Portée par une production largement décarbonée et une consommation intérieure toujours atone, la France confirme en 2025 son statut de championne européenne des exportations d’électricité.
Comme en 2024, 95 % de l’électricité produite provenait de filières bas-carbone, nucléaire et renouvelables, en France.

Portée par une production largement décarbonée et une consommation intérieure toujours atone, la France confirme en 2025 son statut de championne européenne des exportations d’électricité.

92,3 TWh exportés en 2025

La France a battu pour la deuxième année consécutive son record d’exportations d’électricité. En 2025, le solde exportateur net a atteint 92,3 térawattheures (TWh), selon le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE. Pour rappel, le précédent record date de l’année dernière seulement, avec 89 TWh exportés en 2024. « Le précédent record de 2002 (76 TWh) n’a été dépassé qu’en 2024 », rappelle Thomas Veyrenc, directeur général économie, stratégie et finances de RTE, précisant que « 92 TWh, c’est plus que la consommation annuelle d’un pays comme la Belgique ».

Les principaux débouchés de ces exportations ont été l’Allemagne et la Belgique (+23,1 TWh), l’Italie (+22,6 TWh), le Royaume-Uni (+22,6 TWh) et la Suisse (+20,1 TWh). Les échanges avec l’Espagne sont restés quasi équilibrés (+0,2 TWh), le pays disposant d’un mix électrique largement renouvelable.

Sur le plan économique, ces flux ont généré 5,4 milliards d’euros de recettes en 2025, contre 5 milliards en 2024. « La production française n’a donc définitivement pas été “bradée” », insiste Thomas Veyrenc, soulignant la contribution positive des exportations à la balance commerciale.

5,4 milliards d’euros Soit les recettes générées par la France via l’exportation d’électricité en 2025.

Une consommation toujours 6 % sous son niveau d’avant-crise

Cette performance à l’export repose sur une production nationale en légère hausse. En 2025, celle-ci a progressé de 1 %, pour atteindre 544 TWh, retrouvant « son niveau moyen antérieur aux crises sanitaire et énergétique », selon RTE. Comme en 2024, 95 % de l’électricité produite provenait de filières bas-carbone, nucléaire et renouvelables.

« La consommation d’électricité du pays n’est pas alignée sur ses objectifs de décarbonation et de réindustrialisation » RTE

En revanche, la consommation intérieure reste en retrait. Corrigée des effets climatiques et calendaires, elle s’est établie à 449 TWh, un niveau stable mais toujours inférieur à celui des années 2010. « Elle demeure inférieure, pour la troisième année consécutive, d’environ 6 % à ses niveaux de la période 2014-2019 », observe RTE.

Un décalage préoccupant au regard des objectifs climatiques et industriels. « La consommation d’électricité du pays n’est donc pas alignée sur ses objectifs de décarbonation et de réindustrialisation », alerte le gestionnaire du réseau.

Pour RTE, le diagnostic est clair : « L’abondance de la production d’électricité bas-carbone française place le pays dans une position très favorable pour se décarboner rapidement et réduire sa dépendance aux énergies fossiles, qui représentent encore 60 % de sa consommation d’énergie totale ».

Le gouvernement entend capitaliser sur cet avantage. Il a annoncé vouloir « accélérer » l’électrification des usages et présentera début 2026 la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), accompagnée d’un « grand plan autour de l’électrification ». Un chantier désormais jugé incontournable pour transformer l’excédent électrique français en moteur de souveraineté et de transition énergétique.

Giovanni Djossou, journaliste spécialisé
Giovanni Djossou Journaliste spécialisé

Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.