L’Union européenne fait face à une pression explicite des États-Unis sur ses approvisionnements énergétiques. Washington évoque la possibilité de limiter l’accès au gaz naturel liquéfié (GNL) américain si le Parlement européen ne valide pas en l’état l’accord commercial de Turnberry.
Le revers du virage américain
Depuis la rupture avec le gaz russe, l’Europe a profondément modifié ses approvisionnements. La part des États-Unis dans les importations européennes de GNL est passée d’environ 5 % en 2021 à près de 60 % aujourd’hui.
Ce basculement, rapide, a permis de sécuriser des volumes mais a aussi créé une nouvelle forme de dépendance. Cette situation apparaît aujourd’hui au grand jour dans le cadre des discussions autour de l’accord de Turnberry, au sujet duquel le Parlement européen doit se prononcer jeudi 26 mars.
Dans un entretien accordé au Financial Times, l’ambassadeur américain auprès de l’UE, Andrew Puzder, a ainsi déclaré : « Je ne sais pas ce qu’il adviendra du secteur de l’énergie s’ils ne donnent pas suite à l’accord », précisant même « Il y a d’autres acheteurs sur le marché ». Le message est clair : l’énergie s’inscrit désormais pleinement dans le rapport de force commercial.
L’accord de Turnberry formalise cette relation en prévoyant des importations massives d’énergie américaine d’ici 2028. Mais son contenu commercial suscite des réserves, notamment en raison d’un déséquilibre perçu sur les droits de douane. Les discussions sont également compliquées par des divergences réglementaires, en particulier sur les normes environnementales. Côté européen, les élus demandent davantage de garanties avant de se prononcer.
Un contexte international qui limite les alternatives
Cette pression intervient alors que les marges de manœuvre sont réduites. Les tensions au Moyen-Orient perturbent les flux de GNL, notamment via le détroit d’Ormuz, ce qui affecte les exportations qataries. Pour certains pays européens, qui dépendaient fortement de ces volumes, les alternatives sont peu nombreuses.
Dans ce contexte, les cargaisons disponibles sont disputées à l’échelle mondiale, en particulier avec l’Asie. Les États-Unis apparaissent donc comme un fournisseur difficile à contourner à court terme.
Sophie-Charlotte MARTIN, Conceptrice-Rédactrice spécialisée
Titulaire d'un master 2 en Lettres Classiques, complété d'un master 2 en Communication et d'un cycle web marketing à la CCI de Lyon, Sophie-Charlotte est intervenue sur des sujets aussi B2C que B2B, on et off line.
Régulièrement confrontée aux problématiques tertiaires et industrielles, elle s'est spécialisée en énergie. Aujourd'hui, elle garantit au quotidien la direction et la production éditoriale de l'entreprise. Sophie-Charlotte MARTIN est Responsable éditoriale d'Opéra Energie.