Une dérive de consommation peut se produire sur un équipement, une zone ou pendant certaines périodes sans apparaître clairement sur la facture d’énergie mensuelle. Pour agir, une entreprise doit disposer de données suffisamment précises qu’elle sait interpréter. Faut-il alors simplement suivre ses consommations, mettre en place un monitoring, installer une GTB ou s’orienter vers une supervision énergétique plus complète ? Ce choix stratégique dépend des informations dont les professionnels ont besoin pour guider leurs décisions et du niveau de pilotage recherché.

À retenir sur la supervision énergétique

La supervision énergétique devient pertinente lorsque les données collectées permettent de détecter des dérives et de déclencher des actions adaptées. Son dimensionnement doit partir des besoins réels de l’entreprise, des équipements déjà en place et du niveau de précision nécessaire au pilotage.

Qu’est-ce que la supervision énergétique ?

Afin d’offrir une vision exploitable de la performance énergétique, la supervision énergétique centralise les données de consommation et de fonctionnement provenant de :

  • compteurs et sous-compteurs ;
  • capteurs ;
  • équipements communicants ;
  • automates.

Selon les fonctionnalités du système, la supervision énergétique d’une entreprise peut également comparer les données à des valeurs de référence ou repérer des écarts avant de déclencher des alertes, voire de transmettre des consignes aux équipements.

Ainsi, son fonctionnement suit une chaîne progressive : mesurer, centraliser, analyser, alerter puis agir. Cette dernière étape peut relever d’une intervention humaine ou, lorsque l’architecture le permet, d’un pilotage automatisé.

Supervision, monitoring, GTB et suivi énergétique : quelles différences ?

Ces termes ne désignent pas des catégories aux frontières strictes et leur usage varie en fonction des objectifs. Pour une entreprise, il est plus pertinent de les distinguer selon leur fonction principale.

NotionFonction principaleDonnées exploitéesAction sur les équipements
Suivi énergétiqueÉvaluer la performance énergétique dans le tempsFactures, relevés et indicateursPas nécessairement
Monitoring énergétiqueCollecter, établir un historique et analyser des données énergétiquesCompteurs, sous-compteurs et capteursCe n’est généralement pas sa fonction première
Supervision énergétiqueCentraliser les informations et faciliter la détection des anomalies et l’actionDonnées énergétiques et données de fonctionnementPossible si le système intègre des fonctions de commande
GTBAutomatiser, réguler et contrôler les systèmes techniques d’un bâtimentDonnées techniques et énergétiquesOui, sur les équipements raccordés
Différences entre supervision, monitoring, GTB et suivi énergétique

Le suivi énergétique constitue la démarche globale qui consiste à mesurer et à analyser la performance dans le temps, tandis que le monitoring énergétique en automatise une partie en collectant et en exploitant les données de consommation. La supervision énergétique va un cran plus loin, car elle :

  • centralise ces informations ;
  • les met en relation avec le fonctionnement des équipements ;
  • peut faciliter le déclenchement d’actions.

En revanche, la gestion technique du bâtiment (GTB) se distingue par sa capacité à agir directement sur les équipements techniques raccordés au bâtiment (chauffage, ventilation, éclairage, etc.). Ces notions peuvent ainsi constituer différents niveaux d’une même démarche de maîtrise de l’énergie.

Quels outils permettent de superviser les consommations d’énergie d’une entreprise ?

La supervision énergétique associe plusieurs briques qui assurent successivement la collecte, la transmission, l’exploitation des données et, lorsque cela est nécessaire, le pilotage des équipements :

  • la mesure se fait grâce à des compteurs, sous-compteurs, capteurs IoT ou données directement issues des équipements permettent de connaître les consommations et certains paramètres de fonctionnement ;
  • la transmission passe par les réseaux, passerelles et protocoles de communication qui acheminent ces informations vers le système de supervision ;
  • la centralisation et l’analyse nécessitent une plateforme de supervision ou un EMS (Energy Management System) qui rassemble les données et aide à analyser la performance énergétique. Dans l’industrie, cette fonction peut être assurée par un SCADA (Supervisory Control and Data Acquisition) qui collecte les données des procédés, surveille leur fonctionnement et peut permettre leur commande ;
  • le pilotage, souvent assuré par une GTB, varie selon l’architecture, car les alertes déclenchent une intervention humaine ou des commandes automatiques aux installations.

Un logiciel performant ne compense cependant pas un dispositif de mesure mal dimensionné. Indispensable, un plan de comptage permet de déterminer à quelle maille suivre les consommations et quels usages doivent être isolés pour obtenir des données exploitables.

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Comment choisir une solution de supervision énergétique pour son entreprise ?

Le choix du bon logiciel de supervision énergétique dépend des décisions que l’entreprise souhaite prendre grâce aux données.

1. Définir le problème énergétique à résoudre

L’outil de supervision énergétique change selon sa finalité :

  • repérer des consommations hors horaires ?
  • surveiller un équipement critique ?
  • comparer plusieurs sites ?
  • détecter une dérive ?

Le niveau d’instrumentation et les fonctionnalités nécessaires varient également selon que l’entreprise souhaite simplement analyser les données ou piloter automatiquement certains équipements.

2. Choisir la bonne granularité et le bon pas de temps

Une mesure globale par site suffit pour certains objectifs. Dans d’autres situations, descendre à l’échelle d’un bâtiment, d’une zone, d’un usage ou d’un équipement s’avère pertinent.

À l’instar du monitoring énergétique en temps réel, le bon pas de temps dépend du phénomène recherché. Ainsi, augmenter la fréquence d’acquisition avec une supervision énergétique en temps réel n’est utile que si cette précision améliore le diagnostic ou accélère une action.

3. Vérifier la compatibilité avec l’existant

La solution de supervision énergétique doit avant tout s’intégrer à l’infrastructure existante et pouvoir évoluer avec les besoins de l’entreprise. Sa compatibilité avec les équipements en place, tout comme sa capacité à échanger les données et à intégrer de nouveaux points de mesure sont déterminantes, en particulier pour les parcs multi-sites.

4. Organiser l’exploitation des données

Pour réduire les consommations d’une entreprise durablement, il convient de définir qui analyse les indicateurs, reçoit les alertes, en recherche la cause et intervient. Sinon, l’alerte reçue reste inutile.

Bon à savoir : les CEE peuvent-ils financer une supervision énergétique ?

Les certificats d’économies d’énergie (CEE) ne financent pas l’achat d’une solution de supervision, mais certaines actions inhérentes au projet peuvent relever d’une opération standardisée. Dans l’industrie, la fiche IND-UT-134 concerne, sous conditions, l’installation d’un système de mesurage d’indicateurs de performance énergétique sur certains usages. Dans le tertiaire existant, BAT-TH-116 peut couvrir la mise en place ou l’amélioration d’une GTB répondant aux exigences de la fiche pour le chauffage et, le cas échéant, d’autres usages techniques.

Supervision énergétique : quel est son rôle face aux obligations réglementaires ?

La supervision énergétique ne constitue pas une obligation, mais elle facilite le suivi et le pilotage de la performance énergétique. Elle aide notamment à :

Elle peut aussi contribuer aux fonctions attendues dans le cadre du décret BACS ou d’une démarche ISO 50001, à condition que le système mis en place réponde bien aux exigences concernées. Elle s’inscrit alors dans une logique plus globale d’efficacité énergétique de l’entreprise.

Pourquoi réaliser un audit avec Opéra Énergie avant d’investir dans une solution de supervision énergétique ?

Un audit énergétique d’entreprise aide à identifier les données nécessaires pour agir (usages, gaspillages, sources d’économies, etc.). Cette analyse contribue ensuite à déterminer :

  • les données à recueillir ;
  • les points de mesure utiles ;
  • le niveau de supervision pertinent.

Certifié OPQIBI 1905, Opéra Énergie réalise des audits énergétiques et accompagne les entreprises dans l’identification de leurs actions prioritaires. En tant que mandataire CEE, nos experts peuvent également étudier et valoriser les opérations éligibles aux CEE. Nous vous aidons à collecter les bonnes données pour prendre des décisions énergétiques pertinentes.

Diplômée d'un master en environnement, Alexandra a exercé en tant qu'ingénieure pendant quinze ans en bureaux d'études techniques.

Depuis 2019, elle est rédactrice web spécialisée sur les sujets liés à l'énergie et au bâtiment. Spécialiste des enjeux de la transition énergétique, elle associe sa plume à son expertise technique pour rédiger des contenus qui répondent aux enjeux des entreprises et aident à la prise de décision.