Construits pour bon nombre d’entre eux avant les premières réglementations thermiques, les bâtiments publics accusent de fortes dépenses d’énergie tout en offrant un faible confort aux usagers. Plusieurs pistes peuvent être étudiées pour réaliser des économies d’énergie dans les bâtiments publics. Quelles sont les obligations exactes du secteur public en matière de rénovation ? Des aides financières sont-elles à leur portée ?
Économies d’énergie dans un bâtiment public : chiffres clés de la consommation d’énergie dans les bâtiments publics

Selon le plan national de rénovation énergétique des bâtiments, environ 50 % des bâtiments publics ont été construits avant 1975, avec une consommation moyenne de 240 kWhEP/m²/an, alors que les exigences actuelles avoisinent les 50 kWh/m²/an.
Des économies d’énergie peuvent ainsi être obtenues par la modification des usages, autant qu’à travers la rénovation énergétique des bâtiments publics.
Bon à savoir
Selon l’ADEME, 75 % de l’énergie des bâtiments publics alimente l’éclairage et le chauffage, tandis que 31 % de la consommation des bâtiments communaux provient des écoles. Par conséquent, environ 4 % du budget d’une commune est consacré à l’énergie, soit environ 32 €/hab./an d’énergie consommé par les bâtiments tertiaires communaux.
Enfin, selon une étude Ipsos AATF de 2022 reportée par le Cerema, 56 % des Français et Françaises pensent qu’il faut augmenter les dépenses des collectivités territoriales pour développer des dispositifs d’économies d’énergie et de transition écologique.
Pour répondre aux obligations du décret tertiaire de réduction des consommations de 60% d’ici 2050, les bâtiments publics de plus de 1000 m² doivent planifier dès aujourd’hui leurs actions d’économies d’énergie.
Économies d’énergie dans les bâtiments publics : 10 pistes à analyser
Pour réaliser durablement des économies d’énergie dans les bâtiments publics, l’approche doit être globale, progressive et adaptée au contexte local.
1. Réaliser un audit énergétique pour cibler les actions prioritaires
Les audits énergétiques en collectivité permettent de :
- estimer la consommation réelle de chaque bâtiment et usage ;
- quantifier les pertes par poste ;
- simuler les gains potentiels après évolution des usages et rénovation.
C’est une étape indispensable pour structurer toute stratégie énergétique et réaliser des économies d’énergie dans le secteur public, notamment dans les établissements scolaires, bâtiments administratifs et équipements sportifs construits dans les années 70.
2. Structurer un plan d’action pluriannuel, chiffré et hiérarchisé
Une collectivité ne dispose ni des ressources ni des budgets dédiés pour agir sur tous les fronts en même temps.
À la suite de l’audit énergétique, un plan d’action identifie les gisements d’économies d’énergie dans les bâtiments publics les plus accessibles et rentables tout en coordonnant les investissements.
Il s’avère d’autant plus incontournable dans les communes rurales ou les EPCI (établissement public de coopération intercommunale) ayant de nombreux bâtiments disparates à rénover.
3. Renforcer l’isolation thermique du bâti existant
L’isolation des combles, murs et menuiseries reste le levier le plus efficace pour réduire la consommation de chauffage et faire des économies d’énergie dans les bâtiments publics.
Les gains sont particulièrement élevés dans les écoles, les centres culturels ou les salles des fêtes mal isolés, souvent chauffés de façon continue en hiver, malgré un taux d’occupation variable.
4. Former les agents territoriaux et les usagers à la sobriété énergétique
Un bâtiment performant peut rester énergivore en l’absence de sobriété énergétique en collectivité.
Affichage des consignes, désignation de référents énergie, formations, etc., représentent des actions simples et à faible coût pour faire des économies d’énergie dans les bâtiments publics.
C’est d’autant plus vrai dans les collèges, lycées ou bâtiments administratifs à forte fréquentation.
5. Moderniser l’éclairage intérieur et extérieur
Dans les bureaux, salles de classe ou gymnases, remplacer les tubes fluorescents ou halogènes par des luminaires LED permet jusqu’à 70 % d’économies. Combinés à des détecteurs de présence, des gradateurs ou une gestion DALI, ces équipements garantissent un meilleur confort visuel et une réduction immédiate des consommations.
Dans de nombreuses communes, l’éclairage public repose encore sur des lampes vétustes et peu pilotables qui alourdissent la facture énergétique.
6. Optimiser les systèmes de chauffage et de ventilation
La régulation horaire, les thermostats intelligents et la maintenance préventive réduisent les consommations d’énergie dans les bâtiments publics sans perte de confort.
C’est une priorité dans les crèches, les écoles, les piscines, les bibliothèques ou tout bâtiment dont les horaires et le taux d’occupation sont faibles et très variables.
7. Réduire ou mutualiser les espaces sous-utilisés
Chauffer ou éclairer des locaux peu fréquentés génère des dépenses inutiles.
Cartographier les usages permet de regrouper les services ou d’adapter les périodes d’ouverture, en particulier dans les mairies, les salles associatives ou les bureaux secondaires.
8. Remplacer les équipements obsolètes par du matériel économe
Réfrigérateurs, fours, ordinateurs, chauffe-eaux, etc., remplacer un équipement vétuste peut générer jusqu’à 30 % d’économie sur son poste.
Ces actions sont à réaliser en priorité dans les cuisines scolaires, les logements de fonction et les locaux techniques.
9. Superviser et ajuster l’exploitation technique
Les gaspillages énergétiques passent souvent inaperçus, y compris dans les bâtiments publics les plus soucieux de maitriser leurs dépenses énergétiques.
Mettre en place une gestion technique du bâtiment (GTB) permet de suivre, alerter et corriger en temps réel les consommations.
10. Intégrer la performance énergétique dans les projets neufs
Un bâtiment neuf mal conçu engage la collectivité pour plusieurs décennies.
Choisir une enveloppe performante, une conception bioclimatique et intégrer les énergies renouvelables dès la phase APS d’un projet s’impose, notamment dans les groupes scolaires, les maisons de santé et les centres sportifs
Quelles sont les aides dédiées aux économies d’énergie dans les bâtiments publics ?
Plusieurs aides financières sont mobilisables pour soutenir les opérations d’économies d’énergie dans les bâtiments publics :
- les certificats d’économies d’énergie (CEE) dédiés aux collectivités accordent une prime pour de nombreuses opérations d’efficacité énergétique ;
- l’ADEME a mis en place des subventions comme le Fonds Chaleur, des appels à projets et des appels à manifestation d’intérêts (AMI) ;
- le programme ACTEE finance les audits et les outils de pilotage dans le public ;
- des dotations de soutien à l’investissement local (DSIL) sont accessibles en sollicitant les préfectures ;
- la Banque des territoires propose des prêts aux collectivités (GPI-AmbRE, etc.) et des avances remboursables pour les projets dont le retour sur investissement est inférieur à 10 ans ;
- le fonds européen de développement régional complète ces dispositifs.
Comment Opéra Énergie aide le secteur public à réaliser des économies d’énergie ?
Opéra Énergie et son bureau d’études thermiques certifié OPQIBI 1905 accompagnent les acteurs publics pour réaliser des audits énergétiques conformes aux normes réglementaires et aide les collectivités à faire des économies d’énergie dans les bâtiments publics.
Nous accompagnons également les collectivités dans la mise en œuvre des actions liées au décret tertiaire.
De plus, en tant que mandataire CEE, nos experts négocient des primes avantageuses à travers le dispositif des CEE pour une rénovation au meilleur prix.
Diplômée d'un master en environnement, Alexandra a exercé pendant quinze ans dans des bureaux d'études techniques.
Depuis 2019, elle est rédactrice web spécialisée sur les sujets liés à l'énergie et l'environnement. Passionnée par les enjeux de la transition énergétique, elle associe sa plume à son expertise pour rédiger des contenus qui répondent aux enjeux des entreprises.