Si les factures des Français sont épargnées maintenant, la hausse des prix du gaz sur les marchés internationaux devrait se répercuter au mois de mai.
Emmanuelle Wargon, Présidente de la CRE.

La guerre en Iran ravive les tensions sur les marchés énergétiques mondiaux. Si les factures des Français ont pour l’instant été épargnées, la hausse des prix du gaz sur les marchés internationaux devrait se répercuter dès le mois de mai, avec un impact toutefois nuancé selon les profils de consommateurs.

Jusqu’à +35 % sur le gaz

Depuis le déclenchement de la guerre en Iran, les marchés du gaz connaissent une forte volatilité. Jeudi, les prix de référence ont bondi jusqu’à +35 % après des attaques visant des infrastructures du plus grand gisement gazier mondial, partagé entre l’Iran et le Qatar.

Cette hausse internationale devrait mécaniquement toucher la France, fortement dépendante des importations. « 95 % du gaz que l’on consomme en France est importé », rappelle Emmanuelle Wargon, présidente de la Commission de régulation de l’énergie. Elle prévient : « Quand cela monte sur les marchés de gros à l’international, cela monte aussi pour les Français ».

Toutefois, l’impact sur les factures n’est pas immédiat. En raison du mode de calcul des tarifs, basé sur un décalage de deux mois, « il n’y aura pas d’augmentation du gaz avant mai », assure Emmanuelle Wargon. « En avril, les prix de février (…) s’appliquent. En revanche, en mai, cela sera les prix de mars », précise-t-elle.

95 % Soit la part importées du gaz total consommé en France.

Impact limité pour une partie des consommateurs

Selon les premières estimations, la hausse pourrait atteindre environ +15 % dès mai, même si elle reste encore incertaine. « Cela reste difficile » à évaluer précisément, souligne Emmanuelle Wargon, les cotations de mars n’étant pas toutes connues.

Tous les ménages ne seront cependant pas affectés. Environ 40 % des Français disposent d’un contrat à prix fixe, les protégeant temporairement de cette hausse. Les autres, avec des offres indexées, seront directement exposés.

« La hausse ne sera pas gigantesque [en mai]. Si les prix du gaz sont toujours élevés au moment où il commence à faire froid (…) l’impact sera plus significatif », Emmanuelle Wargon

L’impact sur les factures devrait néanmoins rester modéré à court terme. « La hausse ne sera pas gigantesque », rassure Emmanuelle Wargon, notamment parce que « en mai, cela n’est pas la saison du chauffage ». Elle rappelle que « les deux tiers d’une facture de gaz proviennent du chauffage », ce qui limite mécaniquement l’effet en période printanière.

L’évolution dépendra surtout de la durée du conflit. « Si les prix du gaz sont toujours élevés au moment où il commence à faire froid (…) l’impact sera plus significatif », avertit-elle.

Sur l’électricité, le scénario diffère nettement de celui de 2022. « La crise cette fois-ci est très différente », insiste Emmanuelle Wargon, soulignant que la forte production nucléaire et renouvelable actuelle protège les consommateurs.

Même tonalité du côté d’Engie. Sa directrice générale, Catherine MacGregor, relativise : « Avec la fermeture du détroit d’Ormuz pendant six mois, on arriverait quand même à remplir nos stocks de gaz jusqu’à 70 % avant l’hiver ». Elle précise également que « des bateaux de GNL continuent à se diriger vers l’Europe », les flux n’étant pas directement perturbés. Enfin, elle confirme la hausse attendue tout en tempérant ses effets : « Si la crise ne s’éternise pas, cela ne devrait pas être trop douloureux ».

Source : Les Echos

Giovanni Djossou, journaliste spécialisé
Giovanni Djossou Journaliste spécialisé

Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.