À la fois atelier du monde et premier émetteur de gaz à effet de serre, la Chine joue un rôle déterminant dans la trajectoire climatique globale. Face à cet enjeu, Pékin accélère sa transition énergétique, combinant impératif écologique et ambition économique.
Seulement 21 % d’énergies renouvelables aujourd’hui
Depuis l’inscription en 2018 de l’objectif de « civilisation écologique » dans sa Constitution, la Chine a placé les technologies vertes au cœur de son développement. Éolien, solaire, batteries électriques : ces secteurs structurent une électrification massive de l’économie, allant de l’industrie aux transports, en passant par le chauffage domestique.
Cette transformation vise également à réduire la dépendance au charbon, encore largement exploité mais de plus en plus contesté en raison de ses effets sur la qualité de l’air. Pourtant, à ce stade, les énergies renouvelables ne représentent que 21 % de la consommation nationale et ne remplacent pas encore les centrales à charbon.
La stratégie chinoise repose donc sur une montée en puissance progressive. Comme l’explique Joseph Dellatte, expert à l’Institut Montaigne, « la construction d’un stock massif d’infrastructures propres doit permettre, dans un second temps, de réduire les émissions sans perturber la croissance économique ». À long terme, la part de l’éolien, du solaire et du nucléaire devrait être multipliée par plus de six en 35 ans, posant les bases d’un mix énergétique profondément transformé à l’horizon 2060.
Une puissance industrielle dominante
Au-delà de l’enjeu environnemental, cette transition constitue un levier stratégique de domination industrielle. La Chine s’impose déjà comme leader mondial des technologies vertes, produisant environ 80 % des panneaux photovoltaïques et plus de 70 % des éoliennes et des batteries pour véhicules électriques.
Ce positionnement lui permet de renforcer sa souveraineté énergétique tout en consolidant son influence économique mondiale. En développant massivement ces filières sur son territoire, elle structure un avantage compétitif décisif dans les industries du futur.
Ainsi, la transition énergétique chinoise dépasse largement le cadre écologique : elle redéfinit les rapports de force industriels à l’échelle mondiale. Une conclusion s’impose : aucune transition énergétique globale ne pourra se faire sans la Chine.
Titulaire d’un Master II en journalisme, Giovanni DJOSSOU a œuvré en tant que journaliste de presse écrite dans différents journaux et magazines pendant plus d’une décennie.
Spécialisé dans le secteur de l’énergie depuis 2023, il a la charge de la rédaction d’articles, de la conduite d’interviews ainsi que de la création de programmes pour Opéra Energie.