Dans le secteur de la restauration, les dépenses énergétiques représentent un poste de pilotage stratégique, car elles évoluent selon l’activité et les équipements utilisés. Entre cuisson, production de froid, chauffage et eau chaude, maîtriser les coûts de fonctionnement implique d’identifier les postes prioritaires et de suivre les usages dans le temps. Quelles mesures sont les plus efficaces pour réduire la consommation d’énergie d’un restaurant ? Quelles aides facilitent l’optimisation de la performance des établissements de restauration ?
Quels postes consomment le plus d’énergie dans un restaurant ?
Selon les données de l’ADEME sur la filière cafés et restaurants (2022), la consommation énergétique d’un établissement est très concentrée autour de quelques usages clés, toutes énergies confondues (électricité, gaz, fioul, etc.).
La cuisson représente à elle seule 38 % des consommations, suivie de la réfrigération qui pèse pour 23 % sur la facture d’électricité d’un restaurant, soit plus de 60 % de l’énergie totale dédiée aux activités de production en cuisine.
Viennent ensuite des postes liés au fonctionnement global dans l’estimation de la consommation électrique dans la restauration :
- le chauffage (11 %) ;
- l’eau chaude sanitaire (7 %) ;
- la préparation des boissons (6 %) ;
- la climatisation (5 %) ;
- les autres usages (6 %) ;
- l’éclairage (3 %).
Ces ordres de grandeur mettent en évidence que les postes les plus visibles, comme l’éclairage, ne sont pas les plus énergivores. À l’inverse, les équipements directement liés à la production concentrent l’essentiel des consommations et doivent être traités en priorité pour réduire la facture d’énergie des restaurants. En moyenne, un restaurant consomme environ 27 000 kWh par an pour une facture proche de 4 900 € HT, mais ces valeurs varient fortement selon le type d’établissement, le niveau d’activité et les équipements utilisés. Autrement dit, réduire la consommation d’énergie d’un restaurant implique de cibler au cas par cas les usages dominants.
Réduire la consommation d’un restaurant : quelles actions réaliser ?
La réduction des consommations d’un restaurant passe par les deux leviers prioritaires que sont la cuisson et la production de froid, avant d’intervenir sur les usages secondaires.
Optimiser la cuisson
Pour réduire les consommations d’énergie liées à la cuisson dans un restaurant, plusieurs actions faciles à mettre en œuvre sont à initier :
- limiter la préchauffe des fours à 30 minutes pour éviter les consommations inutiles (jusqu’à 2 % d’économie d’énergie) ;
- organiser les cycles de cuisson pour exploiter la chaleur résiduelle ;
- utiliser des couvercles et adapter les températures de cuisson ;
- optimiser le remplissage des équipements ;
- entretenir régulièrement les appareils (joints, isolation, nettoyage).
Réduire les consommations liées au froid
Deuxième poste énergétique, la consommation d’énergie pour la réfrigération diminue à travers des mesures simples :
- vérifier l’étanchéité des portes et l’état des joints ;
- limiter les ouvertures et organiser les flux de stockage ;
- laisser refroidir les préparations avant mise au froid ;
- optimiser le dégivrage des équipements (jusqu’à 30 % d’économie) ;
- éloigner les équipements frigorifiques des sources de chaleur (jusqu’à 10 % d’économie).
Des gains supplémentaires peuvent être obtenus avec des équipements adaptés, comme l’installation de portes sur les meubles frigorifiques (jusqu’à 35 %), de variateurs de vitesse (jusqu’à 30 %) ou encore la récupération de chaleur sur les condenseurs.
Maîtriser le chauffage et les usages thermiques
Le chauffage, l’eau chaude et la climatisation représentent environ 23 % des consommations cumulées dans un restaurant et impliquent de :
- maintenir une température adaptée (environ 19 °C en salle) ;
- programmer les équipements en fonction de l’occupation ;
- entretenir les systèmes de chauffage ;
- améliorer l’étanchéité et l’isolation des locaux.
En outre, le remplacement d’une chaudière ancienne, notamment âgée d’environ 25 ans, peut permettre jusqu’à 25 à 30 % d’économie d’énergie selon les configurations.
Optimiser les usages secondaires
Même s’ils sont moins énergivores, certains postes alourdissent la facture énergétique globale d’un restaurant et nécessitent de :
- remplacer les éclairages par des LED (jusqu’à 70 à 90 % d’économie sur ce poste) ;
- ajuster les débits de ventilation pour éviter les surconsommations ;
- optimiser la production d’eau chaude.
Réduire la consommation d’énergie d’un restaurant implique de prioriser les postes les plus consommateurs, d’agir rapidement sur les réglages, puis d’investir de manière ciblée. Cette stratégie assure des gains durables, sans dégrader la qualité de service.
Audit énergétique restaurant : est-ce indispensable ?
Un audit énergétique tertiaire devient pertinent dès que les consommations sont mal maîtrisées ou que des investissements sont envisagés. Il identifie les postes prioritaires, chiffre les gains et hiérarchise les actions, afin d’éviter des travaux inutiles.
Pourquoi le pilotage énergétique s’avère-t-il indispensable dans la restauration ?
Dans un restaurant, les consommations varient en permanence selon l’activité et les usages, ce qui rend leur maîtrise difficile sans suivi structuré. Le pilotage énergétique permet d’identifier rapidement les gaspillages, qu’il s’agisse d’un équipement frigorifique mal réglé ou d’un temps de préchauffe excessif.
Il permet ensuite de détecter rapidement les écarts. Dans la restauration, une mauvaise organisation des usages (ouverture répétée des chambres froides, interaction entre zones chaudes et froides, réglages inadaptés, etc.) peut entraîner des surconsommations significatives sans être perçue au quotidien.
Enfin, le pilotage énergétique constitue un outil d’aide à la décision pour les restaurateurs. Il aide à définir les actions prioritaires, à évaluer l’impact des investissements et à vérifier les gains réellement obtenus dans le temps.
Quels dispositifs et aides sont accessibles pour financer la réduction des consommations dans un restaurant ?
Plusieurs dispositifs limitent le montant des investissements dans des actions de réduction de la consommation d’énergie d’un restaurant, avec des niveaux de prise en charge variables selon les projets et les territoires :
- certificats d’économies d’énergie (CEE), principal levier pour financer les équipements performants et les optimisations énergétiques dans la restauration ;
- TVA réduite à 5,5 % sur certains travaux d’amélioration de la performance énergétique des locaux existants de restauration ;
- aides de l’ADEME, notamment pour les équipements de réfrigération professionnelle à faible consommation ;
- subventions régionales et appels à projets portés par les conseils régionaux ;
- fonds européens (FEDER, FSE+), mobilisables à travers les programmes opérationnels régionaux 2021–2027 ;
- dispositifs fiscaux liés à l’investissement dans des équipements performants ;
- MaPrimeRénov’ Copro, dans le cas de travaux portant sur un local de restauration situé en copropriété.
Au-delà des aides, l’optimisation du contrat d’énergie constitue un levier immédiat pour réduire les coûts énergétiques d’un restaurant. Adapter la puissance souscrite, sécuriser les conditions tarifaires ou comparer les offres des fournisseurs d’énergie permet d’agir directement sur la facture, sans investissement.
Dans ce contexte, le recours à un courtier en énergie facilite l’identification des marges d’optimisation et de négociation de conditions adaptées au profil de consommation du restaurant.
L’accompagnement Opéra Énergie pour réduire la consommation d’énergie des restaurants
Courtier en énergie et expert en efficacité énergétique, Opéra Énergie accompagne les restaurateurs dans la réduction de leurs consommations en apportant une vision claire et opérationnelle de leur situation énergétique.
Sur base d’un audit énergétique préalable, nos équipes interviennent sur l’analyse des données de consommation, l’identification des sources d’économies et la structuration des actions à mettre en œuvre, en fonction des contraintes du site et des spécificités de l’activité.
Notre accompagnement intègre également la valorisation des CEE, ainsi que l’optimisation des contrats d’énergie, afin de réduire à la fois les investissements et les coûts d’exploitation. Notre objectif consiste à sécuriser des gains mesurables et durables, avec une approche adaptée aux enjeux de la restauration.
Diplômée d'un master en environnement, Alexandra a exercé pendant quinze ans dans des bureaux d'études techniques.
Depuis 2019, elle est rédactrice web spécialisée sur les sujets liés à l'énergie et l'environnement. Passionnée par les enjeux de la transition énergétique, elle associe sa plume à son expertise pour rédiger des contenus qui répondent aux enjeux des entreprises.