La fiche d’opération standardisée CEE BAT-EN-112 (aussi recherchée sous l’appellation BAT EN 112) encadre l’installation de revêtements réflectifs, aussi appelés « cool roof » ou toitures fraîches, sur les toitures des locaux tertiaires à usage commercial. En tant que mandataire CEE, Opéra Énergie accompagne les acteurs tertiaires dans le montage de leur dossier BAT-EN-112.

Que couvre l’opération BAT-EN-112 ?

Un revêtement réflectif est conçu pour renvoyer une grande partie du rayonnement solaire plutôt que de l’absorber, dans le cadre du dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE). Ces solutions se présentent sous forme de peintures spéciales, d’enduits ou de membranes de toiture à haute réflectivité. En réduisant l’absorption de chaleur par la toiture, elles limitent la surchauffe estivale des locaux situés en dessous, réduisent les besoins de climatisation, et contribuent en prime à réduire l’effet d’îlot de chaleur urbain dans les zones densément construites.

Au-delà du seul gain énergétique, un revêtement réflectif bien posé prolonge la durée de vie de la toiture elle-même : en réduisant l’exposition aux ultraviolets et en limitant les variations de température, il diminue les contraintes qui fragilisent les matériaux de construction au fil des saisons.

Bâtiments concernés

La fiche BAT-EN-112 s’applique aux locaux du secteur tertiaire à usage commercial. Le bâtiment doit être chauffé et climatisé par un dispositif de type pompe à chaleur, et non par un autre équipement thermique. La toiture visée doit être vierge de tout revêtement réflectif avant l’opération, et être posée au droit d’un volume fermé et climatisé.

Quelles conditions techniques respecter pour obtenir des CEE avec la fiche BAT-EN-112 ?

Installation par un professionnel

La pose du revêtement doit être réalisée par un professionnel. La fiche BAT-EN-112 n’impose pas de qualification RGE, cette exigence étant réservée aux opérations résidentielles.

Indice de réflectance solaire (SRI)

Le produit mis en œuvre doit présenter un indice de réflectance solaire (SRI) supérieur à 100 à l’état neuf, et supérieur à 90 à l’état vieilli. Ce critère se distingue d’un simple test en sortie d’usine : le SRI à l’état neuf est évalué selon la norme ASTM E1980-11, tandis que l’état vieilli est simulé après vingt années artificielles de vieillissement, selon la norme ISO 2810:2021 (inclinaison à 5°) ou la norme ISO 16474-3:2020. Cette double exigence garantit que la performance du revêtement ne s’effondre pas après quelques années d’exposition aux intempéries, un point de vigilance essentiel pour un investissement dont la durée de vie conventionnelle dépasse largement le cycle de vie de nombreux revêtements bas de gamme.

Non-cumul avec la fiche BAT-EN-109

La fiche BAT-EN-112 n’est pas cumulable avec la fiche BAT-EN-109 (réduction des apports solaires par la toiture, France d’outre-mer), qui répond à un objectif similaire sur un périmètre géographique différent. Un même projet de toiture ne peut donc valoriser qu’une seule de ces deux opérations.

Preuve de réalisation

La preuve de réalisation doit mentionner la mise en place du revêtement, sa marque, sa référence et son numéro de lot, la surface de toiture couverte, ainsi que l’indice de réflectance solaire à l’état neuf et après vieillissement, selon les normes mentionnées ci-dessus. Le document justificatif spécifique doit provenir du fabricant, relatif au lot utilisé, et attester que le produit a bien été acheté par le professionnel ayant réalisé la pose, avec mention de sa raison sociale et de son numéro SIRET.

Durée de vie conventionnelle

La durée de vie conventionnelle retenue par la fiche BAT-EN-112 est de 20 ans.

Quel est le montant des CEE pour l’opération BAT-EN-112 ?

Le montant en kWh cumac dépend de la zone climatique du bâtiment (H1, H2 ou H3) et de la surface de toiture couverte par le revêtement (S) :

Zone climatiqueMontant en kWh cumac par m²
H1160
H2170
H3270

La zone H1 regroupe les départements du Nord et de l’Est de l’Hexagone, au climat semi-continental. La zone H2 correspond à la partie occidentale du pays, sous climat océanique. La zone H3 couvre le pourtour méditerranéen. Exemple de calcul : la toiture d’un restaurant de 1 000 m² située en zone H1 génère 160 × 1 000 = 160 000 kWh cumac. Le même restaurant situé en zone H2 générerait 170 × 1 000 = 170 000 kWh cumac, et en zone H3, 270 × 1 000 = 270 000 kWh cumac.

Cet écart, à première vue contre-intuitif puisque la zone H3 est la plus chaude et non la plus froide, s’explique par la logique propre à cette fiche : plus le climat est chaud et ensoleillé, plus les besoins de climatisation évités par le revêtement réflectif sont importants, contrairement aux opérations d’isolation ou de chauffage où c’est généralement la zone la plus froide (H1) qui génère le montant le plus élevé.

Une simple peinture blanche sur la toiture suffit-elle à obtenir les CEE ?

Non. Le produit doit atteindre un SRI supérieur à 100 à l’état neuf et supérieur à 90 à l’état vieilli, des seuils qui excluent la plupart des peintures blanches classiques non spécifiquement formulées et testées pour cet usage.

Puis-je cumuler BAT-EN-112 avec une aide pour l’isolation de ma toiture ?

Le cumul avec une fiche d’isolation de toiture (comme BAT-EN-101 ou BAT-EN-107) n’est pas exclu par la fiche BAT-EN-112 elle-même, mais seul le cumul avec BAT-EN-109 est explicitement interdit, ces deux opérations poursuivant un objectif similaire.

Le bâtiment doit-il obligatoirement être climatisé par pompe à chaleur pour être éligible ?


Oui, c’est une condition centrale de la fiche : la production de chaud et de froid du bâtiment doit être assurée par un dispositif de type pompe à chaleur, à l’exclusion d’autres équipements thermiques.

Opéra Énergie, votre mandataire CEE pour la fiche BAT-EN-112

La valorisation des CEE fait intervenir plusieurs acteurs aux rôles distincts : l’obligé (fournisseur d’énergie soumis à une obligation réglementaire d’économies d’énergie), le délégataire, et le mandataire, qui représente le bénéficiaire des travaux pour déposer le dossier CEE auprès du Pôle National des CEE. Opéra Énergie intervient en tant que mandataire CEE sur l’ensemble de vos opérations de rénovation énergétique tertiaire, dont la fiche BAT-EN-112.

Concrètement, notre rôle de mandataire CEE consiste à :

  • Vérifier l’éligibilité de votre projet à la fiche BAT-EN-112, notamment la présence d’une pompe à chaleur et le respect des seuils de SRI à l’état neuf et vieilli, avant la signature du devis
  • Vous orienter vers un produit disposant des attestations SRI conformes aux normes ASTM E1980-11 et ISO 2810 ou ISO 16474-3
  • Chiffrer le volume de kWh cumac mobilisable selon votre zone climatique et la surface de toiture concernée
  • Constituer et déposer votre dossier auprès des obligés et délégataires partenaires, y compris via une opération spécifique CEE si votre projet ne correspond pas exactement à la fiche standardisée

En confiant ce rôle de mandataire à Opéra Énergie, vous évitez les erreurs de sélection de produit qui peuvent conduire à un refus de valorisation, un risque réel sur cette fiche où les exigences de réflectance sont plus strictes qu’il n’y paraît. Contactez nos experts CEE pour faire évaluer votre projet BAT-EN-112.

Charlotte Martin Responsable Communication

Sophie-Charlotte MARTIN, Conceptrice-Rédactrice spécialisée

Titulaire d'un master 2 en Lettres Classiques, complété d'un master 2 en Communication et d'un cycle web marketing à la CCI de Lyon, Sophie-Charlotte est intervenue sur des sujets aussi B2C que B2B, on et off line.

Régulièrement confrontée aux problématiques tertiaires et industrielles, elle s'est spécialisée en énergie. Aujourd'hui, elle garantit au quotidien la direction et la production éditoriale de l'entreprise. Sophie-Charlotte MARTIN est Responsable éditoriale d'Opéra Energie.