à cycles combinés gaz », détaille-t-il. Selon lui, électrifier l’ensemble des usages aujourd’hui assurés par le gaz impliquerait « de produire au moins 100 GW d’électricité supplémentaires quand il fait froid », soit l’équivalent d’une centaine de réacteurs nucléaires. « Le système électrique est au maximum de ses capacités, alors que le système gazier dispose encore d’une marge de manœuvre », ajoute-t-il.
Stocks à 54 % et gaz vert à 2 GW : sécurité d’approvisionnement et transition en marche
Côté approvisionnement, les stocks de gaz en France sont remplis à 54 %, un niveau proche de celui de l’an dernier mais nettement inférieur aux près de 80 % observés en 2024 à la même période. Une situation qui n’inquiète pas les acteurs du secteur. Elle reflète un retour à une gestion plus “normale” des stocks depuis le choc provoqué par l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
L’Europe a en effet diversifié ses sources, s’appuyant davantage sur le gaz norvégien et sur le gaz naturel liquéfié américain. Plus coûteux que le gaz acheminé par gazoduc, ce dernier offre toutefois un avantage majeur : une disponibilité abondante et flexible, permettant de réduire la dépendance à des niveaux de stockage très élevés.
Parallèlement, la production de gaz vert progresse. « Les producteurs de biométhane apportent aujourd’hui 2 GW de puissance », souligne Thierry Foix. Cette capacité devrait être multipliée par cinq d’ici 2030, afin de couvrir 20 % des consommations de gaz, avant d’atteindre 100 % en 2050, dans un contexte où la demande globale devrait reculer. Reste un obstacle majeur : le coût. Le biométhane demeure encore deux à trois fois plus cher que le gaz naturel, freinant pour l’instant son déploiement massif.
Source : Le Figaro
Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.