Faut-il s’attendre à une baisse du prix de l’électricité en 2026 ? Après plusieurs années de hausses brutales et d’instabilité, beaucoup espèrent enfin un reflux durable des prix. En effet, comme le rappelle le magazine Les Echos « Entre 2021 et 2024, le prix moyen de l’électricité payé par les professionnels s’est accru de 67 %. Sans les aides, la hausse aurait été de 74 %. ». Cette attente est renforcée par plusieurs signaux positifs observés depuis 2024, mais aussi par des annonces gouvernementales récentes.
Pour autant, 2026 s’ouvre dans un contexte inédit : la fin de l’ARENH (Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique) au 31 décembre 2025, l’entrée en vigueur d’un nouveau cadre de régulation du nucléaire, et un marché de gros toujours sensible aux chocs externes. Le prix de l’électricité va-t-il baisser en 2026 ? ? Voici l’analyse d’Opéra Energie.
Baisse du prix de l’électricité en 2026 : les signes favorables
Plusieurs signes montrent que les prix de l’électricité s’orientent à la baisse en 2026. Quels sont-ils ?
Une détente progressive du marché de gros depuis la crise énergétique

Premier élément favorable, les prix de gros de l’électricité ont nettement reculé depuis les sommets atteints en 2022. Cette détente s’explique par plusieurs facteurs structurels :
- une consommation globalement plus maîtrisée.
- une amélioration de la disponibilité du parc nucléaire français,
- une baisse des prix du gaz en Europe
Pour les entreprises, cette évolution est importante car le prix de marché reste la base de construction des offres d’électricité professionnelles. Lorsque les marchés se calment, les fournisseurs disposent davantage de marges de manœuvre pour proposer des contrats plus compétitifs.
Voici une évolution des cours de l’électricité les 12 mois passés.
Bon à savoir : 2025, une année record pour les prix négatifs de l’électricité
Les prix négatifs de l’électricité apparaissent quand la production dépasse la consommation. Selon la Commission de régulation de l’énergie, ils représentaient au maximum 102 heures par an jusqu’en 2022. On comptait plus de 500 heures de prix négatifs en 2025. Ces phénomènes augmentent avec l’essor des renouvelables, sans pour autant faire baisser durablement les factures.
Une baisse officielle d’une taxe sur l’électricité en février 2026
Autre signal positif, le gouvernement a annoncé une baisse de 5 % de l’abonnement d’électricité à compter du 1er février 2026 : la CTA (Contribution Tarifaire d’Acheminement). Cette mesure concerne l’ensemble des consommateurs, y compris les professionnels. D’après Roland Lescure, le Ministre de l’Industrie « Pour un boulanger, cela peut représenter jusqu’à 200 euros par an. Pour un ménage, de l’ordre de 10 à 12 euros ».
Il faut donc s’attendre à un léger recul des prix de l’électricité dès le mois de février 2026.
Prix de l’électricité en 2026 : une baisse peu probable
Pour autant, il est trop tôt pour s’engager sur une réelle baisse du prix du MWh d’électricité en 2026. La disparition de l’ARENH risque de rebattre les cartes sur le marché.
La fin de l’ARENH, un changement défavorable aux consommateurs ?
Le principal facteur de risque reste la fin de l’ARENH au 31 décembre 2025. Pendant plus de dix ans, ce mécanisme a permis aux fournisseurs alternatifs d’accéder à une partie de l’électricité nucléaire à un prix fixe de 42 €/MWh, largement inférieur aux prix de marché en période de tension.
À partir de 2026, les fournisseurs devront s’approvisionner davantage sur les marchés de gros ou via leurs propres moyens de production. Pour les entreprises, cela signifie une exposition beaucoup plus directe aux fluctuations de marché, sans filet de sécurité équivalent à celui offert par l’ARENH.
Des coûts du nucléaire qui évoluent
Autre facteur structurel, le système électrique français fait face à des besoins d’investissement considérables. Selon la Cour des comptes, les investissements cumulés nécessaires pour le parc nucléaire existant et le nouveau programme nucléaire pourraient représenter jusqu’à 460 milliards d’euros d’ici 2040.
À plus court terme, la CRE estime que le coût complet de production du nucléaire historique se situe autour de 60 €/MWh pour la période 2026-2028, un niveau très supérieur au prix ARENH de 42 €/MWh. Un retour durable à des prix très bas apparaît peu probable, même dans un contexte de marché plus calme.
Le VNU : un mécanisme qui protège les consommateurs ?
Pour remplacer l’ARENH, l’État a mis en place le Versement Nucléaire Universel (VNU). Présenté comme un outil de régulation, ce dispositif consiste à prélever une partie des revenus d’EDF lorsque les prix de marché dépassent certains seuils, afin de redistribuer ces montants aux consommateurs.
Dans les faits, le VNU ne constitue pas un véritable mécanisme de protection des prix de l’énergie. Il n’intervient que lorsque les prix sont déjà très élevés et ne garantit ni un prix de référence, ni un volume d’électricité à tarif stabilisé. La Commission de régulation de l’énergie estime d’ailleurs que, dans les conditions actuelles de marché, aucune redistribution significative ne devrait avoir lieu en 2026.
Un rapport parlementaire fait savoir que ce mécanisme ne protège pas les consommateurs, au contraire. «Les premiers éléments de bilan de cette réforme montrent que celle-ci a pour conséquence d’exposer davantage les consommateurs au marché», selon la mission d’information de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Ce dispositif risque d’influer «sur le prix de l’électricité, la compétitivité des entreprises et l’action de l’État».
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Prix de l’électricité : vers plus de stabilité en 2026 ?
Au regard de ces éléments, le scénario privilégié par les régulateurs est celui d’une stabilité globale des prix de l’électricité en 2026, plutôt qu’une baisse franche. La CRE indique ainsi que, hors choc externe majeur, les tarifs de l’énergie devraient rester globalement contenus, sans retrouver toutefois les niveaux observés avant la crise de 2021-2022.
Une baisse des prix de l’électricité en 2027 ?
Selon les experts de Storio Energy, l’arrivée de près de 6 GW de nouvelles capacités photovoltaïques installées en 2025 permet de renforcer la concentration de la production en milieu de journée. Cela induit des chutes de prix de plus en plus fréquentes à ces heures. Cela dit le déplacement des heures creuses vers les périodes de forte production solaire restent encore insuffisants en 2026. En revanche, cela devrait produire des effets tangibles à partir de 2027 sur la baisse des prix de l’électricité.
Evolution des prix de l’électricité : pourquoi faire appel à un courtier ?
Une mise en concurrence des fournisseurs
Face à la volatilité des marchés de l’électricité, la maîtrise de la facture est devenue un enjeu pour les entreprises et les collectivités. Dans ce contexte, le recours à un courtier en énergie, comme Opéra Energie apparaît comme un levier efficace pour mieux anticiper les évolutions de prix, sécuriser ses contrats et optimiser durablement ses coûts.
Il met en concurrence les fournisseurs d’électricité en fonction du profil de consommation du client, de ses contraintes opérationnelles et de son appétence au risque. Cette comparaison des offres d’énergie permet de trouver le fournisseur le moins cher.
L’optimisation des taxes sur la facture d’électricité
Le recours à un courtier en électricité permet aussi de tester son éligibilité à l’optimisation de l’accise sur l’électricité. L’accise sur l’électricité, anciennement appelée CSPE ou TICFE, est une taxe appliquée à chaque kilowattheure consommé. Elle est perçue par l’État et figure sur toutes les factures d’électricité, quel que soit le fournisseur. Certaines entreprises sont éligibles à une exonération totale ou partielle d’accise sur l’électricité. Le courtier vous aide à monter votre dossier vis-à-vis de l’administration.
Diplômée d’un Master 2 du CELSA-Paris Sorbonne, Caroline s’est lancée comme rédactrice et chargée de communication éditoriale indépendante en 2017. Intéressée par les problématiques liées à la transition énergétique et à la mobilité, elle travaille avec Opéra Énergie depuis 2019.
Experte sur les problématiques liées à l'énergie et la rénovation énergétique, elle ambitionne à travers ses articles de faire de la pédagogie sur le marché du gaz et de l’électricité, en constante évolution.