L’audit énergétique des grandes entreprises représente la première étape pour définir une feuille de route dans l’objectif de réduire les consommations d’énergie et optimiser les coûts de fonctionnement des activités tertiaires et industrielles. Quelles entités sont assujetties ? Qu’est-ce qui a changé au 1er octobre 2025 ? Comment l’audit réglementaire aide-t-il à planifier une rénovation efficace ? À quel auditeur confier cette démarche pour atteindre plus rapidement ses objectifs de réduction des consommations ?
Audit énergétique des grandes entreprises : à vérifier tout de suite
En 2026, l’obligation ne dépend plus de la taille de l’entreprise, mais de sa consommation annuelle moyenne d’énergie finale, calculée sur les trois années civiles précédentes et appréciée au niveau du SIREN. Quelle est votre situation ?
- à partir de 2,75 GWh/an, une entreprise doit réaliser un audit énergétique réglementaire tous les quatre ans, sauf si elle met en place un SMÉ ;
- à partir de 23,6 GWh/an, une entreprise doit mettre en place un Système de Management de l’Énergie (SMÉ) certifié ;
- les entreprises concernées doivent déclarer leur consommation annuelle d’énergie finale et transmettre les informations relatives au respect de leurs obligations sur la plateforme audit-energie.ademe.fr.
Qu’est-ce qu’un audit énergétique des grandes entreprises ?
L’audit énergétique d’une grande entreprise est un diagnostic complet des consommations énergétiques liées à ses activités, à ses bâtiments et à ses équipements.
En effet, l’audit énergétique d’une entreprise se concentre sur les principaux systèmes et usages consommateurs d’énergie :
- le conditionnement du bâtiment (chauffage, climatisation, ventilation, etc.) ;
- les procédés industriels en lien avec les activités, comme les chaînes de production ;
- les équipements annexes comme les ascenseurs ou les systèmes de sécurité ;
- le transport en lien avec la flotte de véhicules de l’entreprise ;
- etc.
Le principal objectif de l’audit énergétique des grandes entreprises consiste à identifier les sources de gaspillage énergétique pour proposer des solutions d’amélioration prioritaires à travers des scénarios de travaux pertinents.
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Quelles différences entre l’audit énergétique des grandes entreprises et le DPE ?
L’audit énergétique et le DPE (diagnostic de performance énergétique) poursuivent tous deux un objectif d’évaluation de la performance énergétique, mais leur périmètre et leur niveau d’analyse diffèrent. Le DPE tertiaire est un diagnostic standardisé notamment requis lors de la vente ou de la location d’un bâtiment tertiaire. Il évalue sa consommation d’énergie et ses émissions de CO₂ et lui attribue une classe énergétique. En revanche, l’audit énergétique des grandes entreprises est une étude plus approfondie et personnalisée. Il analyse les différents usages énergétiques et propose des actions concrètes d’optimisation. Dans un contexte tertiaire ou industriel, l’audit constitue ainsi un véritable outil stratégique d’amélioration de l’efficacité énergétique.
Audit énergétique des grandes entreprises : que dit la loi en 2026 ?
Le cadre de l’audit énergétique réglementaire des entreprises a profondément évolué depuis le 1er octobre 2025. De nouvelles dispositions entrées en vigueur en 2026 en précisent désormais les modalités d’application.
Contexte européen et transposition nationale : ce qui change depuis la directive DEE
L’évolution du cadre réglementaire de l’audit énergétique des grandes entreprises découle directement de la Directive européenne 2023/1791 relative à l’efficacité énergétique (DEE), adoptée le 13 septembre 2023. Cette directive renforce notamment le principe de primauté de l’efficacité énergétique. En France, sa transposition s’est notamment traduite par la loi DDADUE du 30 avril 2025, complétée par le décret du 29 décembre 2025 entré en vigueur le 1er janvier 2026. Le nouveau cadre redéfinit les critères d’assujettissement à l’audit énergétique réglementaire des grandes entreprises, désormais basés sur la consommation d’énergie finale et non plus sur leur taille. Il impose également l’élaboration d’un plan d’actions et le suivi de sa mise en œuvre. Cette réforme marque ainsi une convergence accrue entre l’audit réglementaire, le management de l’énergie et les objectifs européens d’efficacité énergétique.
Mise à jour réglementaire du 1er octobre 2025 : un nouveau mode d’assujettissement
Depuis le 1er octobre 2025, les obligations d’audit énergétique des grandes entreprises ont évolué conformément à la loi DDADUE du 30 avril 2025 et à l’arrêté ministériel du 10 juillet 2025 (source DREAL Grand Est et ADEME).
Désormais, ce ne sont plus les effectifs ou le chiffre d’affaires qui déterminent l’assujettissement à l’audit énergétique réglementaire d’une grande entreprise, mais la consommation annuelle moyenne d’énergie finale sur les trois années civiles précédentes :
- les entreprises consommant au moins 23,6 GWh/an doivent mettre en place un Système de Management de l’Énergie (SMÉ) certifié ;
- celles dont la consommation atteint 2,75 GWh/an et qui ne disposent pas d’un SMÉ sont tenues de réaliser un audit énergétique tous les quatre ans.
Ces seuils s’apprécient au niveau de la personne morale identifiée par son SIREN. Depuis le 1er janvier 2026, le calcul prend en compte les consommations liées à l’ensemble de ses activités, y compris l’énergie renouvelable produite et autoconsommée sur site.
Les entreprises concernées doivent transmettre à l’administration les informations relatives au respect de leurs obligations sur la plateforme nationale de l’ADEME audit-energie.ademe.fr.
Pour les personnes morales nouvellement assujetties par la réforme, les échéances sont fixées :
- jusqu’au 11 octobre 2026 pour réaliser leur premier audit énergétique obligatoire ;
- jusqu’au 11 octobre 2027 pour faire certifier leur SMÉ.
Lorsqu’une entreprise entre dans le champ de ces obligations après ces échéances, elle doit s’y conformer dans l’année suivant les trois années civiles au cours desquelles sa consommation moyenne a franchi le seuil correspondant.
Rappel : les assujettis à l’audit énergétique des grandes entreprises jusqu’au 1er octobre 2025
Avant le 1er octobre 2025, l’assujettissement à l’audit énergétique réglementaire reposait sur la taille de l’entreprise. L’obligation concernait les entreprises qui, pendant deux exercices comptables consécutifs :
- employaient au moins 250 personnes ;
- ou réalisaient un chiffre d’affaires annuel supérieur à 50 millions d’euros et présentaient un total de bilan supérieur à 43 millions d’euros.
Ces critères ont depuis été remplacés par des seuils fondés sur la consommation annuelle moyenne d’énergie finale.
Le cas particulier des grandes entreprises certifiées ISO 50001
Une entreprise qui dispose d’un Système de Management de l’Énergie certifié conforme à la norme NF EN ISO 50001 peut être dispensée de réaliser un audit énergétique sur les activités couvertes par ce système.
En 2026, l’audit énergétique ou le SMÉ doit couvrir au moins 80 % de la consommation énergétique finale de l’entreprise, appréciée au niveau du SIREN. Les activités comprises dans ce périmètre qui ne sont pas couvertes par le SMÉ doivent être auditées. Lorsque toutes les activités du périmètre sont couvertes par un SMÉ certifié, l’entreprise est exemptée de l’audit énergétique.
Le cadre réglementaire prévoit également deux autres possibilités de dérogation :
- un système de management environnemental certifié ISO 14001 peut permettre une exemption s’il intègre un audit énergétique conforme aux exigences réglementaires ;
- une entreprise mettant en œuvre un Contrat de Performance Énergétique (CPE) peut également bénéficier d’une exemption, sous réserve de respecter les conditions prévues par la réglementation.
Ces dispositifs évitent ainsi de multiplier les démarches lorsque l’entreprise dispose déjà d’un système répondant aux exigences de suivi et d’amélioration de sa performance énergétique.
Le cadre réglementaire de l’audit énergétique des grandes entreprises
En 2026, l’audit énergétique doit toujours être renouvelé tous les quatre ans. L’audit ou le Système de Management de l’Énergie doit couvrir au moins 80 % de la consommation énergétique finale de l’entreprise, appréciée au niveau du SIREN.
L’arrêté du 10 juillet 2025, publié au Journal officiel le 13 juillet 2025, a par ailleurs actualisé les modalités de réalisation de l’audit. Celui-ci doit respecter les exigences de la norme NF EN 16247-1 : 2022, complétées selon les usages audités par les normes NF EN 16247-2, NF EN 16247-3 ou NF EN 16247-4 : 2022.
Pour les procédés industriels, les usages représentant plus de 10 % des consommations énergétiques de chaque site audité doivent notamment être pris en compte, avec un minimum de trois usages. Le nouveau cadre précise également les modalités de reconnaissance des compétences des auditeurs et prévoit une attestation permettant notamment de justifier la visite sur site.
Enfin, le régime transitoire permettant la reconnaissance des prestataires qualifiés selon l’ancien dispositif a été prolongé jusqu’au 30 juin 2027 par le décret du 29 juin 2026.
Évolution du cadre réglementaire de l’audit énergétique des grandes entreprises depuis le 1er octobre 2025
| Éléments clés | Avant le 1er octobre 2025 | Depuis le 1er octobre 2025 |
| Critères d’assujettissement | Basés sur la taille de l’entreprise : ≥ 250 salariés ou CA > 50 M€ et bilan > 43 M€. | Basés sur la consommation annuelle moyenne d’énergie finale : ≥ 2,75 GWh/an pour l’audit ou ≥ 23,6 GWh/an pour le SMÉ. |
| Périmètre de référence | Apprécié au niveau de la personne morale selon les anciens critères d’assujettissement. | Apprécié au niveau du SIREN sur la moyenne des trois années civiles précédentes. L’audit ou le SMÉ couvre au moins 80 % de la consommation énergétique finale de l’entreprise. |
| Certification / équivalence | Exemption possible dans le cadre d’un SMÉ certifié ISO 50001 répondant aux exigences réglementaires. | Les activités comprises dans le périmètre réglementaire et couvertes par un SMÉ certifié ISO 50001 n’ont pas à être auditées. Des dérogations sont également prévues pour certains systèmes ISO 14001 intégrant un audit conforme et pour les CPE répondant aux conditions réglementaires. |
| Méthodologie | Référentiel fondé sur la norme NF EN 16247 alors applicable. | Normes NF EN 16247-1 à 4 : 2022 selon les usages audités. Pour les procédés industriels, prise en compte des usages représentant plus de 10 % de la consommation du site, avec au moins trois usages analysés. |
| Déclaration et suivi | Dépôt des informations relatives à l’audit sur la plateforme ADEME. | Transmission électronique des informations relatives au respect des obligations et déclaration de la consommation annuelle d’énergie finale lorsque celle-ci dépasse 2,75 GWh. |
| Compétences des auditeurs | Prestataires qualifiés selon le dispositif antérieur ou personnel interne répondant aux conditions réglementaires. | Nouveau dispositif de reconnaissance des compétences des prestataires externes ou du personnel interne. Le régime transitoire applicable aux prestataires qualifiés est prolongé jusqu’au 30 juin 2027. |
| Sanctions | Jusqu’à 2 % du CA HT du dernier exercice clos, porté à 4 % en cas de nouvelle violation de la même obligation. | Même plafond de sanction en cas de manquement aux obligations prévues par le Code de l’énergie. |
Audit énergétique des grandes entreprises : le cas des groupes et des organisations multi-sites
Quand une entreprise opère sur plusieurs sites (tertiaire, industrie, logistique), le sujet n’est plus seulement de savoir si l’audit énergétique des grandes entreprises doit être réalisé, mais comment sécuriser son périmètre.
Depuis le 1er octobre 2025, l’assujettissement s’apprécie au niveau de chaque personne morale identifiée par son SIREN, sur la consommation annuelle moyenne d’énergie finale des trois années civiles précédentes. Les consommations des établissements rattachés au même SIREN sont donc à additionner. Dans un groupe composé de plusieurs personnes morales, l’assujettissement s’apprécie séparément pour chaque SIREN.
L’audit ou le SMÉ doit couvrir au moins 80 % de la consommation énergétique finale de l’entreprise. Pour sécuriser ce périmètre, il convient notamment de :
- cartographier les établissements et les énergies consommées, puis consolider les consommations à l’échelle du SIREN ;
- identifier les sites et usages qui représentent la majeure partie des consommations ;
- définir et justifier le périmètre couvert par l’audit ;
- sécuriser les données d’entrée (factures, comptage, sous-comptage, historiques) pour fiabiliser les conclusions et le plan d’actions.
Pour l’audit des bâtiments, une procédure d’échantillonnage peut être utilisée lorsque l’entreprise exerce des activités similaires dans plusieurs bâtiments. L’échantillon doit alors être représentatif et respecter les règles prévues par l’arrêté du 10 juillet 2025. Depuis juillet 2026, les données transmises sur la plateforme ADEME doivent également permettre de justifier le périmètre des établissements couvert par l’audit et, le cas échéant, la procédure d’échantillonnage retenue.
Dans le cas des entreprises multi-sites, la valeur de l’audit énergétique dépend largement de la qualité du cadrage initial. Un périmètre bien défini permet d’obtenir un plan d’actions réaliste, chiffré et exploitable à l’échelle des différents établissements.
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Audit énergétique des grandes entreprises : quelles sanctions en cas de non-réalisation ?
L’autorité administrative peut sanctionner une entreprise qui ne respecte pas ses obligations en matière d’audit énergétique, de système de management de l’énergie ou de déclaration de ses consommations. Elle doit d’abord la mettre en demeure de se conformer à la réglementation dans un délai déterminé.
Si l’entreprise ne régularise pas sa situation dans le délai imparti, l’amende peut atteindre 2 % du chiffre d’affaires HT du dernier exercice clos, et jusqu’à 4 % en cas de nouvelle violation de la même obligation.
Les principales dispositions applicables figurent dans le Code de l’énergie :
- les obligations d’audit énergétique et de SMÉ sont définies à l’article L.233-1 ;
- l’obligation de déclaration de la consommation énergétique relève de l’article L.233-2 ;
- les sanctions sont prévues à l’article L.233-4 ;
- les modalités de réalisation et de périmètre de l’audit sont notamment précisées à l’article D.233-3 ;
- les conditions de reconnaissance des compétences des auditeurs sont définies à l’article D.233-6.
Audit énergétique réglementaire d’une grande entreprise : combien ça coûte ?
Le coût d’un audit énergétique réglementaire dépend du périmètre de l’entreprise et de la complexité de ses activités, tandis que les possibilités de financement diffèrent selon que la démarche est obligatoire ou volontaire.
Le prix de l’audit énergétique d’une grande entreprise
Pour estimer le prix d’un audit énergétique de grande entreprise, il convient d’évaluer son coût initial, les aides disponibles et les économies réalisées à la suite de la mise en œuvre des recommandations qu’il contient.
Le prix d’un audit énergétique de grande entreprise varie en fonction de nombreux facteurs :
- la taille de l’entreprise ;
- le périmètre d’analyse ;
- la complexité des installations ;
- les objectifs de l’entreprise ;
- la performance initiale des bâtiments ;
- etc.
En moyenne, le coût d’un audit énergétique de grande entreprise oscille entre quelques milliers et plusieurs dizaines de milliers d’euros. Ce montant peut sembler élevé. Toutefois, il doit être vu comme un investissement dans l’optimisation énergétique pour générer d’importantes économies à long terme et se mettre en conformité avec la réglementation.
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Les aides financières pour l’audit énergétique réglementaire des grandes entreprises
La réalisation d’un audit énergétique réglementaire représente un investissement pour l’entreprise. Un audit énergétique imposé par la réglementation n’est pas éligible à l’aide de l’ADEME destinée aux audits énergétiques volontaires en industrie.
En revanche, la réalisation d’un audit énergétique non réglementaire en entreprise est soutenue par l’ADEME sous forme de subventions.
En 2026, le dispositif « Mon parcours économies d’énergie » s’adresse aux TPE, PME et ETI éligibles qui souhaitent réaliser un audit énergétique volontaire en industrie. Les entreprises soumises à l’audit énergétique réglementaire et les locaux d’activité tertiaire seuls ne sont pas éligibles.
Le taux maximal de prise en charge atteint :
- 80 % pour les petites entreprises ;
- 70 % pour les moyennes entreprises ;
- 60 % pour les grandes entreprises.
Pour un audit énergétique volontaire en industrie, les dépenses éligibles prises en compte pour le calcul de l’aide sont plafonnées à 10 000 €.
Les demandes de subvention se font directement sur le site de l’ADEME, à travers la plateforme « Agir pour la transition écologique ».
Pourquoi réaliser un audit énergétique d’une grande entreprise ?
L’audit énergétique d’une grande entreprise revêt un enjeu stratégique pour plusieurs raisons.
Réduire les coûts opérationnels des grandes entreprises
L’audit énergétique d’une grande entreprise cartographie précisément les usages énergétiques de l’entreprise : conditionnement d’air, processus industriels, systèmes spécifiques à une industrie, éclairage, etc.
En listant les postes les plus énergivores, l’audit identifie des leviers concrets d’économies sur les coûts de fonctionnement, comme la modernisation des équipements, l’ajustement des usages, la récupération de chaleur fatale, etc.
Selon le ministère de la Transition écologique, la mise en œuvre des investissements préconisés par l’audit peut générer jusqu’à 30 % d’économies d’énergie selon la nature de l’activité, voire davantage sur la part des consommations liée au bâtiment. Dans un contexte de prix de l’énergie instables, maîtriser sa consommation devient un avantage concurrentiel majeur pour maintenir des prix justes sans affecter la rentabilité de son entreprise.
Se conformer à la réglementation
L’audit énergétique réglementaire est obligatoire tous les quatre ans pour les entreprises dont la consommation annuelle moyenne d’énergie finale atteint au moins 2,75 GWh et qui n’ont pas mis en œuvre de Système de Management de l’Énergie.
Ne pas s’y conformer expose à des sanctions financières et peut impacter l’image de marque de la société.
D’autres réglementations, comme le décret tertiaire ou le décret BACS, peuvent également s’appliquer à certains bâtiments et équipements de l’entreprise. Dans une organisation au fonctionnement complexe, l’audit aide alors à identifier et à hiérarchiser les actions d’efficacité énergétique les plus pertinentes.
Affirmer son engagement dans la transition énergétique
Au-delà des bénéfices économiques, l’audit énergétique des grandes entreprises apporte un signal fort, d’autant plus s’il est initié en l’absence de contraintes réglementaires.
Il démontre la volonté de l’entreprise de :
- limiter son impact environnemental ;
- optimiser ses ressources ;
- s’inscrire dans une trajectoire de décarbonation.
Cet engagement renforce la crédibilité d’une grande entreprise auprès de ses clients, de ses investisseurs et du recrutement de futurs talents, de plus en plus sensibles aux politiques RSE.
En initiant une stratégie énergétique responsable, l’entreprise gagne en attractivité, en légitimité, et affirme sa résilience face aux enjeux climatiques.
Piloter une stratégie énergétique à long terme
L’audit énergétique d’une grande entreprise ne se limite pas à un état des lieux ponctuel et unique.
C’est un outil d’aide à la décision pour définir des priorités, fixer des objectifs réalistes et bâtir une feuille de route cohérente sur le long terme.
Cette étude favorise une approche complémentaire entre performance économique, innovation technique et développement durable.
Audit énergétique des grandes entreprises : un socle pour la trajectoire carbone et la CSRD
La directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) renforce les attentes de transparence sur la performance environnementale, et, dans les faits, beaucoup d’entreprises se heurtent à un problème simple : sans données énergétiques fiables, le reporting devient fragile. Depuis la réforme européenne Omnibus I de 2026, le champ d’application de la CSRD a toutefois été fortement resserré, avec un reporting obligatoire désormais centré sur les entreprises de plus de 1 000 salariés réalisant plus de 450 millions d’euros de chiffre d’affaires net annuel.
Ainsi, l’audit énergétique des grandes entreprises peut servir de socle opérationnel, à condition de le piloter comme un outil de décision, et non comme une formalité.
Pour que l’audit énergétique obligatoire serve réellement la trajectoire énergie-carbone et, pour les entreprises concernées, le reporting de durabilité, le rapport doit produire des éléments directement exploitables :
- une ventilation des consommations par site et par usage, avec des hypothèses explicites et une période de référence documentée ;
- un plan d’actions chiffré et hiérarchisé, qui distingue clairement les gains attendus, les coûts, et les priorités de déploiement ;
- des indicateurs de suivi (avant/après) permettant de justifier l’avancement et d’alimenter la publication du taux d’exécution ;
- des scénarios réalistes, compatibles avec les contraintes d’exploitation, pour éviter un plan d’actions théorique impossible à exécuter.
En pratique, le rapport d’audit énergétique des grandes entreprises permet de mieux arbitrer les investissements (CAPEX/OPEX, priorités par site) et de renforcer la cohérence entre conformité réglementaire, performance énergétique et trajectoire de décarbonation, avec une logique de preuve.
Quelles consommations d’énergie sont analysées lors de l’audit énergétique réglementaire d’une grande entreprise ?
Plus l’étude thermique couvre de postes de dépenses énergétiques, plus l’audit énergétique tertiaire, d’une collectivité ou d’une industrie permet de définir des scénarios d’amélioration globale et d’identifier les sources de gaspillage énergétique.
Le périmètre d’analyse de l’audit énergétique des grandes entreprises
Toutes les consommations d’énergie liées aux activités de l’entreprise sont prises en compte, qu’il s’agisse notamment d’électricité, de gaz, de combustibles ou encore d’énergie renouvelable produite et autoconsommée sur site.
L’audit énergétique ou le Système de Management de l’Énergie doit couvrir au moins 80 % de la consommation énergétique finale de l’entreprise, appréciée au niveau de son SIREN.
La méthodologie de calcul des usages énergétiques
Pour analyser les consommations des grandes entreprises, les auditeurs suivent des règles de calcul précises établies au sein de la série de normes européennes NF EN 16 247 qui définissent des méthodes rigoureuses d’évaluation.
Depuis l’arrêté du 10 juillet 2025, l’audit s’appuie sur la norme NF EN 16247-1 : 2022, complétée selon les usages audités par les normes NF EN 16247-2 pour les bâtiments, NF EN 16247-3 pour les procédés industriels et NF EN 16247-4 pour les transports.
Cette méthodologie permet aux assujettis de disposer d’une vue d’ensemble sur leurs usages énergétiques et les potentielles sources de gaspillage.
En outre, grâce à l’utilisation d’une méthodologie commune, les audits deviennent comparables afin de définir des axes majeurs d’amélioration de la performance énergétique des bâtiments par secteur.
Ce qui a changé depuis le 1er janvier 2024
Les actions d’économies d’énergie et de recours aux énergies renouvelables et de récupération proposées dans le rapport doivent être classées selon leur temps de retour sur investissement :
- supérieur à 5 ans.
- inférieur ou égal à 1 an ;
- supérieur à 1 an et inférieur ou égal à 3 ans ;
- supérieur à 3 ans et inférieur ou égal à 5 ans ;
Quelles sont les étapes de réalisation de l’audit énergétique réglementaire en entreprise ?
La norme NF EN 16247 définit les étapes clés d’un audit énergétique réglementaire de grande entreprise.
Pour obtenir un rapport exploitable (et pas seulement conforme), l’entreprise a intérêt à préparer en amont les données, les accès et les interlocuteurs :
- Cadrer le périmètre et l’organisation de l’audit en validant le périmètre au niveau SIREN, en identifiant les sites et usages prioritaires, en désignant un référent interne et en planifiant la visite ;
- Collecter les données énergétiques et techniques, c’est à dire rassembler factures, historiques de consommations, contrats, données de comptage/sous-comptage, plans, schémas, listes d’équipements et consignes d’exploitation ;
- Réaliser la visite sur site, analyser les usages et identifier les gisements d’économies. Il faut ventiler les consommations par usage, repérer les gaspillages, qualifier les pertes et identifier les postes les plus énergivores à l’aide d’un logiciel d’audit certifié(bâtiments, procédés industriels, utilités, transport selon le périmètre audité) ;
- Chiffrer et hiérarchiser les actions, à travers l’estimation des coûts, gains, temps de retour et contraintes de mise en œuvre, puis construire des scénarios cohérents avec l’exploitation ;
- Formaliser le rapport et préparer le dépôt, ce qui implique de consolider les résultats, produire un plan d’actions chiffré et hiérarchisé, présenter les conclusions lors de la réunion de clôture, puis préparer les éléments nécessaires à leur transmission sur la plateforme ADEME.
Audit énergétique réglementaire des grandes entreprises : que contient le rapport final ?
Le contenu d’un rapport final d’audit énergétique d’une grande entreprise varie selon la nature des bâtiments étudiés et les activités qui s’y déroulent.
En 2026, le rapport d’audit et les données associées doivent permettre de caractériser précisément le périmètre audité, les consommations énergétiques et les actions d’amélioration préconisées.
- le numéro du certificat, sauf si l’audit est réalisé en interne par l’entreprise ;
- les informations générales de l’entreprise auditée ;
- la surface de bâtiments auditée et les activités auditées ;
- la consommation d’énergie pour chaque usage, le type d’énergie utilisée et le montant de la facture correspondant sur la période d’audit ;
- pour les procédés industriels, les températures des rejets de chaleur fatale et les quantités annuelles d’énergie associées ;
- les scénarios d’actions proposées pour améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments avec une hiérarchisation par priorité et rentabilité ;
- l’évaluation du coût des actions d’amélioration de l’efficacité énergétique et de recours aux énergies renouvelables proposées ;
- les économies d’énergie annuelles associées à chaque action proposée ;
- le temps de retour sur investissement (ROI) ;
- lorsque l’audit porte sur des bâtiments, l’impact éventuel des actions proposées sur la pérennité du bâti et la qualité architecturale.
Dans le cas d’une grande entreprise réalisant une activité de transport, les caractéristiques de la flotte de véhicules sont aussi à indiquer pour chaque type de véhicule.
Depuis le 1er octobre 2025, l’entreprise doit également élaborer un plan d’actions à partir des recommandations de l’audit, en recensant les mesures à mettre en œuvre lorsqu’elles sont techniquement ou économiquement possibles.
Ce plan doit :
- classer les mesures selon leur rentabilité et leur temps de retour sur investissement ;
- justifier toute non-mise en œuvre d’une action dont le temps de retour est inférieur à cinq ans ;
- être publié dans le rapport annuel de l’entreprise avec le taux d’avancement des actions réalisées.
Ces obligations visent à renforcer le suivi opérationnel de l’efficacité énergétique et à rendre les engagements plus transparents.
Comment transmettre le rapport d’audit d’une grande entreprise à l’administration pour se mettre en conformité ?
Pour transmettre un rapport d’audit énergétique de grande entreprise aux autorités compétentes et se mettre en conformité, il convient de se connecter à la plateforme nationale dédiée de l’ADEME (audit-energie.ademe.fr).
L’entreprise renseigne et dépose sur la plateforme les données et justificatifs réglementaires requis, dont le ou les rapports d’audit et, le cas échéant, les certificats relatifs aux systèmes de management de l’énergie ou de l’environnement, ou les justificatifs liés à un Contrat de Performance Énergétique.
Les DREAL, DEAL ou la DRIEAT sont chargées de contrôler les justificatifs déposés sur la plateforme et peuvent intervenir en cas de non-respect des obligations réglementaires.
Ces organismes valident la conformité du dossier et peuvent éventuellement demander des informations complémentaires ou des corrections.
Cette transmission permet aux autorités de contrôler le respect des obligations. La réalisation de l’audit ne suffit donc pas à elle seule, car les informations réglementaires doivent également être transmises sur la plateforme ADEME dans les délais prévus.
Les entreprises soumises à ces obligations déclarent chaque année leur consommation d’énergie finale lorsque celle-ci dépasse 2,75 GWh. Les informations relatives à la réalisation de l’audit ou à la certification du SMÉ sont, quant à elles, transmises dans les deux mois suivant leur réalisation ou leur certification.
Et les données confidentielles ?
Les données transmises restent la propriété de l’entreprise et sont couvertes par les secrets protégés par la loi. L’accès à la plateforme est encadré selon différents profils d’utilisateurs afin d’en préserver la confidentialité.
Qui est habilité à réaliser l’audit réglementaire d’une grande entreprise ?
Deux solutions s’offrent à une grande entreprise pour réaliser son audit énergétique : en interne ou en externe. Ce choix dépend principalement des compétences disponibles en interne et du coût que représente chacune des options.
L’arrêté du 10 juillet 2025 renforce les exigences de reconnaissance des compétences des auditeurs. Un prestataire externe doit être titulaire d’une certification conforme au nouveau référentiel pour les activités concernées par l’audit : bâtiments, procédés industriels ou transport. Un régime transitoire permet toutefois, jusqu’au 30 juin 2027, à certains prestataires titulaires d’un signe de qualité relevant de l’ancien dispositif de continuer à être reconnus compétents.
Cette certification atteste :
- des compétences techniques et de la formation continue de l’équipe d’audit ;
- de la conformité à la norme NF EN 16247 : 2022 ;
- de la réalisation d’une visite sur site obligatoire.
Un régime transitoire court jusqu’au 30 juin 2026, le temps que les bureaux d’études qualifiés OPQIBI 1905 adaptent leurs processus au nouveau cadre réglementaire.
Un collaborateur interne expert de la maîtrise de l’énergie
Les grandes entreprises peuvent disposer d’un service interne dédié à la gestion de l’énergie. C’est souvent le cas lorsque l’entreprise est engagée dans une démarche RSE (responsabilité sociétale des entreprises) ou si elle souhaite mettre en place un système de management de l’énergie (SME).
Quoi qu’il en soit, le collaborateur assigné à la réalisation de l’audit énergétique d’une grande entreprise doit témoigner de compétences techniques exigées par la réglementation pour que l’audit soit validé. Le personnel interne chargé de l’audit doit répondre aux critères de compétence définis par l’arrêté du 10 juillet 2025, notamment en matière de maîtrise des normes NF EN 16247, d’expérience professionnelle et d’organisation de la mission. Il ne peut pas participer directement à l’activité auditée sur le site concerné.
Enfin, l’audit énergétique d’une grande entreprise doit se conformer à la norme NF EN 16247-1, et le cas échéant aux normes NF EN 16247-2 Bâtiments, NF EN 16247-3 Procédés et NF EN 16247-4 Transport, pour être validé.
Un bureau d’études et de conseil en efficacité énergétique
Lorsqu’il est confié à un prestataire externe, l’audit énergétique doit être réalisé par un professionnel reconnu compétent pour les activités concernées : bâtiments, procédés industriels ou transport. Le nouveau dispositif repose sur une certification de la prestation d’audit énergétique délivrée selon le référentiel défini par l’arrêté du 10 juillet 2025.
En 2026, le ministère indique notamment que LNE, AFNOR Certification et OPQIBI ont reçu une recevabilité opérationnelle du COFRAC leur permettant de délivrer des certificats Audit énergétique dans le cadre de ce nouveau dispositif.
Ainsi, un professionnel certifié offre une garantie de moyen et de compétences pour mener à bien un audit énergétique réglementaire qui apporte de véritables bénéfices aux grandes entreprises pour réduire leurs consommations d’énergie et répondre à leurs obligations.
5 points clés pour être conforme et bien exploiter le rapport d’audit énergétique d’une grande entreprise
Depuis le 1ᵉʳ octobre 2025, l’assujettissement à l’audit énergétique des grandes entreprises dépend de la consommation annuelle moyenne d’énergie finale calculée sur les trois années civiles précédentes.
Pour garantir la conformité de l’entreprise et obtenir un plan réellement actionnable, l’entreprise assujettie doit :
- Consolider les consommations à l’échelle du SIREN et cadrer un périmètre couvrant au moins 80 % de la consommation énergétique finale de l’entreprise ;
- Choisir un auditeur disposant des qualifications attendues par le nouveau cadre ;
- Appliquer la norme NF EN 16247 (version 2022) et intégrer une visite in situ conformément aux exigences de l’arrêté ;
- Produire un plan d’actions chiffré et hiérarchisé et justifier les recommandations non mises en œuvre lorsque leur temps de retour sur investissement est inférieur à cinq ans ;
- Transmettre sur la plateforme ADEME les données et justificatifs réglementaires liés à l’audit, respecter l’obligation annuelle de déclaration des consommations lorsqu’elle s’applique, puis suivre la mise en œuvre du plan d’actions.
Un audit énergétique bien cadré permet de réduire durablement les coûts, de prioriser les investissements et de disposer d’une base solide pour piloter la performance énergétique et les exigences croissantes de transparence.
Audit énergétique réglementaire des grandes entreprises : Opéra Energie vous accompagne
Notre équipe propose un accompagnement personnalisé et garantit la conformité réglementaire de l’audit énergétique grandes entreprises avec la norme NF EN 16 247. En outre, notre expertise des réglementations complémentaires, comme le décret tertiaire et le décret BACS, assure aux professionnels de disposer d’un audit énergétique de grande entreprise qui répond à toutes vos obligations.
En lien avec les préconisations de travaux à réaliser pour améliorer la performance énergétique des grandes entreprises, nous nous occupons également de la recherche de financements (CEE, subventions, etc.) pour un meilleur retour sur investissement. Nous vous mettons également en relation avec des partenaires de confiance dans le cadre de la réalisation des travaux préconisés par l’audit énergétique réglementaire.
Notre équipe est spécialisée dans la réalisation d’audits énergétiques pour les grandes entreprises. Nos audits énergétiques suivent une méthode clé en main :
- Analyse de documents et factures ;
- Visite du site, récupération des données techniques et d’usages ;
- Modélisation, via un logiciel de calcul thermique agréé, et réalisation d’un bilan énergétique ;
- Préconisations de travaux chiffrées et scénarios ;
- Présentation du rapport d’audit, travaux chiffrés et scénarios inclus.
Une synthèse comparative, véritable outil d’aide à la décision pour les grandes entreprises
D’un seul coup d’oeil, retrouvez l’ensemble des options
de chaque scénario.
Des projections précises et chiffrées directement exploitables
Voici une liste non exhaustive de livrables fournis par notre bureau d’études pour les audits énergétiques des grandes entreprises :
- Une estimation prévisionnelle des coûts de travaux ;
- Le potentiel d’économies d’énergie ;
- Le coût d’inaction et le coût d’entretien des installations et les risques liés à un mauvais entretien ;
- Les aides financières disponibles ;
- Un retour sur investissement (ROI) calculé avec des hypothèses d’inflation.
Notre bureau d’études détient la qualification OPQIBI 1905 pour assurer des audits en conformité avec la réglementation. En outre, nous accompagnons les grandes entreprises à chacune des étapes pour les conseiller et répondre à chacune de leurs questions.
Diplômée d'un master en environnement, Alexandra a exercé en tant qu'ingénieure pendant quinze ans en bureaux d'études techniques.
Depuis 2019, elle est rédactrice web spécialisée sur les sujets liés à l'énergie et au bâtiment. Spécialiste des enjeux de la transition énergétique, elle associe sa plume à son expertise pour rédiger des contenus qui répondent aux enjeux des entreprises.