Grâce au redressement de son parc nucléaire, la France aborde l’hiver dans de meilleures conditions qu’au cours des années précédentes.
Aujourd’hui, 49 réacteurs nucléaires sur 57 sont connectés au réseau.

Grâce au redressement de son parc nucléaire, la France aborde l’hiver dans de meilleures conditions qu’au cours des années précédentes. La hausse de la production, rendue possible par une gestion plus efficace des arrêts de maintenance, réduit les risques de tension sur l’approvisionnement malgré un épisode de froid marqué.

56 GW disponibles et 49 réacteurs en service : le nucléaire au plus haut depuis 2019

La France semble en mesure de traverser l’hiver sans difficulté majeure d’approvisionnement électrique. La semaine dernière, la capacité de production nucléaire effectivement en fonctionnement a atteint un niveau inédit depuis 2019, dépassant les 56 gigawatts le 31 décembre. Un renfort bienvenu au moment où une vague de froid, la plus marquée depuis quinze ans, fait grimper la consommation dans un pays où le chauffage électrique occupe une place centrale.

Aujourd’hui, 49 réacteurs nucléaires sur 57 sont connectés au réseau. « Tout est pensé pour que le maximum de réacteurs produisent [sic] en hiver. Les arrêts de maintenance programmés, dont les visites décennales, démarrent plutôt à partir du printemps », explique une porte-parole d’EDF.

Ce regain de production marque surtout un retour progressif à la normale après plusieurs années difficiles. « La France part d’une situation qui, depuis 2022, était très mauvaise sur le nucléaire, avec une crise de la corrosion sous contrainte notamment », rappelle Emeric de Vigan, analyste chez 42 Advisors, dans les colonnes des Echos. « Cette crise a été réglée. EDF a mis en place le programme Start pour améliorer la gestion des arrêts de tranche. Et Flamanville 3 commence à produire un peu, ce qui fait quelques centaines de mégawatts supplémentaires », ajoute-t-il.

Production attendue à 365-375 TWh, en 2025

Au cœur de ce redressement figure le programme Start, lancé en 2019, qui vise à optimiser le calendrier et la durée des arrêts de maintenance. Les résultats commencent à se faire sentir. En octobre, EDF a revu à la hausse ses prévisions de production pour 2025, désormais attendue entre 365 et 375 térawattheures, contre 350 à 370 TWh initialement. Cette dynamique permet à la France d’assurer plus facilement sa consommation intérieure tout en augmentant ses exportations d’électricité vers ses voisins.

Même si la production n’atteint pas encore un record historique, elle retrouve son niveau d’avant la crise sanitaire, souligne une source chez RTE. EDF parvient également à limiter l’impact des opérations de maintenance : « À fin septembre, 18 arrêts sur 33 ont été plus courts qu’anticipés en 2025 », indique l’électricien dans un communiqué.

La vigilance reste toutefois de mise. En 2026 et 2027, EDF anticipe une production comprise entre 350 et 370 TWh, légèrement inférieure à celle de 2025, en raison de la poursuite du grand carénage, vaste programme destiné à renforcer la sûreté des centrales et à prolonger leur durée de vie jusqu’à 60 ans. Après les réacteurs de 900 MW, les unités de 1 300 MW sont désormais concernées, à commencer par la centrale de Paluel, en Normandie.

Côté consommation, la situation demeure gérable malgré le froid. La demande a frôlé les 90 GW en début de semaine, mais devrait se situer entre 80 et 84 GW dans les prochains jours, selon RTE. « Nous sommes malgré tout assez loin des pointes de consommation qu’on a pu observer par le passé », souligne une porte-parole de RTE. L’entreprise rappelle que la consommation française reste « inférieure, pour la troisième année consécutive, d’environ 6 % à ses niveaux de la période 2014-2019 », un facteur clé pour absorber la pointe hivernale sans tension majeure sur le système électrique.

Sources : Les Echos, RTE

Giovanni Djossou, journaliste spécialisé
Giovanni Djossou Journaliste spécialisé

Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.