Selon GRDF, la consommation quotidienne d’eau chaude sanitaire d’un hôtel de 50 chambres oscille entre « 3750 litres et 18 000 litres ». Pour réduire cette consommation d’eau chaude, il est possible de financer la mise en place de pommes de douche hydro-économes dans les bâtiments tertiaires. Cette opération de travaux entre dans le cadre des Certificats d’Economies d’Energie (CEE). Elle est définie par la fiche d’opération standardisée BAT-EQ-133.

Fiche BAT-EQ-133 : systèmes hydro-économes

Fiche CEE BAT-EQ-133

La fiche CEE Tertiaire BAT-EQ-133 permet de définir un cadre d’exigence de performance pour l’installation de pommes de douche hydro-économes ou d’aérateurs de douche. Ces dispositifs permettent de réduire le débit d’eau au niveau du pommeau pour réduire la consommation d’eau mais aussi d’électricité. En effet, afin de chauffer un m3 d’eau de 15°C à 40°C, il faut utiliser environ 32,5 kWh d’électricité.

Que signifie le code BAT-EQ-133 ?

Les fiches d’opérations standardisées de l’Ademe sont toutes classées grâce à un système de code. Le code BAT-EQ-133 signifie :

  • BÂtiment Tertiaire (BAT). Les travaux doivent être réalisés dans des locaux tertiaires ;
  • EQuipement (EQ). Les travaux se font sur les équipements ;
  • 133, un numéro unique pour identifier l’opération.

BAT-EQ-133 : quels critères respecter ?

Les pommes de douche

Pour pouvoir profiter des CEE tertiaire, il faudra installer des pommes de douche :

  • de classe Z avec un débit maximum à 9 litres/minute à 3 bars de pression ;
  • de classe ZZ dans le respect de la norme EN NF 1112 ;
  • du label « EPA Watersense » pour les pommeaux au débit inférieur 7,6 litres/minute.

Les aérateurs et régulateurs

Concernant les aérateurs de jets, il faudra respecter certaines normes. Il faudra installer des aérateurs :

  • non régulés de classe Z avec un débit de 7,5 à 9 litres/minute de la norme EN NF 246 ;
  • aérateurs autorégulés de débit inférieur à 7,5 litres/minute des normes américaines ASME/ANSI A112.18.1 et NSF 61 avec un label « EPA Watersense ».

CEE et kWh cumac : calculer les économies d’énergie ?

En respectant les standards de la fiche BAT EQ 133, une entreprise peut faire des économies d’énergie mesurée kWh cumac (« cumulé » et « actualisé »). Il faudra procéder au calcul suivant :

Montant en kWh cumac par équipement x Facteur correctif d’activité x nombre d’équipements installés.

Montant de certificats en kWh cumac pour les pommes de douche

Pommes de doucheMontant en kWh cumac par équipement
Classe Z1200
Classe ZZ ou Watersense2000

Montant de certificats en kWh cumac pour les aérateurs

Types d’aérateursMontant en kWh cumac par équipement
Aérateurs non régulés Classe Z340
Aérateurs auto-régulés630

Le facteur correctif d’activité

Le facteur correctif dépend de l’activité de l’entreprise comme le montrent les tableaux ci-dessous.

Secteur d’activité pour les pommes de douchesFacteur correctif
Santé0,85
Hôtellerie et habitat communautaire1
Etablissements sportifs4
Secteur d’activitéFacteur correctif
Bureaux1,7
Enseignement4,3
Hôtellerie et habitat communautaire1
Santé0,85
Etablissements sportifs4
Autres secteurs0,3

Illustration par l’exemple

Prenons l’exemple d’un hôtel de 50 chambres. Il fait changer les pommeaux de douches de toutes les chambres en installant des équipements labelisés WaterSense :

2000 x 0,85 x 50 = 85 000

L’entreprise cumulera 85 000 kWh cumac grâce à l’opération de travaux BAT-EQ-133.

BAT-EQ-133 : quel est le montant de la prime CEE en euros ?

Un kWh cumac correspond à 1 CEE. En général, plus le nombre de CEE obtenu est élevé, plus les primes allouées sont importantes. Quel est le montant en euros d’un CEE ?

Pour les PME, les opérateurs CEE proposent bien souvent une prime établie par barème ou au forfait. Il est conseiller de comparer les primes énergie afin de trouver l’offre de rachat de travaux la plus avantageuse.

Caroline Dusanter
Caroline Dusanter

Diplômée d’un Master 2 du CELSA-Paris Sorbonne, Caroline s’est lancée comme rédactrice et chargée de communication éditoriale indépendante en 2017. Intéressée par les problématiques liées à la transition énergétique et à la mobilité, elle travaille avec Opéra Énergie depuis 2019.

Experte sur les problématiques liées à l'énergie et la rénovation énergétique, elle ambitionne à travers ses articles de faire de la pédagogie sur le marché du gaz et de l’électricité, en constante évolution.