La future PPE3 devrait acter un ralentissement du développement de l’éolien terrestre et du solaire, tout en réaffirmant la priorité donnée au nucléaire et à l’éolien en mer.
Roland Lescure, ministre de l'Economie et de la Souveraineté énergétique, lors des questions au gouvernement, à l'Assemblée nationale - le 3 février 2026.

Moins d’électricité consommée que prévu, une électrification qui patine et des arbitrages industriels lourds à opérer : la future Programmation pluriannuelle de l’énergie devrait acter un ralentissement du développement de l’éolien terrestre et du solaire, tout en réaffirmant la priorité donnée au nucléaire et à l’éolien en mer.

Une électrification en retard malgré une électricité décarbonée à 95 %

Attendue depuis plus de deux ans, la prochaine feuille de route énergétique de la France pour la décennie à venir devrait être dévoilée « dans les prochains jours », selon le ministre de l’Économie Roland Lescure. Sa publication a été retardée par de profondes divergences politiques sur l’équilibre à trouver entre nucléaire et énergies renouvelables. Interrogé sur RMC BFMTV, le ministre a reconnu que le gouvernement envisageait de « lever le pied » sur le déploiement de l’éolien terrestre et du solaire. En cause : une électrification des usages plus lente qu’anticipé et une consommation d’électricité inférieure aux projections initiales.

Ce diagnostic rejoint celui du gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE, qui pointe dans son bilan prévisionnel publié en décembre un « retard » dans la dynamique d’électrification. Pourtant, souligne RTE, la France dispose d’un avantage « quasi-unique en Europe » avec une production d’électricité déjà décarbonée à 95 %, grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables. Un atout stratégique majeur pour réduire la dépendance aux énergies fossiles importées (pétrole et gaz) qui pèsent lourdement sur la balance commerciale française.

« Ce n’est pas notre objectif que d’interrompre le développement de filières industrielles qui contribuent à la décarbonation de la France », Roland Lescure

Cap maintenu sur les grands projets industriels

Dans ce contexte, l’exécutif entend rééquilibrer ses priorités d’investissement. La future PPE mettra en avant des « investissements majeurs » dans le nucléaire, avec la construction annoncée de six nouveaux réacteurs, ainsi que dans l’éolien offshore, soutenu par des filières industrielles structurantes. « Il faut équilibrer tout ça : du nucléaire, de l’éolien marin, du terrestre également, du solaire, mais sans doute moins qu’initialement prévu », a précisé Roland Lescure.

Pour accompagner cette trajectoire, le gouvernement prévoit la publication d’un « grand plan d’électrification des usages », mobilité, bâtiment et industrie dans les prochaines semaines, une fois le Budget définitivement adopté : « On va investir dans l’offre, mais aussi dans la demande », a assuré le ministre sur RMC BFMTV.

À l’Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a tenu à rassurer les élus écologistes en excluant tout moratoire sur le renouvelable : « Ce n’est pas notre objectif que d’interrompre le développement de filières industrielles qui contribuent à la décarbonation de la France », a également souligné Roland Lescure devant les députés.

Selon lui, la souplesse du mix énergétique permettra d’« accélérer ou ralentir l’installation de capacités en fonction de la demande », en distinguant les grands projets industriels (nucléaire et éolien en mer) des installations plus locales, comme l’éolien terrestre et le solaire.

Source : AFP

Giovanni Djossou, journaliste spécialisé
Giovanni Djossou Journaliste spécialisé

Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.