Selon l’ADEME, l’éclairage public représente environ 41 % de la consommation électrique des collectivités territoriales. Le prix de l’électricité pour l’éclairage public constitue donc un poste de dépense important. Comment l’optimiser ?

Prix de l’électricité pour l’éclairage public : quelle est la part de la consommation ?


Pour de nombreuses communes, le prix de l’électricité pour l’éclairage public reste flou jusqu’à la réception des factures. Pourtant, quelques ordres de grandeur permettent d’en cerner l’ampleur. D’après l’enquête nationale AFE/Cerema 2023, le patrimoine lumineux français compte aujourd’hui environ 12 millions de points lumineux, dont la consommation annuelle globale avoisine 2,4 TWh. Ramenée à l’unité, cela correspond à un peu plus de 200 kWh par luminaire et par an, soit une dépense d’environ 40 euros par point lumineux à un prix moyen de 0,20 euro le kWh.

Pour une commune dotée de 300 luminaires, la seule consommation d’énergie peut dépasser 12 000 euros annuels, avant même d’intégrer l’abonnement et les taxes. Pour les villes de taille intermédiaire, les montants grimpent rapidement à plusieurs centaines de milliers d’euros.
La durée de fonctionnement est également une variable fondamentale.

Selon la même enquête AFE/Cerema, la durée moyenne nationale d’allumage est estimée à 2 300 heures par an, alors que la nuit astronomique dure environ 4 000 heures. Cet écart s’explique par les pratiques d’extinction partielle en milieu de nuit, de plus en plus répandues depuis 2022. Une heure d’allumage supprimée sur un parc de 500 luminaires de 80 W représente 40 kWh économisés, soit environ 5 euros selon les tarifs actuels.

Bon à savoir :

L’éclairage public ne concerne pas forcément que les réverbères. Il concerne l’ensemble des dispositifs d’éclairage des voiries communales, de même que les installations lumineuses festives et les équipements de mobilier urbain dès lors qu’ils sont alimentés par le réseau d’éclairage public. A ce titre, l’éclairage public revêt aussi un enjeu en vertu de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité. Celle-ci vise une réduction d’au moins 50 % de la pollution lumineuse d’ici 2030, par rapport à 2021, année où l’Office français de la biodiversité (OFB) estimait que 85 % du territoire national était concerné par ce phénomène.

Quel est le tarif de l’électricité pour l’éclairage public ?

Le tarif de l’énergie pour l’éclairage public varie selon le fournisseur de la collectivité et la puissance de compteur. Cela dépend des termes de votre contrat d’éclairage public. Comme référence, on peut prendre le barème d’EDF pour les installations dont la puissance souscrite n’excède pas 36 kVA. Les grilles de prix publiées au 1er mars 2026 s’organisent autour de trois durées d’engagement. Voici une grille de prix EDF pour le « Contrat Garanti Marché Public – Éclairage Public », en option Base, au 1er mars 2026.

Voici le tableau récapitulatif extrait des grilles EDF au 1er mars 2026, option Base :

Puissance souscriteAbonnement 1 an (€/mois HTVA)Abonnement 2 ans (€/mois HTVA)Abonnement 3 ans (€/mois HTVA)Prix du kWh 1 an (c€/kWh HTVA)Prix du kWh 2 ans (c€/kWh HTVA)Prix du kWh 3 ans (c€/kWh HTVA)
12 kVA119,87118,84118,5012,54012,61312,644
15 kVA146,66145,62145,2812,54012,61312,644
18 kVA173,43172,40172,0512,54012,61312,644
24 kVA226,97225,94225,6012,54012,61312,644
36 kVA334,07333,04332,7012,54012,61312,644
Grille de prix EDF pour le « Contrat Garanti Marché Public – Éclairage Public »

Comment calculer le coût de l’électricité pour l’éclairage public de votre commune ?

Le calcul du coût annuel de l’éclairage public repose sur deux composantes :

Coût annuel = (abonnement mensuel x 12) + (consommation annuelle en kWh x prix du kWh)

La consommation annuelle s’obtient en multipliant la puissance installée totale (en kW) par le nombre d’heures de fonctionnement annuel.

Par exemple, une commune avec 250 luminaires LED de 70 W, allumés 2 300 heures par an, avec une puissance souscrite de 18 kVA, sur un contrat 1 an en option Base :

  • Puissance installée : 250 x 0,070 kW = 17,5 kW
  • Consommation annuelle : 17,5 x 2 300 = 40 250 kWh
  • Coût énergie : 40 250 x 0,1254 = 5 047 euros HTVA
  • Abonnement annuel (18 kVA) : 173,43 euros/mois x 12 = 2 081 euros
  • Total estimé : environ 7 128 euros HTVA, soit environ 8 554 euros TTC

Attention, il s’agit d’une estimation, le mieux reste de demander de l’aide à un courtier en énergie, comme Opéra Energie, pour estimer avec précision votre facture d’énergie. Ainsi, il sera plus simple de choisir le meilleur fournisseur d’électricité.

Prix de l’électricité éclairage public : évolue-t-il ?

Les tarifs de l’électricité sur les marchés de gros ne sont pas figés, et leur suivi est essentiel pour les collectivités qui souhaitent sécuriser leur budget éclairage. En 2024, le prix moyen spot était porté à 58,50 € contre 61 € en 2025. En 2026, le prix du MWh est porté à 78,1 € sur le marché spot. Cette évolution des prix illustre un risque budgétaire réel pour les collectivités qui ne sécurisent pas leurs achats d’énergie à l’avance. D’autant plus qu’il est difficile de savoir comment continuera à évoluer le prix de l’électricité sur le long terme.

Comment réduire les dépenses d’éclairage public ?

Il est possible d’activer plusieurs leviers pour réduire les dépenses en éclairage public. Voici ce qu’il est possible de mettre en place.

La migration vers les LED

D’après le Cerema, seulement 3 à 5 % du parc d’éclairage public est renouvelé chaque année, ce qui signifie que la majorité des communes disposent encore de luminaires fonctionnant avec des technologies antérieures aux LED. Or les économies permises par cette migration sont documentées et souvent spectaculaires : des réductions de consommation de 70 % ont été mesurées dans plusieurs grandes villes françaises, tandis que des communes rurales rapportent des divisions de leur facture par trois ou plus. La durée de vie nettement supérieure des diodes électroluminescentes réduit par ailleurs les coûts de maintenance, souvent sous-évalués dans les bilans.

Le pilotage intelligent de l’éclairage public

Les systèmes de gestion centralisée permettent d’ajuster en temps réel l’intensité selon les horaires, la météo ou les flux de circulation. Des capteurs installés sur les mâts peuvent détecter la présence d’un piéton ou d’un cycliste et augmenter momentanément la luminosité, avant de la réduire en l’absence d’activité. Cette approche concilie sécurité des usagers et sobriété énergétique.

L’optimisation des puissances souscrites

Un abonnement sur-dimensionné par rapport aux besoins réels génère des coûts fixes inutiles. Un audit du parc permet souvent de revoir à la baisse les puissances souscrites, ce qui se traduit directement par une réduction de la part abonnement de la facture. C’est un levier simple, rapide et sans investissement préalable.

Pour ce faire, vous pouvez vous faire accompagner par un courtier en électricité comme Opéra Energie. Il pourra vous aider à trouver la puissance adaptée pour votre parc de luminaires. En effet, les puissances de l’éclairage public oscillent entre 0,1 kVA à 36  kVA, avec un pas de 0,1 kVA.

Les aides au financement disponibles

Plusieurs dispositifs peuvent couvrir tout ou partie d’un projet de rénovation. Les Certificats d’économies d’énergie (CEE) permettent d’obtenir des aides pour mener des opérations d’amélioration lumineuse. Des cofinancements européens peuvent également être mobilisés selon la nature et la localisation du projet, comme les fonds FEDER.

Prix de l’électricité pour l’éclairage public : comment sécuriser son contrat ?

A l’approche des municipales, et depuis la fin des tarifs réglementés pour les collectivités, l’énergie est devenue un enjeu. Sécuriser son contrat d’électricité pour l’éclairage public peut générer des économies, parfois sans aucune modification du parc de luminaires. Encore faut-il disposer des bons outils pour comparer les offres, choisir la durée d’engagement adaptée et anticiper les évolutions tarifaires.

Opéra Energie accompagne les collectivités dans cette démarche, aussi bien en tant que courtier en énergie que dans le cadre d’une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO). Concrètement, cela signifie qu’Opéra Energie peut :

  • intervenir dès la phase de définition des besoins,
  • aider à structurer le cahier des charges pour la consultation des fournisseurs lorsque la commune est soumise aux règles des marchés publics,
  • comparer les offres reçues
  • conseiller la collectivité jusqu’à la signature du contrat.

Cette posture d’AMO est particulièrement adaptée aux communes qui ne disposent pas en interne des ressources techniques pour piloter ce type de démarche.

Diplômée d’un Master 2 du CELSA-Paris Sorbonne, Caroline s’est lancée comme rédactrice et chargée de communication éditoriale indépendante en 2017. Intéressée par les problématiques liées à la transition énergétique et à la mobilité, elle travaille avec Opéra Énergie depuis 2019.

Experte sur les problématiques liées à l'énergie et la rénovation énergétique, elle ambitionne à travers ses articles de faire de la pédagogie sur le marché du gaz et de l’électricité, en constante évolution.