Teréga (ex TIGF) et GRTgaz, quelles différences ?

TIGF, aujourd’hui Teréga, et GRTgaz sont les deux entreprises à avoir le monopole du transport du gaz en France, chacun sur un territoire qui lui est propre. Garantissant la gestion et la maintenance des grandes canalisations ou gazoducs, toutes deux assurent des missions de service publics.

GRTgaz couvre 86% du réseau du territoire français ; pour autant la zone géographique gérée par TGIF est loin d’être anodine, avec 15 départements du Sud-Ouest :

  • l’Ariège,
  • l’Aude,
  • l’Aveyron,
  • le Cantal,
  • la Haute-Garonne,
  • le Gers,
  • la Gironde,
  • les Landes,
  • le Lot,
  • le Lot-et-Garonne,
  • les Pyrénées-Atlantiques,
  • les Hautes-Pyrénées,
  • les Pyrénées-Orientales,
  • le Tarn,
  • le Tarn-et-Garonne.

Implantée historiquement dans la région sud-ouest, Teréga bénéficie de plus de 5000 km de canalisation et de 2 stockages souterrains. Autrement dit, Teréga, c’est 16 % du réseau de transport de gaz français, 24 % des capacités de stockage nationales et + de 400 postes de livraison desservis en gaz.

Comment Teréga, ex TIGF, est-il devenu l’un des 2 transporteurs de gaz en France ?

Pour comprendre cet état de fait, remontons quelques années en arrière, au début des années 2000, au moment des balbutiements de la libéralisation du marché de l’énergie.

A l’époque, Gaz de France (aujourd’hui connu sous le nom Engie) et Total avaient partie liée dans le transport et la fourniture de gaz naturel, au travers de leurs filiales communes GSO et CFM.

Une union contraire aux volontés de l’Union Européenne, comme le signale clairement la 2ème Directive gaz, en date du 26 juin 2003 : « Afin d’assurer l’accès au réseau dans des conditions efficaces et non discriminatoires, il convient que les réseaux de transport et de distribution soient exploités par des entités distinctes sur le plan juridique[…] ».

Pas le choix, les activités de transport et de négoce de gaz ne peuvent rester sous la houlette des mêmes entreprises.

Total et Gaz de France se séparent en octobre 2004 « dénouant l’ensemble des contrats historiques et des participations croisées qui liaient en France les deux entreprises au travers de leurs sociétés communes de transport et de fourniture de gaz en France, Gaz du Sud-Ouest (GSO) et la Compagnie Française du Méthane (CFM).  […] Total devient ainsi l’actionnaire unique de GSO et Gaz de France devient l’actionnaire unique de la CFM. ».

Gaz du Sud-Ouest (GSO) devient TIGF, qui signifiait alors « Total infrastructures gaz de France », et assure le transport de gaz sur l’ensemble du quart Sud-Ouest de la France.

La Compagnie Française du Méthane (CFM) est absorbée par Gaz de France, qui devient GDF Suez en 2008.

Puis, 10 ans plus tard, nouvelle directive européenne, nouveau changement pour TIGF.

EDF actionnaire de Teréga, ex TIGF, info ou intox ?

En 2013, Total décide de vendre TIGF. L’acquéreur est un consortium formé par l’opérateur de transport et de stockage de gaz italien Snam (45%), le fonds de l’Etat de Singapour GIC (35%) et EDF (20%).

Se présentant dans ce contexte comme un simple investisseur financier, EDF délègue la gestion de ses parts à sa nouvelle filiale baptisée EDF Invest, qui détiendra des participations non cotées.

L’acronyme TIGF est maintenu ; cependant, il signifiera désormais « Transport et Infrastructures Gaz France ». Puis, en 2015, nouvelle évolution de l’actionnariat de TIGF qui voit entrer à son capital, à hauteur de 10 %, le bancassureur Crédit Agricole Assurances, pour soutenir sa stratégie de développement.

Teréga, un changement de nom pour de nouvelles ambitions

3 ans après ce changement d’actionnariat, TIGF s’offre un relooking graphique complet, une nouvelle signature et, plus emblématique que tout, un nouveau nom, Teréga.

Une identité de marque repensée pour mieux illustrer le positionnement d’une entreprise qui se veut « un accélérateur de la transition énergétique et un contributeur majeur au modèle énergétique de demain. »…et présentée au moment où le marché de l’Energie continue sa mue (réforme du stockage du gaz naturel, zone tarifaire unique…).