Le baromètre trimestriel Bpifrance Le Lab / Rexecode, publié le 19 mai 2026 et conduit auprès de 4 073 dirigeants de TPE-PME entre le 13 et le 26 avril 2026, dresse un état des lieux de l’impact du conflit au Moyen-Orient sur les entreprises françaises de moins de 250 salariés.
62 % des dirigeants déclarent un impact déjà effectif
C’est le chiffre qui retient l’attention : six dirigeants de TPE-PME sur dix déclarent que le conflit au Moyen-Orient a d’ores et déjà des répercussions négatives sur leur trésorerie ou leurs résultats. Parmi eux, 25 % font état d’un impact fort, 24 % d’un impact modéré, 13 % d’un impact faible. Seuls 9 % se déclarent non exposés.
L’énergie, premier canal de transmission
Pour les entreprises affectées, la hausse des coûts constitue le principal vecteur : 76 % des TPE-PME impactées y sont exposées, qu’il s’agisse de coûts énergétiques ou non. Plus précisément, deux tiers d’entre elles subissent la hausse des coûts des matières premières énergétiques (pétrole et gaz en tête), conséquence directe des tensions sur les marchés des hydrocarbures et du blocage du détroit d’Ormuz. Un tiers est également touché par la hausse des intrants de production non énergétiques (pétrochimiques, métalliques, agricoles).
Les difficultés d’approvisionnement constituent un deuxième signal tangible : 57 % des TPE-PME déclarent y faire face ce trimestre, soit une hausse de 22 points en un trimestre. 58 % de celles qui y sont confrontées estiment que ces difficultés se sont intensifiées.
Des secteurs inégalement exposés
Les Transports figurent en première ligne, avec une quasi-totalité des dirigeants déclarant un impact. Le Commerce et la Construction sont également plus touchés que la moyenne. Le secteur des Services (hors Transports et Tourisme) apparaît en revanche plus épargné à ce stade.
Les coûts répercutés, mais pas toujours en totalité
Face à la hausse des coûts, 69 % des TPE-PME affectées prévoient de la répercuter au moins partiellement sur leurs prix de vente. 18 % envisagent une répercussion totale, 31 % n’augmenteront pas leurs prix malgré le choc subi.
15 % jugent leur trésorerie insuffisante pour absorber le choc
C’est la donnée de vigilance du baromètre. Une TPE-PME sur sept exposée au conflit estime ne pas disposer des liquidités suffisantes pour faire face. Cette proportion monte à 25 % chez celles qui subissent déjà un impact fort. À l’inverse, 71 % estiment tenir — sous réserve que le conflit ne s’intensifie pas au-delà de quelques mois. Les secteurs des Transports et du Tourisme apparaissent davantage fragilisés.
La demande reste le premier frein, mais les coûts progressent
Au-delà du conflit, le baromètre rappelle que la faiblesse de la demande reste le premier frein à la croissance des TPE-PME, citée par 61 % des dirigeants. Mais la part de ceux qui identifient les coûts et prix trop élevés comme obstacle majeur progresse fortement : 32 % ce trimestre, soit +10 points en un trimestre. Un niveau supérieur à la moyenne historique 2018-2025 (25 %), mais encore 10 points en deçà du pic atteint lors de la crise énergétique de 2022.
Source : baromètre réalisé par Bpifrance Le Lab et Rexecode auprès de 4 073 dirigeants de TPE-PME des secteurs marchands non agricoles (1 à 249 salariés, moins de 50 M€ de CA), du 13 au 26 avril 2026.
Sophie-Charlotte MARTIN, Conceptrice-Rédactrice spécialisée
Titulaire d'un master 2 en Lettres Classiques, complété d'un master 2 en Communication et d'un cycle web marketing à la CCI de Lyon, Sophie-Charlotte est intervenue sur des sujets aussi B2C que B2B, on et off line.
Régulièrement confrontée aux problématiques tertiaires et industrielles, elle s'est spécialisée en énergie. Aujourd'hui, elle garantit au quotidien la direction et la production éditoriale de l'entreprise. Sophie-Charlotte MARTIN est Responsable éditoriale d'Opéra Energie.