Face aux critiques croissantes des industriels et de plusieurs États membres sur la volatilité du prix du CO₂, la Commission européenne a proposé une première mesure corrective.

Un geste technique

La mesure porte sur la réserve de stabilité du marché, un dispositif conçu pour amortir les fluctuations de prix. Concrètement, Bruxelles souhaite conserver dans cette réserve des quotas qui étaient jusqu’ici automatiquement supprimés, afin de disposer d’une marge de manœuvre plus grande en cas de tensions. La proposition doit encore être examinée par le Parlement européen et les États membres.

Un signal politique avant une réforme plus profonde

Ce geste intervient alors que le prix du carbone évolue autour de 70 €/t en Europe, et en amont d’une révision plus substantielle de l’ETS prévue en juillet. La Commission a également annoncé un ajustement imminent des valeurs de référence qui déterminent les quotas gratuits attribués aux industriels. Ursula von der Leyen a par ailleurs évoqué une possible prolongation de ces allocations gratuites au-delà de 2034, ainsi que la création d’un accélérateur d’investissements dans la décarbonation industrielle, doté d’environ 30 milliards d’euros financés par les recettes du marché carbone.

Des États membres divisés

Le sujet divise profondément les Vingt-Sept. Certains pays, dont l’Italie et plusieurs États d’Europe centrale, critiquent l’impact de l’ETS sur les factures d’électricité et plaident pour un assouplissement du dispositif. À l’opposé, l’Espagne et les pays scandinaves défendent le maintien d’un signal prix fort comme levier de décarbonation industrielle. Lors du sommet européen du 19 mars, Bruxelles avait résisté à une remise en cause majeure du mécanisme malgré ces pressions.

Rappel : comment fonctionne l’ETS

Créé en 2005, le marché européen du carbone contraint les producteurs d’électricité et les industries énergivores (sidérurgie, ciment, chimie) à acheter des permis d’émission pour couvrir leur CO₂. Le volume total de quotas disponibles diminue chaque année pour inciter à la réduction des émissions, les allocations gratuites devant être progressivement supprimées d’ici 2034.

Charlotte Martin Responsable Communication

Sophie-Charlotte MARTIN, Conceptrice-Rédactrice spécialisée

Titulaire d'un master 2 en Lettres Classiques, complété d'un master 2 en Communication et d'un cycle web marketing à la CCI de Lyon, Sophie-Charlotte est intervenue sur des sujets aussi B2C que B2B, on et off line.

Régulièrement confrontée aux problématiques tertiaires et industrielles, elle s'est spécialisée en énergie. Aujourd'hui, elle garantit au quotidien la direction et la production éditoriale de l'entreprise. Sophie-Charlotte MARTIN est Responsable éditoriale d'Opéra Energie.