Gérer ses achats d’énergie pour booster sa compétitivité

Si toutes les entreprises sont consommatrices d’énergie, certaines se montrent davantage impactées par les mouvements de prix.

Logiquement, plus le prix de l’énergie compte dans le prix de vente final, qu’il s’agisse d’un produit ou d’un service, plus l’entreprise verra sa compétitivité liée à ces mouvements tarifaires.

On pense par exemple aux électro intensifs dont la maîtrise du prix de l’électricité est un enjeu majeur pour la gestion du prix de revient de leur production.

Dans ces entreprises, établir une véritable stratégie d’achat dynamique d’énergie peut faire la différence ; mais globalement, c’est le cas de toutes les structures privées et organismes publiques pour qui la facture d’énergie représente une part importante du budget interne.

Le contrat clic, pilier de l’achat dynamique

On parle aussi de découpage ou d’achat clics, d’achats par blocs, mais également de contrat ou de découpage top.

L’avantage de cette méthode spécifique à l’achat dynamique est donc de laisser aux entreprises la possibilité de profiter de la valeur temps, c’est-à-dire de leur laisser la possibilité de profiter d’une amélioration des conditions de marché, au cours de la période qui va s’écouler entre la date d’attribution du marché et la date de début de fourniture de gaz ou d’électricité.

Logiquement, on le rappelle, plus grande est la période, plus grande est la valeur temps et donc plus grande est possiblement la compétitivité des prix de fourniture.

  

Achat par clics, comment ça marche ?

Le consommateur peut choisir plusieurs références de prix de marché pour construire son prix de fourniture et couvrir ses besoins en énergie, gaz comme électricité. Le consommateur peut choisir entre couvrir :

– une partie seulement de sa consommation prévisionnelle

– la totalité de sa consommation prévisionnelle

On doit également décider de la durée de la période à couvrir : mois, trimestre, année.

L’achat dynamique donne donc la possibilité au consommateur de « toper » au moment où les prix de marché sont au plus bas.

Plus précisément, l’idée est de différer l’allocation de son budget gaz et électricité. Les marchés de l’énergie sont extrêmement volatils et peuvent présenter de larges amplitudes : en achetant en plusieurs fois, vous diluez le risque de « toper » sur un pic.

Selon la sensibilité au risque de l’entreprise, cette dernière privilégiera faire plusieurs clics sur de petits volumes ou moins de clics mais sur de gros volumes.

Avec plusieurs petits clics, vous avez davantage de chance que votre prix de fourniture final se rapproche de la moyenne de prix de fourniture pour une période de livraison donnée.

Avec quelques clics sur de gros volumes, vous augmentez la potentialité des gains mais aussi des risques.

 

Systématiser le mode de décision, la clé d’un achat dynamique réussi

L’achat dynamique requiert un process de décisions systématisé et nécessite de se fixer des indices de référence : ces indices sont à suivre, ce sont eux qui fourniront le signal d’achat et, donc, indiqueront le moment opportun pour « cliquer ».

En amont, cela induit de répondre à plusieurs questions :

  • A quelle date limite décide-t-on de figer un prix, pour une période donnée ?
  • Quel prix maximal / budget plafond ne faut-il absolument pas dépasser (« stop loss ») ? Doit-il y avoir une ou plusieurs bornes hautes, selon le temps et le niveau de risque ?
  • Quel prix cible, par période, faut-il essayer d’atteindre, au regard des prix de marché et des prix actuels du membre (« take profit ») ? Doit-il y avoir une ou plusieurs bornes basses, selon le temps et le niveau de risque ?

Si le Stop Loss comme le Take Profit sont des indicateurs efficaces, une stratégie d’achat dynamique efficace ne peut se limiter à l’utilisation de ces outils mais doit bénéficier d’analyses plus techniques.

Garantir ses achats clics en définissant sa stratégie de couverture

Il est essentiel de définir et de mettre en place une stratégie de couverture adaptée, avant de se lancer dans les achats par blocs de gaz ou d’électricité.

N’hésitez pas à vous vous fixer certaines règles de couverture afin de ne pas trop vous exposer aux risques. Par exemple, choisissez d’acheter entre 5 et 15 % de votre consommation pour 2022, fin du premier trimestre 2021, entre 20 et 35 % fin du second trimestre, entre 20 et 35 % fin du troisième trimestre et le reste fin du quatrième trimestre.

Bien souvent, le consommateur s’accorde avec le fournisseur d’énergie sur les règles (périodicité, atteinte de seuils) à suivre, et le mandate pour les appliquer.

Achat dynamique : quel mode de fixation du prix privilégier ?

Il existe deux modes de fixation de prix de l’énergie pour l’achat dynamique

– la fixation Intraday ou intra journalière

– la fixation Trading At Last (= sur prix de clôture)

En électricité, cette dernière méthode, transparente et opposable, est souvent privilégiée à la fixation Intraday qui entraîne des frais de commission plus élevés du fait de sa haute technicité (l’Intraday est une méthode d’achat en quasi instantané, l’achat d’électricité étant modulé jusqu’à la dernière demi-heure avant la livraison prévue de l’électricité). 

Quel produit choisir en cas de contrat par clics ?

Le produit utilisé doit être représentatif du marché ainsi que des produits utilisés par les fournisseurs d’énergie pour se sourcer sur le marché. En cas de fourniture sur une année complète, la référence à un produit Calendar semble la plus appropriée. A contrario, se référer à un produit Quarter ou à la moyenne de produits mensuels est à privilégier si l’année de fourniture n’est pas complète

Swap, une opportunité à saisir dans le cadre d’un achat dynamique

 En électricité, il s’agit de laisser la possibilité de souscrire à l’ARENH (Accès Réglementé à l’Electricité Nucléaire Historique) à chaque ouverture du guichet ARENH, lorsque le prix de ce produit est inférieur aux prix de gros de l’électricité (en prenant en compte le fait que l’ARENH inclut dans son prix la livraison de garanties de capacités). La bande ARENH achetée est ensuite revendue sur les marchés de gros. Dans ce cas, il faut définir comment les gains issus de la revente sont partagés entre le fournisseur et le consommateur, ainsi que les risques associés (en cas d’évolution réglementaire liée à l’ARENH, ou d’écart entre la consommation prévisionnelle et constatée). 

En gaz, il s’agit de passer d’un prix indexé PEG à un prix ferme.