Pour l'Agence internationale de l'énergie, la sécurité énergétique doit être pleinement intégrée aux priorités de sécurité nationale.
Fatih Birol (à gauche) en compagnie d’Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne (centre) et Dan Jorgensen, commissaire européen à l’énergie et au logement (à droite) ; lors d’une rencontre à Bruxelles en décembre 2025.

Face à la montée des tensions géopolitiques et à une demande énergétique mondiale en forte croissance, la question de l’énergie dépasse désormais le seul champ économique. Pour Fatih Birol, directeur général de l’AIE, la sécurité énergétique doit être pleinement intégrée aux priorités de sécurité nationale.

Multiplication inédite des risques géopolitiques autour de l’énergie

Intervenant au Forum économique mondial de Davos, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie a alerté sur la dégradation rapide de l’environnement énergétique mondial : « l’énergie et la géopolitique ont toujours été intimement liées », a rappelé Fatih Birol lors d’un débat consacré aux grands équilibres de la sécurité énergétique.

Selon lui, les menaces se sont accrues à un niveau jamais observé jusqu’ici. « Je n’ai jamais vu les risques liés à la sécurité énergétique se multiplier à ce point, ni l’ombre menaçante que la géopolitique et le secteur énergétique dans son ensemble projettent sur la sécurité énergétique », a-t-il souligné. Dans ce contexte, Fatih Birol estime que l’énergie ne peut plus être traitée comme une simple variable économique. « La sécurité énergétique devrait, à mon sens, être aujourd’hui considérée comme un enjeu de sécurité nationale », a-t-il insisté, alors que la demande énergétique progresse dans toutes les régions du monde.

« Nous entrons dans l’ère de l’électricité », Fatih Birol

Une demande d’électricité en forte accélération

Au-delà des tensions géopolitiques, la transformation rapide des usages énergétiques renforce les enjeux de souveraineté. Si le pétrole et le gaz resteront « essentiels » dans les années à venir, Fatih Birol souligne que « la demande d’électricité connaît la croissance la plus impressionnante », avec un rythme trois fois supérieur à celui de la demande énergétique globale. « Nous entrons dans l’ère de l’électricité », a-t-il martelé.

Cette dynamique est notamment portée par l’essor des centres de données, la généralisation de la climatisation dans un contexte de réchauffement climatique, ainsi que par la voiture électrique, qui représente désormais « un quart des voitures vendues dans le monde », selon le directeur de l’AIE.

x3 La croissance de la demande d’électricité mondiale est trois fois supérieure à celle de la demande énergétique globale.

Dans ce cadre, la volonté croissante des États de produire leur propre énergie favorise le développement du nucléaire et des énergies renouvelables. Fatih Birol observe également une évolution dans les relations internationales : « Les États s’intéressent désormais à la fiabilité de leurs partenaires sur le long terme » lors de la signature d’accords énergétiques, et plus uniquement aux considérations financières immédiates.

Giovanni Djossou, journaliste spécialisé
Giovanni Djossou Journaliste spécialisé

Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.