La hausse des coûts de l’énergie et les objectifs de transition énergétique imposent aux collectivités publiques de réduire les consommations de leur parc immobilier. Écoles, mairies, établissements sportifs, etc., ces bâtiments pèsent lourd dans les budgets locaux et doivent devenir exemplaires. Comment assurer la maîtrise de l’énergie d’un bâtiment public ? Comment planifier des mesures efficaces tout en respectant les budgets disponibles pour une rénovation ?
Quels sont les enjeux de la maîtrise de l’énergie dans les bâtiments publics ?
Les collectivités font face à des contraintes budgétaires croissantes, à des attentes sociales fortes et à des obligations de performance auxquelles la gestion énergétique des bâtiments apporte une réponse efficace.
Alléger le budget dédié aux consommations d’énergie

La maîtrise de l’énergie dans les bâtiments publics contribue à réduire les coûts de fonctionnement. Les usages multiples sont parfois continus et souvent mal régulés.
Selon l’ADEME, la facture d’énergie représente en moyenne 4 % des dépenses de fonctionnement d’une municipalité, avec 75 % de l’énergie des bâtiments publics consacrée à l’éclairage et au chauffage.
Améliorer le confort de bâtiments accueillant du public
Confort thermique, qualité de l’air, éclairage naturel, la performance énergétique d’un bâtiment ne se limite pas à une réduction de consommation des kilowattheures. Elle influe directement sur les conditions d’accueil des usagers comme des agents.
Un bâtiment isolé, ventilé et mieux régulé offre une ambiance saine et stable qui améliore le confort au sein des locaux pour les activités quotidiennes (enseignement, culture, administration, etc.), et occasionnelles.
Faire des bâtiments publics des modèles de sobriété et d’efficacité énergétique
Les collectivités doivent assurer un rôle d’exemplarité en matière de transition écologique.
En réduisant la consommation énergétique de leurs équipements, elles démontrent qu’il est possible d’allier :
- efficacité énergétique des bâtiments ;
- sobriété des bâtiments publics ;
- continuité du service public.
La maîtrise des consommations d’énergie des bâtiments publics contribue aussi à sensibiliser les habitants et à favoriser l’adhésion aux politiques locales de transition.
Enfin, les bâtiments publics doivent répondre à plusieurs obligations réglementaires qui sont plus faciles à respecter lors d’une parfaite maîtrise des consommations d’énergie dans les bâtiments publics.
S’y atteler dès aujourd’hui permet de disposer d’un temps précieux pour mener à bien des projets de rénovation énergétique des bâtiments publics parfois ambitieux.
Ainsi, assurer la gestion de l’énergie dans les bâtiments publics relève d’une nécessité stratégique, financière et réglementaire.
Maîtrise de l’énergie dans un bâtiment public : quels axes travailler ?
Pour réduire durablement les consommations et garantir la maîtrise de l’énergie dans les bâtiments publics, les leviers d’action les plus efficaces sont à identifier. Deux axes se distinguent : repérer les gaspillages et améliorer le pilotage de l’énergie.
La recherche de sources de gaspillage passe par un examen attentif des équipements, des usages et des comportements :
- chauffage en période d’inoccupation ;
- éclairage permanent ;
- ventilation mal régulée ;
- etc.
L’amélioration de la gestion de l’énergie dans les bâtiments publics repose sur une approche globale, à travers l’installation de systèmes de régulation, la programmation fine des systèmes, le suivi des consommations, etc.
Ces actions permettent de reprendre la main sur la performance énergétique d’un bâtiment, sans engager des travaux lourds et coûteux.
Maîtrise de l’énergie et bâtiment public : quelles sont les solutions pour optimiser la consommation énergétique ?
La maîtrise de l’énergie dans les bâtiments publics implique une combinaison d’actions ciblées, complémentaires et progressives. Certaines peuvent être mises en œuvre rapidement, d’autres nécessitent une planification et un investissement plus important.
Agir sur les équipements techniques
Selon les conclusions de l’audit énergétique en collectivité, le remplacement d’équipements vétustes représente souvent l’un des leviers les plus efficaces d’économie d’énergie :
- opter pour des chaudières à condensation ou des pompes à chaleur ;
- passer à un éclairage LED à détecteur de présence, y compris pour l’éclairage public ;
- optimiser la ventilation et la production d’eau chaude sanitaire ;
- etc.
Installer des systèmes de régulation et de pilotage
Les bâtiments publics sont parfois chauffés ou éclairés en continu, même lorsqu’ils sont inoccupés.
L’installation d’une gestion technique du bâtiment (GTB) ou de régulations plus simples (programmateurs, thermostats connectés, sondes CO₂, etc.) permet d’adapter les consommations aux usages réels.
Pour ce faire, il s’avère indispensable d’identifier en amont des indicateurs clés de performance énergétique avec l’aide d’un bureau d’études spécialisé.
Sensibiliser et impliquer les usagers
La technique ne suffit pas à assurer la maîtrise de l’énergie d’un bâtiment public, si les comportements ne suivent pas.
Mieux informer les agents et utilisateurs des bâtiments publics contribue à réduire les consommations, sans aucun investissement financier : extinction des lumières, réglage des températures, aération raisonnée, etc.
Lancer une rénovation énergétique globale
Les travaux sur l’enveloppe du bâtiment (isolation, menuiseries, traitement des ponts thermiques, etc.) restent essentiels pour améliorer durablement la performance de bâtiments souvent anciens.
Pour être efficaces, ces opérations de maîtrise de la consommation énergétique des bâtiments publics doivent être coordonnées avec rigueur, sur base d’un audit énergétique préalable, réalisé par un bureau d’études thermiques.
Le financement de tels travaux doit également être analysé en amont afin d’optimiser le retour sur investissement de chaque projet de rénovation globale.
Quelles obligations réglementaires encadrent la gestion énergétique des bâtiments publics ?
Les bâtiments publics sont soumis à plusieurs textes visant à réduire leurs consommations.
Premièrement, le décret tertiaire (ou dispositif éco‑énergie tertiaire) impose, à tout bâtiment ou ensemble de bâtiments ≥ 1 000 m² à usage tertiaire, une réduction de sa consommation d’énergie finale de 40 % d’ici 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050, par rapport à une année de référence.
Les données doivent être déclarées chaque année sur la plateforme OPERAT de l’ADEME.
De plus, le décret BACS oblige à installer des systèmes d’automatisation et de contrôle des équipements CVC (chauffage, ventilation et climatisation) dans les bâtiments publics à usage tertiaire équipés de tels systèmes quand :
- leur puissance est supérieure à 290 kW depuis le 1er janvier 2025 ;
- avant le 1er janvier 2027 pour les autres.
Bon à savoir
Enfin, certains bâtiments publics recevant du public (ERP de 1ʳᵉ à 4ᵉ catégorie et surface ≥ 250 m²) doivent afficher leur DPE de manière visible à l’entrée du bâtiment pour informer et sensibiliser les usagers à la performance énergétique du bâtiment.
Comment structurer une stratégie de maîtrise de la consommation énergétique dans les bâtiments publics ?
Améliorer durablement la gestion énergétique des bâtiments publics suppose une démarche méthodique en plusieurs étapes.
Poser un diagnostic fiable
Avant toute action, les consommations et les zones de déperdition énergétiques sont à identifier précisément à travers différentes méthodes, études et outils :
- relevés de consommation d’énergie ;
- audits énergétiques réglementaires ;
- instrumentation (compteurs, sous-compteurs) ;
- etc.
Hiérarchiser les actions
Les collectivités publiques doivent ensuite hiérarchiser les interventions selon leur efficacité énergétique, leur coût et leur faisabilité technique.
Les mesures peuvent être très différentes d’un bâtiment à un autre : régler ou remplacer des équipements, installer une régulation, sensibiliser les usagers, programmer des travaux d’isolation, etc.
En ce sens, l’ADEME soutient la mise en œuvre d’un schéma directeur des énergies, un outil indispensable pour une collectivité qui souhaite mieux piloter sa stratégie énergétique.
Intégrer les objectifs dans une programmation pluriannuelle
Une vision à long terme aide à mieux planifier les investissements nécessaires à la maîtrise de l’énergie d’un bâtiment public.
Une programmation pluriannuelle facilite le phasage des opérations en fonction des budgets disponibles, des objectifs et des obligations réglementaires.
Atouts du système de management de l’énergie
Un système de management de l’énergie (SMÉ) peut constituer un outil complémentaire à la maîtrise des consommations dans le public. Il permet de formaliser les objectifs, de planifier les actions, d’impliquer l’ensemble des services et de suivre les indicateurs de performance dans le temps. Ce cadre méthodologique renforce la cohérence de la démarche et facilite la mise en conformité avec les obligations réglementaires.
Mobiliser les aides et dispositifs d’accompagnement
Certificats d’économies d’énergie (CEE en collectivité), subventions nationales ou régionales, prêts bonifiés, ces financements et dispositifs d’aide peuvent alléger le reste à charge d’un projet de gestion de l’énergie dans le public.
En outre, ils peuvent permettre de concrétiser certains projets. Dans ce cas, faire appel à un bureau d’études facilite l’identification des opérations d’optimisation énergétique pertinentes et l’accès aux différents leviers financiers.
Suivre et valoriser les résultats pour pérenniser les gains énergétiques
Mettre en place une stratégie énergétique implique de suivre les résultats dans le temps pour maintenir la performance du bâtiment.
Ainsi, les collectivités doivent se doter d’outils de suivi fiables : tableaux de bord, sous-compteurs, plateformes de suivi énergétiqueou logiciels de gestion énergétique.
Ces indicateurs permettent de :
- mesurer les économies d’énergie ;
- détecter rapidement les éventuels gaspillages de consommation ;
- ajuster les actions déjà engagées.
La valorisation des résultats auprès des élus, des agents et des usagers contribue à renforcer l’adhésion en interne, à motiver les équipes et à démontrer la pertinence des investissements effectués.
Ce suivi régulier aide aussi à anticiper les budgets indispensables à la planification d’autres projets.
Anticiper les innovations et les futures obligations pour sécuriser sa stratégie énergétique
Les technologies évoluent rapidement et les collectivités doivent intégrer cette dimension dans leur stratégie.
En ce sens, les systèmes de pilotage intelligent (IoT, capteurs connectés, intelligence artificielle pour la GTB) facilitent le suivi et l’optimisation des consommations.
En outre, de nouvelles obligations réglementaires peuvent voir le jour, comme un renforcement des objectifs du décret tertiaire, des normes environnementales plus strictes ou des exigences en matière de décarbonation.
Anticiper ces évolutions permet d’éviter aux bâtiments publics des investissements précipités ou redondants.
Enfin, penser dès aujourd’hui aux futurs usages contribue à assurer la maîtrise de l’énergie dans les bâtiments publics à long terme :
- déploiement de bornes de recharge pour véhicules électriques ;
- autoconsommation solaire ;
- récupération de chaleur ;
- etc.
En concertation avec un bureau d’études, ces choix renforcent la résilience et la pérennité de la politique énergétique publique.
Maîtrise de l’énergie dans un bâtiment public : l’accompagnement d’Opéra Énergie
Mandataire CEE et certifié OPQIBI 1905, Opéra Énergie accompagne les collectivités à chaque étape de leur stratégie énergétique :
- audits énergétiques détaillés ;
- définition d’un plan d’action ; ;
- suivi de la conformité au décret tertiaire ;
- montage des dossiers de financement par les CEE ;
- etc.
Nos experts assurent un pilotage technique rigoureux et optimisent le financement des projets pour une meilleure maîtrise de l’énergie dans les bâtiments publics.
Diplômée d'un master en environnement, Alexandra a exercé pendant quinze ans dans des bureaux d'études techniques.
Depuis 2019, elle est rédactrice web spécialisée sur les sujets liés à l'énergie et l'environnement. Passionnée par les enjeux de la transition énergétique, elle associe sa plume à son expertise pour rédiger des contenus qui répondent aux enjeux des entreprises.