L’audit énergétique des grandes entreprises représente la première étape pour définir une feuille de route dans l’objectif de réduire les consommations d’énergie et optimiser les coûts de fonctionnement des plus grandes infrastructures tertiaires et industrielles. Quelles entités sont assujetties ? Qu’est-ce qui a changé au 1er octobre 2025 ? Comment l’audit réglementaire aide-t-il à planifier une rénovation efficace ? À quel auditeur confier cette étude thermique pour atteindre plus rapidement ses objectifs de déconsommation ?

Qu’est-ce qu’un audit énergétique de grandes entreprises ?

Audit énergétique des grandes entreprises

L’audit énergétique d’une grande entreprise est un processus de diagnostic complet des consommations énergétiques liées au fonctionnement d’un ou plusieurs bâtiments et aux activités qui s’y déroulent.

En effet, l’audit énergétique d’une entreprise se concentre sur la plupart des systèmes qui utilisent de l’énergie et sont susceptibles de la gaspiller :

  • le conditionnement du bâtiment (chauffage, climatisation, ventilation, etc.) ;
  • les procédés industriels en lien avec les activités, comme les chaînes de production ;
  • les équipements annexes comme les ascenseurs ou les systèmes de sécurité ;
  • le transport en lien avec la flotte de véhicules de l’entreprise ;
  • etc.

Le principal objectif de l’audit énergétique des grandes entreprises consiste à identifier les sources de gaspillage énergétique pour pouvoir proposer des solutions d’amélioration prioritaires à travers des scénarios de travaux pertinents.

Différences entre audit énergétique en grandes entreprises et le DPE 

L’audit énergétique et le DPE (diagnostic de performance énergétique) partagent des objectifs communs, mais présentent un niveau de complexité différent. Le DPE tertiaire est un diagnostic standardisé, qui doit être effectué lors de la vente ou location d’un bâtiment tertiaire, qui évalue sa consommation d’énergie et ses émissions de CO₂. Il fournit une étiquette énergie (de A à G), mais reste indicatif. En revanche, l’audit énergétique est une étude plus approfondie et personnalisée. Il analyse l’ensemble des usages énergétiques et propose des actions concrètes d’optimisation. Dans un contexte tertiaire ou industriel, l’audit représente un véritable outil stratégique d’amélioration de l’efficacité énergétique.

Audit énergétique en grandes entreprises : que dit la loi ?

Conformément aux textes publiés par le ministère de la Transition écologique et la DREAL, la loi évolue en 2025 concernant l’assujettissement des grandes entreprises à l’audit énergétique réglementaire. Zoom sur les nouveautés et rétrospective.

Mise à jour réglementaire du 1er octobre 2025 : un nouveau mode d’assujettissement

Depuis le 1er octobre 2025, les obligations d’audit énergétique des grandes entreprises ont évolué conformément à la loi DDADUE du 30 avril 2025 et à l’arrêté ministériel du 10 juillet 2025 (source DREAL Grand Est et ADEME).

Désormais, ce ne sont plus les effectifs ou le chiffre d’affaires qui déterminent l’assujettissement à l’audit énergétique réglementaire d’une grande entreprise, mais la consommation annuelle moyenne d’énergie finale sur les trois dernières années :

  • les entreprises consommant au moins 23,6 GWh/an doivent mettre en place un Système de Management de l’Énergie (SMÉ) certifié ;
  • celles dont la consommation atteint 2,75 GWh/an et qui ne disposent pas d’un SMÉ sont tenues de réaliser un audit énergétique tous les quatre ans.

Ces nouveaux seuils s’appliquent au niveau SIREN et visent à cibler les entreprises à plus fort impact énergétique.

Les entités concernées doivent déclarer leur situation (audit ou SMÉ) sur la plateforme nationale ADEME audit-energie.ademe.fr.

Les nouvelles entreprises entrant dans le champ d’application disposent d’un délai :

  • jusqu’au 11 octobre 2026 pour réaliser leur premier audit énergétique ;
  • jusqu’au 11 octobre 2027 pour faire certifier leur SMÉ (source : ATEE, présentation du 25 juin 2025).

Contexte européen et transposition nationale : ce qui change depuis la directive DEE 

L’évolution du cadre réglementaire de l’audit énergétique des grandes entreprises découle directement de la Directive européenne 2023/1791 relative à l’efficacité énergétique (DEE), adoptée le 13 septembre 2023. Cette directive impose à chaque État membre de renforcer le principe de primauté de l’efficacité énergétique, c’est-à-dire de privilégier systématiquement les solutions permettant de réduire la consommation avant toute autre mesure technique. Pour la France, sa transposition s’est traduite par la loi DDADUE du 30 avril 2025, dont l’article 25 modifie le Code de l’énergie.
Ce texte redéfinit les critères d’assujettissement à l’audit énergétique, désormais basés sur la consommation d’énergie finale (et non plus sur la taille de l’entreprise), et introduit de nouvelles obligations : plan d’actions chiffré, déclaration sur la plateforme ADEME et publication du taux d’exécution dans le rapport annuel. Entrée en vigueur le 1er octobre 2025, cette réforme marque une convergence accrue entre l’audit réglementaire, le management de l’énergie (ISO 50001) et les objectifs européens de décarbonation.

Rappel : les assujettis à l’audit énergétique des grandes entreprises jusqu’au 1er octobre 2025

Avant le 1er octobre 2025, les grandes entreprises concernées par l’audit énergétique réglementaire étaient des personnes morales immatriculées au registre du commerce et des sociétés (Registre national des entreprises depuis le 1er janvier 2023) et disposant d’un numéro SIREN.

Pour que l’obligation s’applique, l’une des deux conditions suivantes doit également être respectée :

  • être une grande entreprise du tertiaire ou de l’industrie comptant plus de 250 salariés ;
  • afficher un chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros (hors TVA et autres taxations) et un bilan supérieur à 43 millions d’euros sur les deux derniers exercices comptables.

Les nouvelles entreprises répondant à ces critères disposent de 6 mois pour se mettre en conformité et réaliser leur premier audit énergétique réglementaire de grandes entreprises.

Le cas particulier des grandes entreprises certifiées ISO 50001

L’audit énergétique réglementaire est devenu facultatif pour les entreprises certifiées ISO 50001 sur au moins 80 % de leur consommation énergétique (décret n° 2014-1393 du 24 novembre 2014). Cette certification accordée par un organisme COFRAC prouve qu’elles sont engagées dans une démarche de management de l’énergie et qu’elles respectent des normes strictes pour optimiser leurs consommations énergétiques.

La réforme entrée en vigueur le 1er octobre 2025 étend les cas d’exemption à deux nouvelles situations, précisées par la DREAL :

  • les entreprises certifiées ISO 14001 dont le système de management environnemental intègre un audit énergétique conforme à la norme NF EN 16247 ;
  • les entreprises ayant conclu un Contrat de Performance Énergétique (CPE) couvrant au moins 80 % de leur consommation énergétique (un arrêté complémentaire viendra en préciser les modalités).

Ces nouvelles possibilités permettent d’éviter la duplication des démarches lorsque des dispositifs équivalents d’amélioration continue de la performance énergétique sont déjà en place.

Le cadre réglementaire de l’audit énergétique des grandes entreprises

La loi du 16 juillet 2013 a transposé en droit français la directive européenne 2012/27/UE relative à la promotion de l’efficacité énergétique.

Cette loi apporte un cadre législatif à l’audit énergétique réglementaire des grandes entreprises et précise quelles sont les cibles assujetties.

Ainsi, depuis le 5 décembre 2015, les grandes entreprises assujetties doivent réaliser un audit énergétique selon les exigences de la norme NF EN 16 247.

En outre, la loi mentionne que l’audit énergétique des grandes entreprises est à actualiser tous les 4 ans et doit couvrir au moins 80 % de la consommation d’énergie des bâtiments audités.

Toutefois, l’arrêté ministériel du 10 juillet 2025, publié au Journal officiel du 16 juillet 2025, précise les modalités de mise en œuvre du nouvel audit énergétique des grandes entreprises.

Pris en application du décret n° 2024-624, ce texte rend désormais obligatoire l’application de la norme NF EN 16247 : 2022 (version actualisée).
Il définit également :

  • la visite in situ obligatoire pour tout audit ;
  • la méthodologie commune d’échantillonnage et de hiérarchisation des usages représentant au moins 10 % des consommations du site ;
  • les exigences de qualification et de compétences des auditeurs, certifiés selon le référentiel ISO/IEC 17065 ;
  • la délivrance d’une attestation de réalisation à transmettre avec le rapport d’audit sur la plateforme ADEME.

Un régime transitoire est prévu jusqu’au 30 juin 2026, durant lequel les anciennes qualifications NF X 50-091 restent valides (source du Ministère de la Transition écologique – Arrêté du 10/07/2025).

Évolution du cadre réglementaire de l’audit énergétique des grandes entreprises (entrée en vigueur au 1ᵉʳ octobre 2025)

Éléments clésAvant le 1ᵉʳ octobre 2025Depuis le 1ᵉʳ octobre 2025 (réforme DEE – article 25 loi DDADUE)
Critères d’assujettissementBasés sur la taille de l’entreprise : > 250 salariés ou CA > 50 M€ et bilan > 43 M€.Basés sur la consommation annuelle moyenne d’énergie finale : ≥ 2,75 GWh/an (audit) ou ≥ 23,6 GWh/an (SMÉ certifié ISO 50001).
Périmètre de référencePar entité juridique (personne morale).Par SIREN, sur la moyenne des 3 dernières années de consommation d’énergie finale.
Obligation principaleRéaliser un audit énergétique réglementaire tous les 4 ans.Réaliser un audit énergétique ou un SMÉ certifié, selon le niveau de consommation.
Certification / équivalenceExemption uniquement pour les entreprises certifiées ISO 50001 sur ≥ 80 % des consommations.Exemptions élargies : ISO 50001, ISO 14001 intégrant un audit conforme NF EN 16247, ou CPE couvrant ≥ 80 % des consommations.
MéthodologieRéférence : norme NF EN 16247 : 2012.Référence : NF EN 16247 : 2022, actualisée par l’arrêté du 10 juillet 2025 (visite in situ, usages ≥ 10 %, certification ISO/IEC 17065).
Plan d’actionsNon obligatoire.
Rapport limité au diagnostic et aux recommandations.
Obligatoire : plan d’actions chiffré, hiérarchisé, justification des mesures non réalisées dont le TRI < 5 ans.
Déclaration et suiviDépôt du rapport sur la plateforme ADEME.Déclaration annuelle obligatoire sur la plateforme audit-energie.ademe.fr, incluant la consommation et l’état de conformité (audit ou SMÉ).
Publication / transparenceAucune obligation de publication externe.Publication du plan d’actions et du taux d’exécution dans le rapport annuel de l’entreprise (sous réserve du secret des affaires).
Compétences des auditeursQualification NF X 50-091 (ou OPQIBI 1905).Certification de prestation délivrée par un organisme accrédité ISO/IEC 17065 (régime transitoire jusqu’au 30 juin 2026).
SanctionsJusqu’à 2 % du CA HT (4 % en récidive).Identiques, mais contrôles renforcés via la plateforme ADEME (traçabilité et suivi du plan d’actions).
Entrée en vigueur / transitionDispositif en place depuis le 5 décembre 2015.Réforme applicable au 1ᵉʳ octobre 2025, avec délais :
audit avant 11 octobre 2026 ;
SMÉ avant 11 octobre 2027.
Tableau de synthèse de l’évolution du cadre réglementaire de l’audit énergétique des grandes entreprises

Audit énergétique des grandes entreprises : quelles sanctions en cas non-réalisation ?

Lorsque l’audit énergétique des grandes entreprises n’est pas conforme aux critères définis par la réglementation, l’autorité administrative peut demander des compléments d’information. Si la grande entreprise ne fait pas mettre l’audit énergétique en conformité, elle s’expose à une amende.

Cette sanction financière peut atteindre 2 % du chiffre d’affaires HT du dernier exercice clôturé, et 4 % en cas de récidive.

À titre d’information, les modalités d’application de la loi sur l’audit énergétique des grandes entreprises sont disponibles dans le Code de l’énergie au sein de plusieurs articles :

  • les sanctions encourues par les grandes entreprises assujetties qui ne respectent pas la réglementation (article L.233-4) ;
  • les qualifications précises requises par les auditeurs pour réaliser un audit énergétique réglementaire (article L.233-3) ;
  • les critères stricts qui définissent le périmètre de réalisation de l’audit et le rapport final pour être validés (article D.233-3).

Audit énergétique d’une grande entreprise  : combien ça coûte ?

Le prix de l’audit énergétique d’une grande entreprise

Pour estimer le prix d’un audit énergétique de grande entreprise, il convient d’évaluer son coût initial, les aides disponibles et les économies réalisées à la suite de la mise en œuvre des recommandations qu’il contient.

Le prix d’un audit énergétique de grande entreprise varie en fonction de nombreux facteurs :

  • la taille de l’entreprise ;
  • le périmètre d’analyse ;
  • la complexité des installations ;
  • les objectifs de l’entreprise ;
  • la performance initiale des bâtiments ;
  • etc.

En moyenne, le coût d’un audit énergétique de grande entreprise oscille entre quelques milliers et plusieurs dizaines de milliers d’euros. Ce montant peut sembler élevé. Toutefois, il doit être vu comme un investissement dans l’optimisation énergétique pour générer d’importantes économies à long terme et se mettre en conformité avec la réglementation.

Certifié OPQIBI 1905, Opéra Énergie vous propose un devis sur mesure pour un audit énergétique de grande entreprise parfaitement adapté aux besoins de vos locaux et de vos activités.

Les aides financières pour l’audit énergétique réglementaire des grandes entreprises

La réalisation d’un audit énergétique représente un investissement pour l’entreprise. Malheureusement, cette étude ne bénéficie d’aucune aide financière lorsqu’elle est obligatoire.

En revanche, la réalisation d’un audit énergétique non réglementaire en entreprise est soutenue par l’ADEME sous forme de subventions.

Ces aides s’adressent aux PME de moins de 250 salariés, notamment dans le secteur industriel, lorsque l’audit porte sur les sites de production. Les bâtiments purement tertiaires sont généralement exclus de cette aide.

Le taux de prise en charge varie selon la taille de l’entreprise :

  • 70 % pour les petites entreprises ;
  • 60 % pour les moyennes entreprises ;
  • 50 % à 60 % pour les grandes entreprises (hors audits obligatoires).

Les aides sont plafonnées à :

  • 50 000 € pour les études de diagnostic énergétique ;
  • 100 000 € pour les études d’accompagnement de projet.

Les demandes de subvention se font directement sur le site de l’ADEME, à travers la plateforme « Agir pour la transition écologique ».

Pourquoi réaliser un audit énergétique d’une grande entreprise ?

L’audit énergétique d’une grande entreprise revêt un enjeu stratégique pour plusieurs raisons.

Réduire les coûts opérationnels des grandes entreprises

L’audit énergétique d’une grande entreprise cartographie précisément les usages énergétiques de l’entreprise : conditionnement d’air, processus industriels, systèmes spécifiques à une industrie, éclairage, etc.

En listant les postes les plus énergivores, l’audit identifie des leviers concrets d’économies sur les coûts de fonctionnement, comme la modernisation des équipements, l’ajustement des usages, la récupération de chaleur fatale, etc.

Pour une grande entreprise, ces optimisations peuvent représenter des centaines de milliers d’euros d’économies annuelles. Dans un contexte de prix de l’énergie instables, maîtriser sa consommation devient un avantage concurrentiel majeur pour maintenir des prix justes sans affecter la rentabilité de son entreprise.

Se conformer à la réglementation

En l’absence de certification ISO 50001, l’audit énergétique constitue une obligation légale pour les grandes entreprises assujetties.

Ne pas s’y conformer expose à des sanctions financières et peut impacter l’image de marque de la société.

De plus, d’autres réglementations, comme le décret tertiaire ou le décret BACS impose aux grandes entreprises de réduire leurs consommations d’énergie. Ainsi, dans une structure au fonctionnement complexe, identifier les opérations d’efficacité énergétique les plus pertinentes requiert un audit préalable.

Affirmer son engagement dans la transition énergétique

Au-delà des bénéfices économiques, l’audit énergétique des grandes entreprises apporte un signal fort, d’autant plus s’il est initié en l’absence de contraintes réglementaires.

Il démontre la volonté de l’entreprise de :

  • limiter son impact environnemental ;
  • optimiser ses ressources ;
  • s’inscrire dans une trajectoire de décarbonation.

Cet engagement renforce la crédibilité d’une grande entreprise auprès de ses clients, de ses investisseurs et du recrutement de futurs talents, de plus en plus sensibles aux politiques RSE.

En initiant une stratégie énergétique responsable, l’entreprise gagne en attractivité, en légitimité, et affirme sa résilience face aux enjeux climatiques.

Piloter une stratégie énergétique à long terme

L’audit énergétique d’une grande entreprise ne se limite pas à un état des lieux ponctuel et unique.

C’est un outil d’aide à la décision pour définir des priorités, fixer des objectifs réalistes et bâtir une feuille de route cohérente sur le long terme.

Cette étude favorise une approche complémentaire entre performance économique, innovation technique et développement durable.

Quelles consommations d’énergie sont analysées lors de l’audit énergétique réglementaire d’une grande entreprise ?

Plus l’étude thermique couvre de postes de dépenses énergétiques, plus l’audit énergétique tertiaire, d’une collectivité ou d’une industrie permet de définir des scénarios d’amélioration globale et d’identifier les sources de gaspillage énergétique.

Le périmètre d’analyse de l’audit énergétique des grandes entreprises

L’audit énergétique des grandes entreprises peut couvrir l’ensemble des activités énergivores d’une entreprise. Toutes les sources d’énergie facturées à l’entreprise sont concernées : gaz, électricité, fioul, butane, biomasse, combustibles en tout genre, etc.

Toutefois, l’exigence légale impose que l’audit couvre au moins 80 % de la facture énergétique totale de l’entreprise pour garantir que les principaux postes de consommation sont bien pris en compte.

La méthodologie de calcul des usages énergétiques

Pour analyser les consommations des grandes entreprises, les auditeurs suivent des règles de calcul précises établies au sein de la série de normes européennes NF EN 16 247 qui définissent des méthodes rigoureuses d’évaluation.

Composées de 5 parties, ces normes s’appliquent au bâtiment, à l’industrie et aux transports depuis le 5 décembre 2015. Chaque partie détaille les procédures de collecte et d’analyse spécifiques selon les postes de consommation. Les données indispensables à l’audit énergétique des grandes entreprises sont à relever sur une période représentative afin de dresser un diagnostic complet et fiable.

Cette méthodologie permet aux assujettis de disposer d’une vue d’ensemble sur leurs usages énergétiques et les potentielles sources de gaspillage​.

En outre, grâce à l’utilisation d’une méthodologie commune, les audits deviennent comparables afin de définir des axes majeurs d’amélioration de la performance énergétique des bâtiments par secteur.

Ce qui a changé depuis le 1er janvier 2024

Les opérations issues de l’audit énergétique des grandes entreprises qui visent à améliorer la performance énergétique des bâtiments et à recourir aux énergies renouvelables sont à hiérarchiser depuis le 1er janvier 2024 en fonction de leur temps de retour sur investissement. Les actions dont le ROI est ≤ 1 an sont à prioriser. Viennent ensuite les opérations rentabilisées sous 1 à 3 ans, puis celles qui nécessitent moins de 5 ans pour permettre à l’entreprise de rentrer dans ses frais.

Quelles sont les étapes de réalisation de l’audit énergétique réglementaire en entreprise ?

La norme NF EN 16 247 définit les 5 étapes de réalisation d’un audit énergétique de grandes entreprises :

  1. La définition du périmètre d’analyse lors d’une première visite de l’auditeur sur le site de l’entreprise assujettie. Les plus gros consommateurs d’énergie se retrouvent parmi les installations qui seront obligatoirement analysées ;
  2. La collecte des données énergétiques consiste à recueillir les informations sur les consommations passées, les équipements et les infrastructures pour évaluer l’état actuel de l’efficacité énergétique du bâtiment ;
  3. L’analyse des données et l’identification des gisements d’économies sont réalisées grâce à un logiciel d’audit énergétique pour repérer les sources de pertes énergétiques et les actions correctives possibles ;
  4. L’évaluation financière des actions recommandées comprend l’estimation des coûts, du temps de retour sur investissement et des économies d’énergie réalisables à long terme ;
  5. La rédaction du rapport final reprend les résultats, les recommandations et l’estimation du gain énergétique attendu après travaux. Ce rapport est transmis au client lors d’un débriefing avant d’être déposé sur la plateforme nationale dédiée.

Audit énergétique réglementaire des grandes entreprises : que contient le rapport final ?

Le contenu d’un rapport final d’audit énergétique d’une grande entreprise varie selon la nature des bâtiments étudiés et les activités qui s’y déroulent.

Depuis le 1er janvier 2024, le rapport d’audit doit néanmoins contenir obligatoirement une série d’informations communes à toutes les entreprises auditées pour être valide :

  • le numéro du certificat, sauf si l’audit est réalisé en interne par l’entreprise ;
  • les informations générales de l’entreprise auditée ;
  • la surface de bâtiments auditée et les activités auditées ;
  • la consommation d’énergie pour chaque usage, le type d’énergie utilisée et le montant de la facture correspondant sur la période d’audit ;
  • les scénarios d’actions proposées pour améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments avec une hiérarchisation par priorité et rentabilité ;
  • le budget à allouer à la rénovation et à l’optimisation de la performance énergétique ;
  • les économies d’énergie prévues sur 1 an ;
  • le temps de retour sur investissement (ROI) ;
  • la description de l’impact éventuel des améliorations sur l’architecture du bâtiment et sa pérennité.

Dans le cas d’une grande entreprise réalisant une activité de transport, les caractéristiques de la flotte de véhicules sont aussi à indiquer pour chaque type de véhicule.

Attention, depuis le 1er octobre 2025, l’audit énergétique réglementaire doit obligatoirement déboucher sur un plan d’actions chiffré.
Ce plan doit :

  • classer les mesures selon leur rentabilité et leur temps de retour sur investissement ;
  • justifier toute non-mise en œuvre d’une action dont le temps de retour est inférieur à cinq ans ;
  • être publié dans le rapport annuel de l’entreprise avec le taux d’avancement des actions réalisées.

Ces obligations visent à renforcer le suivi opérationnel de l’efficacité énergétique et à rendre les engagements plus transparents.

Comment transmettre le rapport d’audit d’une grande entreprise à l’administration pour se mettre en conformité ?

Pour transmettre un rapport d’audit énergétique de grande entreprise aux autorités compétentes et se mettre en conformité, il convient de se connecter à la plateforme nationale dédiée de l’ADEME (audit-energie.ademe.fr).

Le rapport complet d’audit énergétique réglementaire peut être déposé électroniquement accompagné d’une synthèse réglementaire, voire du certificat ISO 50001 si l’entreprise concernée est aussi certifiée.

Une fois envoyé, ce rapport sera examiné par la direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL/DEAL) ou la direction régionale et interdépartementale de l’Environnement, de l’Aménagement et des Transports (DRIEAT).

Ces organismes valident la conformité du dossier et peuvent éventuellement demander des informations complémentaires ou des corrections.

Ce dépôt garantit leur traçabilité et permet aux autorités de vérifier la conformité des entreprises. En l’absence de dépôt, la grande entreprise assujettie ne peut pas être considérée comme en règle, même si l’audit énergétique répond aux normes en vigueur !

Pour rappel, le rapport d’audit énergétique des grandes entreprises est à conserver pendant au moins 8 ans afin de respecter les obligations réglementaires.

Depuis octobre 2025, toutes les entreprises dont la consommation moyenne dépasse 2,75 GWh/an doivent déclarer leurs consommations et le respect de leur obligation (audit ou SMÉ) sur le portail national audit-energie.ademe.fr. Cette déclaration annuelle permet aux DREAL et à la DRIEAT de contrôler la conformité et le suivi des plans d’action.

Et les données confidentielles ?

À noter que toutes les données restent confidentielles. Seules les autorités habilitées y accèdent, et l’audit énergétique l’audit énergétique d’une grande entreprise n’a pas vocation à être rendu public. Ainsi, les informations stratégiques et sensibles demeurent protégées contre toute divulgation à des tiers ou à des concurrents.

Qui est habilité à réaliser l’audit réglementaire d’une grande entreprise ?

Deux solutions s’offrent à une grande entreprise pour réaliser son audit énergétique : en interne ou en externe. Ce choix dépend principalement des compétences disponibles en interne et du coût que représente chacune des options.

Attention ! L’arrêté du 10 juillet 2025 renforce les critères de qualification des auditeurs.
Désormais, les prestataires doivent disposer d’une certification de prestation délivrée par un organisme accrédité ISO/IEC 17065.
Cette certification atteste :

  • des compétences techniques et de la formation continue de l’équipe d’audit ;
  • de la conformité à la norme NF EN 16247 : 2022 ;
  • de la réalisation d’une visite sur site obligatoire.

Un régime transitoire court jusqu’au 30 juin 2026, le temps que les bureaux d’études qualifiés OPQIBI 1905 adaptent leurs processus au nouveau cadre réglementaire.

Un collaborateur interne expert de la maîtrise de l’énergie

Les grandes entreprises peuvent disposer d’un service interne dédié à la gestion de l’énergie. C’est souvent le cas lorsque l’entreprise est engagée dans une démarche RSE (responsabilité sociétale des entreprises) ou si elle souhaite mettre en place un système de management de l’énergie (SME).

Quoi qu’il en soit, le collaborateur assigné à la réalisation de l’audit énergétique d’une grande entreprise doit témoigner de compétences techniques exigées par la réglementation pour que l’audit soit validé. Par exemple, il doit disposer d’une accréditation délivrée par le COFRAC.

Pour ce faire, une formation dans le domaine de l’énergétique peut être suivie et une première expérience concluante sur une mission similaire contribueront à la validation du rapport d’audit final.

Enfin, l’audit énergétique d’une grande entreprise doit se conformer à la norme NF EN 16247-1, et le cas échéant aux normes NF EN 16247-2 Bâtiments, NF EN 16247-3 Procédés et NF EN 16247-4 Transport, pour être validé.

Un bureau d’études et de conseil en efficacité énergétique

L’audit énergétique d’une grande entreprise doit être réalisé par un auditeur qualifié et titulaire d’une certification délivrée par des organismes accrédités par le COFRAC, comme :

  • l’OPQIBI (Organisme de Qualification de l’Ingénierie), et plus précisément la qualification 1905 « Audit énergétique bâtiments, procédés industriels, réseaux de chaleur et de froid » dont dispose Opéra Énergie ;
  • l’AFNOR (association française de normalisation) et la qualification audit énergétique « Mention Étude RGE audit énergétique Bâtiment » ;
  • le LNE (laboratoire national de métrologie et d’essais) ;
  • l’ICERT (conseil industriel pour les technologies d’intervention d’urgence) ;
  • etc.

Un professionnel certifié offre une garantie de moyen et de compétences pour mener à bien un audit énergétique réglementaire qui apporte de véritables bénéfices aux grandes entreprises pour réduire leurs consommations d’énergie et répondre à leurs obligations.

À la suite de la réforme de 2025, les modalités de contrôle restent assurées par les DREAL et la DRIEAT, via la plateforme audit-energie.ademe.fr.

En cas de non-conformité, les sanctions demeurent fixées par l’article L.233-4 du Code de l’énergie :

  • jusqu’à 2 % du chiffre d’affaires HT pour une première infraction ;
  • 4 % en cas de récidive.

Les rapports doivent toujours être conservés pendant au moins huit ans.

Audit énergétique réglementaire des grandes entreprises : Opéra Energie vous accompagne

Notre équipe propose un accompagnement personnalisé et garantit la conformité réglementaire de l’audit énergétique grandes entreprises avec la norme NF EN 16 247. En outre, notre expertise des réglementations complémentaires, comme le décret tertiaire et le décret BACS, assure aux professionnels de disposer d’un audit énergétique de grande entreprise qui répond à toutes vos obligations.

En lien avec les préconisations de travaux à réaliser pour améliorer la performance énergétique des grandes entreprises, nous nous occupons également de la recherche de financements (CEE, subventions, etc.) pour un meilleur retour sur investissement. Nous vous mettons également en relation avec des partenaires de confiance dans le cadre de la réalisation des travaux préconisés par l’audit énergétique.

Notre équipe est spécialisée dans la réalisation d’audits énergétiques pour les grandes entreprises. Nos audits énergétiques suivent une méthode clé en main :

  • Analyse de documents et factures ;
  • Visite du site, récupération des données techniques et d’usages ;
  • Modélisation, via un logiciel de calcul thermique agréé, et réalisation d’un bilan énergétique ;
  • Préconisations de travaux chiffrées et scénarios ;
  • Présentation du rapport d’audit, travaux chiffrés et scénarios inclus.

Une synthèse comparative, véritable outil d’aide à la décision pour les grandes entreprises

audit énergétique synthèse comparative

D’un seul coup d’oeil, retrouvez l’ensemble des options
de chaque scénario.

Obtenez des projections précises et chiffrées

Voici une liste non exhaustive de livrables fournis par notre bureau d’études pour les audits énergétiques des grandes entreprises :

  • Une estimation prévisionnelle des coûts de travaux ;
  • Le potentiel d’économies d’énergie ;
  • Le coût d’inaction et le coût d’entretien des installations et les risques liés à un mauvais entretien ;
  • Les aides financières disponibles ;
  • Un retour sur investissement (ROI) calculé avec des hypothèses d’inflation.

qualification OPQIBI 1905

Notre bureau d’études détient la qualification OPQIBI 1905 pour assurer des audits en conformité avec la réglementation. En outre, nous accompagnons les grandes entreprises à chacune des étapes pour les conseiller et répondre à chacune de leurs questions.

Diplômée d'un master en environnement, Alexandra a exercé pendant quinze ans dans des bureaux d'études techniques.

Depuis 2019, elle est rédactrice web spécialisée sur les sujets liés à l'énergie et l'environnement. Passionnée par les enjeux de la transition énergétique, elle associe sa plume à son expertise pour rédiger des contenus qui répondent aux enjeux des entreprises.