À Clermont-Ferrand, tout bâtiment tertiaire de plus de 1 000 m² doit réduire sa consommation énergétique selon les paliers 2030, 2040 et 2050 définis par le décret tertiaire. L’objectif est d’accompagner les professionnels dans la transition énergétique tout en respectant les obligations légales et les seuils de performance fixés par la loi. Quels bâtiments et professionnels sont concernés dans le Puy-de-Dôme ? Comment atteindre ces objectifs et rester conforme aux déclarations sur OPERAT ?

Décret tertiaire à Clermont-Ferrand : quels bâtiments et quels professionnels sont concernés ?

Le décret tertiaire à Clermont-Ferrand s’applique à tout bâtiment hébergeant une activité tertiaire dont la surface cumulée atteint ou dépasse 1 000 m², qu’il s’agisse d’un local, d’un bâtiment entier ou d’un ensemble de bâtiments situés sur une même unité foncière (article R. 174-22 du Code de la construction et de l’habitation). Issu de la loi ELAN de 2018, ce dispositif national s’applique sur l’ensemble du territoire, sous réserve de certaines exclusions prévues par la réglementation.

Les activités visées sont nombreuses, incluant bureaux, commerces, établissements de santé, hôtels, équipements d’enseignement, structures sportives et culturelles. Pour les bâtiments à usage mixte, l’assujettissement repose sur la surface cumulée des activités tertiaires, indépendamment de l’usage principal du bâtiment.

À l’échelle régionale, le parc tertiaire d’Auvergne-Rhône-Alpes représente un enjeu énergétique majeur, les bâtiments assujettis au décret concentrant une part disproportionnée de la consommation finale du secteur. 

Sur le plan des responsabilités, la répartition des obligations entre propriétaire et preneur à bail dépend des dispositions contractuelles et de l’organisation de l’exploitation du site. Les collectivités de Clermont-Ferrand sont soumises aux mêmes obligations que le parc tertiaire public.

Objectifs de réduction énergétique : les paliers 2030, 2040, 2050 applicables en Auvergne

Le décret tertiaire fixe trois paliers de réduction obligatoires, calculés par rapport à une année de référence choisie entre 2010 et 2019, sous réserve de disposer de données de consommation exploitables :

  • − 40 % de consommation énergétique finale d’ici 2030
  • − 50 % d’ici 2040
  • − 60 % d’ici 2050

Ces objectifs s’appliquent à l’ensemble des sites assujettis, avec des possibilités d’adaptation via les mécanismes de modulation prévus par la réglementation. Deux méthodes permettent de démontrer la conformité. La méthode Crelat (valeur relative) mesure la réduction en pourcentage par rapport à l’année de référence retenue. La méthode Cabs (valeur absolue) consiste à atteindre un seuil exprimé en kWh/m²/an, fixé par catégorie d’activité via les arrêtés ministériels successifs dits « valeurs absolues » (VA I à VA IV, du 24 novembre 2020 au 24 mai 2024). Le choix entre ces deux méthodes est structurant et doit être cohérent dans la durée. 

Le choix de l’année de référence est stratégique : il conditionne l’ensemble des objectifs futurs et reste difficile à modifier a posteriori. Pour un site clermontois dont les consommations ont fortement varié ces dernières années,  travaux, changement d’activité, crise sanitaire,  ce choix mérite une analyse rigoureuse.

Décret tertiaire - objectifs

Modulations possibles : cas particuliers du patrimoine clermontois

Dans certaines situations, les objectifs peuvent être modulés à la baisse. Les contraintes techniques avérées, les limitations économiques disproportionnées ou les contraintes architecturales spécifiques permettent d’obtenir un ajustement, sous réserve de constituer un dossier justificatif solide. À Clermont-Ferrand, les bâtiments classés ou inscrits au titre des monuments historiques peuvent bénéficier de cette disposition. Le dossier technique de modulation encadre précisément les conditions à remplir.

Déclaration OPERAT : les obligations annuelles pour les assujettis de Clermont-Ferrand

La plateforme OPERAT est l’outil central du dispositif. Développée par l’ADEME, elle centralise l’ensemble des déclarations de consommations énergétiques des bâtiments assujettis. Chaque assujetti clermontois, propriétaire ou preneur à bail, doit y créer un compte, enregistrer ses bâtiments et déclarer ses consommations annuellement selon le calendrier réglementaire en vigueur (généralement fixé par arrêté).

Selon le bilan OPERAT publié par l’ADEME, plusieurs centaines de milliers de déclarations ont été enregistrées à fin janvier 2024, mais une part significative du parc tertiaire reste encore en dehors du dispositif. Si l’engagement progressif des acteurs est réel, il révèle en creux qu’une part significative du parc reste encore en dehors du dispositif, exposant les exploitants concernés à un risque direct de mise en demeure. 

La plateforme génère automatiquement une attestation annuelle ajustée des variations climatiques, ainsi qu’un indice d’efficacité énergétique (IEE) qui positionne chaque site par rapport à sa trajectoire réglementaire. Cette attestation se complète d’une notation Éco Énergie Tertiaire matérialisée par un système de feuilles, qui constitue un document justificatif opposable en cas de contrôle. Une absence de déclaration est directement assimilée à un défaut de conformité. Il est aussi utile de savoir qu’OPERAT propose depuis 2023 une interface API, permettant aux assujettis de connecter leurs logiciels de gestion énergétique à la plateforme et d’automatiser les remontées de données, un gain de temps notable pour les gestionnaires multi-sites.

Mise en conformité au décret tertiaire à Clermont-Ferrand : par où commencer ?

La mise en conformité suit une logique progressive. Elle ne se résume pas à des travaux : elle commence par une vérification rigoureuse du périmètre et une analyse fine des consommations existantes.

Vérifier l’assujettissement et réaliser un audit énergétique

La première question est simple : la surface de plancher à usage tertiaire atteint-elle 1 000 m², en cumulant si nécessaire plusieurs bâtiments, parties de bâtiments ou ensembles immobiliers relevant d’une même unité foncière ou d’un même usage ? Si oui, le site est concerné. Vient ensuite l’audit énergétique, fortement recommandé pour structurer la démarche de mise en conformité. Il identifie les postes les plus énergivores du bâtiment et hiérarchise les actions à mener selon leur impact et leur retour sur investissement. À Clermont-Ferrand, des bureaux d’études qualifiés OPQIBI interviennent localement sur ce type de missions.

L’Aduhme (Agence locale des énergies et du climat) constitue également une ressource technique de proximité pour orienter les démarches, notamment pour les structures publiques. Un plan de comptage solide complète utilement cette étape en structurant le suivi des consommations dans la durée.

Les leviers techniques prioritaires pour le parc tertiaire clermontois

Les travaux portent généralement en priorité sur trois postes : l’isolation thermique de l’enveloppe, le remplacement des équipements CVC vieillissants, et le déploiement d’une GTB (Gestion Technique du Bâtiment) pour piloter les consommations en temps réel.

À noter :

Le décret BACS (n°2020-887 du 20 juillet 2020, modifié par le décret n°2023-259 du 7 avril 2023) impose désormais le déploiement d’un système d’automatisation et de contrôle pour les bâtiments tertiaires non résidentiels équipés d’installations CVC d’une puissance supérieure à 290 kW (puis 70 kW à partir de 2027). Ce dispositif s’articule étroitement avec les obligations du décret tertiaire. 

Le contexte climatique du Puy-de-Dôme, marqué par des hivers rigoureux et une topographie contrastée entre la plaine clermontoise (autour de 320 m) et les communes de moyenne montagne du Livradois et des Combrailles, rend le poste chauffage particulièrement déterminant dans l’équation énergétique locale. Selon les données CERC AURA, le chauffage représente en moyenne 43 % de la consommation énergétique du parc tertiaire régional, devant l’électricité spécifique (éclairage, équipements) à 32 %. Ce sont donc les deux leviers sur lesquels concentrer l’effort en priorité.

Sanctions, aides et financements : ce que risquent et ce que peuvent obtenir les professionnels clermontois

Les sanctions applicables aux assujettis non conformes sont administratives et progressives. Un propriétaire ou exploitant qui ne respecte pas ses obligations s’expose à une amende pouvant atteindre 1 500 € par bâtiment pour une personne physique et 7 500 € pour une personne morale, renouvelable chaque année tant que la situation n’est pas régularisée. Pour un gestionnaire clermontois exploitant plusieurs sites tertiaires, le cumul peut rapidement devenir significatif. Le dispositif prévoit également une publication publique des contrevenants, le principe du « name and shame », sur un site officiel du ministère. Dans un tissu économique de taille intermédiaire comme celui de Clermont-Ferrand, ce risque réputationnel est à prendre au sérieux. Les modalités complètes sont détaillées dans notre article sur les sanctions liées au décret tertiaire.

Du côté des aides, plusieurs dispositifs permettent de financer les travaux de rénovation énergétique tertiaire dans le Puy-de-Dôme. Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) figurent parmi les leviers les plus mobilisés par les acteurs tertiaires : versés par les fournisseurs d’énergie obligés en contrepartie de travaux d’efficacité énergétique standardisés, ils peuvent couvrir une part significative des investissements. D’autres dispositifs sont par ailleurs mobilisables selon le profil de l’assujetti : Fonds Vert (collectivités), prêts de la Banque des Territoires, contrats de performance énergétique (CPE). 

Opéra Énergie accompagne les professionnels de Clermont-Ferrand dans leur mise en conformité au décret tertiaire

Analyse des consommations, définition d’un plan d’actions, gestion des obligations sur OPERAT et activation des dispositifs de financement : Opéra Énergie accompagne les entreprises de Clermont-Ferrand dans toutes les étapes liées au décret tertiaire. Nos experts vous aident à structurer votre démarche dès le premier échange.

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Charlotte Martin Responsable Communication

Sophie-Charlotte MARTIN, Conceptrice-Rédactrice spécialisée

Titulaire d'un master 2 en Lettres Classiques, complété d'un master 2 en Communication et d'un cycle web marketing à la CCI de Lyon, Sophie-Charlotte est intervenue sur des sujets aussi B2C que B2B, on et off line.

Régulièrement confrontée aux problématiques tertiaires et industrielles, elle s'est spécialisée en énergie. Aujourd'hui, elle garantit au quotidien la direction et la production éditoriale de l'entreprise. Sophie-Charlotte MARTIN est Responsable éditoriale d'Opéra Energie.